Archives de catégorie : Europe

La réponse du berger à la bergère

La  Russie  a  annexé  sans  coup  férir  la  Crimée  avec  le  plébiscite  de  ses  habitants.  C’est  la  réponse  du  berger  russe  à  la  bergère  européenne.  Celle-ci  s’était  ingérée  illégitimement  dans  les  affaires  ukrainiennes  et  avait  encouragé  le coup  d’Etat  pendant  les  jeux  de  Sotchi. Quelle  autre  réponse  le  président  Poutine  aurait-il  pu  faire  devant  la  menace  de  l’implantation  de  base  de   l’OTAN  et  de  la  marginalisation  de  la  population  pro-russe ? L’Europe  et  ses  médias  ont  oublié  que  tous  les  Ukrainiens  n’étaient  pas  pro-européens  et  que  ceux-ci,  séduits  par  le  mirage  européen , étaient  phagocytés  par  une  extrême  droite  nationaliste.  Noyau  dur  de  l’opposition,  celle-ci  a  refusé  de  discuter  des  importantes  concessions  faites  par  le  président  élu  et  a alimenté  pendant  trois  mois  un  climat  insurrectionnel .  Pendant  ces  troubles, les  médias  occidentaux  ont  en  permanence  diffusé  le  message  des  Gentils  Ukrainiens  pro-européens  opprimés  par  les  Méchants  Ukrainiens  pro-russes.  Cette  vision  simpliste  a  été  contredite  par la  réalité.  L’ Europe , pour  camoufler  sa  déconvenue,  en  est  réduite  à  utiliser  de pitoyables  rétorsions.  Elle  ferait  mieux  de  définir une  politique  étrangère indépendante  des  Etats- Unis   en  s’affranchissant  de l’emballement  médiatique.

Il y a 10 ans

Il était une fois le G8.

Il y a dix ans, Genève se barricadait. La police et l’armée déployaient un dispositif impressionant. Les autoroutes, les douanes, le lac étaient interdits au prétexte de juguler la venue de casseurs fichés et instrumentalisés par « on ne sait pas qui ».

Tous les signes extérieurs de richesse étaient occultés par des panneaux jaune. Les établissements bancaires donnaient congé à leurs employés. Les bourgeois désertaient la ville et se réfugiaient dans leurs résidences secondaires. Des hélicoptères tournoyaient nuit et jour sur la ville. L’état de guerre était déclaré à tous ceux qui contestaient le nouvel ordre mondial, sauf les casseurs qui sont venus et repartis tout aussi mystérieusement sans que la police ne réagisse.

Pendant ce temps, la ville d’Evian, transformée en forteresse, accueillait les « grands » de ce monde pour une garden-partie avec petits fours, poignées de main médiatiques, sourires forcés, banalités et promesses hypocrites. Pour cette pantalonnade, des sommes vertigineuses avaient été dépensées. Après sa « victoire » irakienne, le président BUSH « honorait » d’une visite-éclair cette parodie de gouvernance mondiale.

A Genève, le temps s’était arrêté dans l’attente du cataclysme annoncé. Les Genevois se réunissaient dans une sorte de communion grave. Une atmosphère surréaliste planait sur la ville . Les drapeaux de la Paix flottaient sur le pont du Mont-Blanc pour prôner la vision d’un autre monde et un soleil radieux réchauffait les coeurs.

 

L’imbroglio égyptien

L’imbroglio égyptien et le désarroi occidental

L’inconsistance et la versatilité des propos des chefs d’Etat occidentaux sur les évènements en Tunisie et en Egypte révèlent leur vision simpliste et arrogante.

Depuis la chute de l’empire ottoman, les Occidentaux n’ont pas cessé de s’ingérer dans la gouvernance des pays arabes. Colonisation, protectorat, corruption, répression, fragmentation territoriale, expulsion et annexion ont fragilisé toute la région. Sous le prétexte de promouvoir la démocratie, ils ont soutenu les pires régimes dictatoriaux pour défendre leurs intérêts pétroliers. Ils ont combattu tous les mouvements d’indépendance et de progrès incarnés par Atatürk en Turquie, Nasser en Egypte, Mossadegh en Iran, Soekarno en Indonésie. Ils ont étouffé les aspirations légitimes de ces pays à retrouver leur identité et leur fierté. L’islamisme est devenu le seul recours de ceux qui veulent s’affranchir du joug de nos valeurs matérialistes et consumériste. Aujourd’hui, les seules formations structurées et surtout structurantes sont les partis prônant un islamisme tolérant. La guerre au terrorisme a engendré l’islamophobie, a justifié les pires dérives et a fait perdre toute vision politique.

La Turquie qui fait cohabiter les valeurs islamiques avec la démocratie devrait nous servir d’exemple.

Délire sécuritaire

Délire sécuritaire

  

Alors que des centaines de volcans à cet instant même expulsent des cendres volcaniques, au quatre coins du monde, un petit volcan islandais sème la panique en Europe et cloue au sol tous les avions. Curieusement, les cendres de ce volcan ne s’attaquent exclusivement qu’aux réacteurs des avions. Bizarre.

 

Nos voitures à combustion atmosphérique et nos alvéoles pulmonaires rien. Bizarre.

 

A l’origine de ce délire sécuritaire, la menace de répétition du seul incident répertorié il y a 14 ans (qui n’a fait aucune victime). Les réacteurs d’un avion s’étaient éteints en traversant un nuage volcanique. La densité de particules volcaniques qu’il a traversé devait être d’environ 50.000 fois plus importante que la densité disséminée sur les 10.000.000 km 2 de l’Europe. L’absurdité de ces mesures sécuritaires est équivalente à l’absurdité d’une interdiction de baignade aux enfants mineurs dans une piscine dans laquelle on aurait déversé une bouteille de vin.

 

Cette hystérie sécuritaire pose des questions. Qui a décidé en premier l’interdiction de vol ? Sur la base de quelle norme ? Quelle localisation des prélèvements ? Où sont les rapports d’expertise (réalisés en l’espace de quelques heures) ?

 

Pourquoi, sur des bases aussi aléatoires et ténues, tous les aéroports ont fermé les uns après les autres. Qu’en est-il de la cohabitation des avions et des oiseaux responsables d’un très grand nombre de catastrophiques aériennes ? Et, enfin à qui profite ce délire sécuritaire ? Les yoyo boursiers des actions des compagnies aériennes nous en diront plus.

 

 

L éviction de GORBATCHEV

L’éviction de GORBATCHEV.

 

  

L’Europe a fêté avec magnificence la chute du mur de Berlin. Sur l’avant-scène, l’omniprésent SARKOZY (qui, se levant le 9 novembre 1989 fut le seul à anticiper cet événement historique !) paradait. En arrière-plan, sur un « strapontin », Mikhaïl GORBATCHEV écoutait ceux qui lui volaient le mérite de cette libéralisation. Son action admirable pour desserrer, sans effusion de sang, l’étau du totalitarisme communiste n’a jamais été reconnu. Pire, dans les deux ans qui ont suivi la chute du mur, tous les pays occidentaux et le Fond monétaire international ont tout fait pour écarter GORBATCHEV du pouvoir. Le capitalisme triomphant voulait le démantèlement de l’URSS et la privatisation des entreprises russes. Pour parvenir à leurs fins, les Occidentaux ont préféré une marionnette avinée, Boris ELTSINE. Celui-ci, aveuglé par le mirage de la société de consommation, a démantelé son pays, ses valeurs sociales et bradé à ses petits copains les fleurons de l’industrie russe avec la bénédiction des milieux financiers occidentaux. Le rendez-vous avec l’Histoire a été manqué en imposant du jour au lendemain, un nouveau totalitarisme, celui du capitalisme.

 

 

Les Traîtres à l’Europe

Les traîtres à l’Europe

Les oppositions et les entraves de l’Angleterre et de la Pologne à l’adoption d’un traité minimaliste pour l’Europe sont scandaleuses. Pour faire échouer l’émergence d’une Europe plus forte et plus unie, ces pays ont utilisé des prétextes ridicules. Les deux « DUPOND » polonais, ont contesté le mode de scrutin et M. BLAIR a combattu la mise en place d’un ministère de politique étrangère européenne. Leurs positions ne s’expliquent que par leur allégeance servile à l’administration américaine. La Pologne accepte d’abriter sur son sol des bases américaines et des prisons de la CIA, participe à la guerre en Irak et privilégie systématiquement, dans ses échanges commerciaux, les Etats-Unis au détriment de l’Europe. L’Angleterre, indéfectible alliée des Etats-Unis, s’oppose à l’indépendance diplomatique de l’Europe. Il est évident que ces blocages résultent d’une perfide pression américaine. Les Etats-Unis craignent l’émancipation de l’Europe qui pourrait porter une ombre à leur hégémonie. Il serait temps que l’Europe sanctionne les traîtres et affirme sa différence vis à vis de la politique arrogante et dangereuse de son allié.

Le réveil de « la Vieille Europe »

Le conseil fédéral, par la voix de M. Pascal COUCHEPIN, a déjugé l’initiative de Mme  CALMY-REY de proposer l’organisation d’une réunion de la dernière chance pour éviter la guerre programmée par les Etats-Unis.

Notre gouvernement n’a pas craint de rompre avec notre tradition de bons offices pour le dialogue et la paix. Il a eu peur d’indisposer les « maîtres du monde » qui ont déjà renoncé à toutes solutions qui les priveraient de leur guerre.

Comme la plupart des gouvernements européens, il a lâchement abdiqué devant le diktat américain et rejoint la coalition mondialiste de l’axe du bien pour ne pas manquer d' »aller à la soupe » du pétrole irakien.

Cependant, malgré les déclarations des caniches – Blair-Aznar-Berlusconi, les peuples des différents pays européens ne sont pas dupes du matraquage, de la désinformation et des mensonges. Très majoritairement ils refusent cette parodie de justice et condamnent l’ignominie de cette « guerre » impérialiste. Devant les urnes, ils risquent de sanctionner tous les mondialistes de la finance, des armes et du pétrole.

La « vieille Europe » ironisée par RUMSFELD fera valoir la richesse de ses cultures, de son histoire, de son humanisme et aussi de ses différences. Elle trouvera une identité commune dans le refus du délire manichéen, militaire et matérialiste des Etats-Unis.

Le 15 février, journée mondiale contre la guerre, permet d’espérer une prise de conscience de nos dirigeants sur la nécessité de proposer une autre vision du monde.