Archives de catégorie : economie

La voiture électrique

La plupart des experts indépendants considèrent que la voiture électrique est l’avenir de la mobilité. Cependant  les lobbys de l’industrie, du pétrole et de la finance tentent de contrecarrer son avènement pour préserver leurs intérêts. Les  gouvernements  qui prélèvent des taxes exorbitantes sur les carburants sont complices.  Ce puissant cartel  falsifie les expertises  et oppose une mauvaise foi à tous les arguments en faveur de la voiture électrique. La contrainte de la recharge et l’autonomie  sont constamment évoqués et  sont présentés  comme rédhibitoires. Comme pour le téléphone portable, cette contrainte est gérable et sans rapport avec les  innombrables  avantages  qu’offre la voiture électrique. A eux  seuls , les critères du bruit et de la pollution devraient être déterminants.  Mis à part le prix d’achat actuel (dépendant du volume de production )  le critère économique  est  favorable en terme d’entretien, de fiabilité  et de prix du kilowatt .Et, enfin, le critère de confort de conduite (souplesse, accélération et sécurité) est à l’avantage de la voiture électrique.  En mettant tous ces critères en balance, il est incompréhensible qu’aujourd’hui  la majorité des conducteurs privilégient encore le bruit, les gaz polluants et les saccades des moteurs thermiques poussifs. Cependant, il faut l’avouer,  la voiture électrique a un handicap. Elle ne fait pas « vroum-vroum » et ne régale pas les oreilles des fans de décibels.  Ne serait-il pas temps de changer de mentalité ?

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                  Genève,  le 13 janvier 2018

Le forum munichois de Davos

En 1938, les démocraties européennes terrorisées par la menace de «  Deutschland  über alles »multipliaient les conférences pour tenter de calmer les démences d’un monstre en fermant les yeux sur ses crimes. A l’issue de la  conférence de Munich , Chamberlain et Daladier trompaient  l’ opinion publique en déclarant qu’ils avaient dompté « la bête ». Quelle erreur et quelle désillusion !

En 2018, les organisateurs du Forum de Davos ont déroulé le tapis rouge à Donald Trump en fermant les yeux sur  ses outrances, ses invectives, sa confusion mentale ,son obscurantisme climatique et son obsession  de « America first » ( dont la gravité, il va sans dire, n’a pas de commune  mesure avec les crimes nazis ) . Les participants ont  tenté , à force de courbettes et de flatteries à son égard, de préserver  leurs marchés  économiques et  financiers aux Etats-Unis. Ils ont été obligés de subir le discours  minable , lu sur un prompteur , d’un président  arrogant vendant sa camelote de dumping fiscal. Il a tenté puérilement de nous  amadouer avec  « la Suisse est  formidable » mais il n’a fait aucune concession et n’a pris aucun engagement.   Contrairement à l’enfumage de la conférence de Munich, le Forum de Davos aura eu le mérite de mettre en évidence la complète inaptitude de ce président  et  de permettre à l’Europe de s’émanciper en se fédérant autour de personnalités comme  Macron pour animer un nouvel  état d’esprit .  Le temps  de la diplomatie « munichoise » est révolu .Le temps de la résistance est arrivé.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                Genève,  le 28 janvier 2018

Une nouvelle forme de terrorisme

Ces derniers jours, des industries, des administrations, des ambassades et des hôpitaux ont été la cible d’une cyberattaque mondiale. Ces rouages essentiels de notre société ont été neutralisés , paralysés et rançonnés. Cette prise en otage odieuse n’est qu’un avertissement. Potentiellement, cette nébuleuse criminelle  est capable  d’asservir , avec un clic de souris, la planète. Imaginez une prise contrôle des systèmes de sécurité des centrales nucléaires, des administrations publiques , des services de la santé, des services de distribution électriques, des systèmes de signalisation routières, des contrôles aériens ou des état-majors des armées. Ce cataclysme ferait des  millions de morts et transformerait le monde en un capharnaüm . Cette menace terroriste tentaculaire , sans aucune commune mesure avec celle de quelques psychopathes djihadistes, est une épée de Damoclès. Le 13 septembre  2001, deux jours après les attentats, une guerre totale contre le terrorisme islamiste était déclarée sans preuve. Aujourd’hui, face à une menace identifiée et infiniment  plus dangereuse,  les gouvernements sont sans réaction. Ont-ils encore les moyens de s’y opposer ? La nouvelle gouvernance mondiale des  GAFA  ( Google, Apple, Facebook  et Amazon) a déja pris le contrôle de nos vies privées. Pourquoi  ces « monstres » ne lancerait-ils pas leur filet ( le net) pour contrôler la sphère publique et les gouvernements ? Ce totalitarisme numérique rampant est la plus grande menace pour nos démocraties et nos civilisations.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                              Genève, le 17 mai 2017

La victoire de la finance

Au lendemain du premier tour de la présidentielle française, la bourse de Paris a bondi de 4,14%  à l’annonce de la première place d’Emmanuel Macron. Les bouchons de champagne ont sauté dans les milieux de la Finance et de la Politique attachés à la préservation de leurs privilèges. Anticipant la victoire au deuxième tour, ils considèrent qu’il n’y aura aucun changement pour eux. Les affaires comme d’habitude ( Business as usual ), maintien des institutions  et redistribution politicienne des cartes aux Mêmes. Les questions essentielles telles que : rénover les institutions, repenser l’interventionnisme militaire, résister à la financiarisation du monde, produire avec discernement, combattre les clivages sociaux et culturels,  resteront sans réponse. Seul un saupoudrage de petites mesures destinées à « calmer » le peuple est proposé. L’essentiel est que le système perdure, que le « monopoly » de la finance continue pour les nantis et que les perspectives de profits fassent rêver les Autres. Ce mirage est tel qu’un accro de l’argent facile  a  organisé un attentat pseudo-islamiste contre le bus de l’équipe du Dortmund pour valoriser ses options de vente sur les actions du club ! Le monde de la Finance n’est pas mieux que le monde de la  haine et du repli sur soi du Front National. Ce choix dramatique proposé aux Français est révélateur de la déliquescence des institutions françaises.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                 Genève,  le 25 avril 2017

L’obscurantisme et le créationnisme

A la stupeur et à l’effroi suscité par l’élection de Donald Trump a succédé un fatalisme et une acceptation complaisante. Le monde de la finance a réagi positivement et a disposé ses pions autour du nouveau pouvoir. Les entreprises américaines se réjouissent des nouvelles commandes liées au  protectionnisme. Les républicains se réconcilient en oubliant les outrances de la campagne. Le premier ministre israélien Netanyahu va continuer à coloniser la Palestine en toute impunité. La presse et les médias  se repositionnent en dissertant sur les raisons de ce vote, parait-il, des pauvres, des oubliés et des désespérés. Pourtant, les vrais pauvres n’ont pas voté Trump. C’est l’Amérique primaire, narcissique, inculte et vénale qui a voté Trump. Obnubilée par la réussite matérielle, les 4×4 polluantes, les armes et la bondieuserie, elle a considéré qu’elle n’a pas suffisamment profité de la mondialisation. Elle s’enferme dans un égoïsme qui prend en otage la planète  et sombre dans un obscurantisme moyenâgeux qui défie l’intelligence. Mike Pence, le future vice-président et Ben Carson, le ministre pressenti à l’Education ne sont-ils pas créationnistes ? Les écoliers américains apprendront que Dieu a créé le monde en 7 jours, il y a 6000 ans !

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                             21, novembre 2016

Un nouveau souffle pour l’Europe

Libérée de l’obstruction systématique de l’Angleterre en matière de politique étrangère, de transparence fiscale, de  défense et d’environnement, l’Europe pourra enfin mieux  affirmer son identité et ses idéaux après son divorce avec la « vieille » Angleterre. Ce pays n’a jamais été européen et s’est toujours aligné sur les Etats-Unis auxquels il pourra demander son adhésion comme cinquante-et-unième Etat.

Quant à l’Europe, elle doit saisir sa chance et se redynamiser autour de ses valeurs. S’affranchir de l’ultralibéralisme anglo-saxon et de ses lobbys, quitter l’Otan, soigner sa russophobie et son islamophobie, résister à la big-datarisation et à notre flicage au nom de la lutte contre le terrorisme. Mais, aussi, réformer ses institutions, sanctionner les dérives populistes et ultranationalistes de certains de ses membres, réduire et dynamiser son mammouth bureaucratique et défendre les valeurs humanistes et environnementales.

Elle peut s’inspirer du modèle suisse en mettant en évidence sa diversité culturelle, linguistique, géographique et ses valeurs communes à travers sa riche et mouvementée histoire. Instaurer un mode de communication autre que la dictature de l’anglais qui n’est plus aujourd’hui une langue européenne. Souvenez-vous de l’espéranto, cette langue aux racines diverses inventée par un Polonais, Ludwik Zamenhof en 1887. Elle aurait pu être le ciment de l’Europe. Malheureusement, elle a été combattue par les régimes conservateurs et fascistes. De telle initiative sont nécessaires pour donner un nouveau souffle à l’Europe.

 

Daniel Fortis                                                                                                      Genève, le 1er juillet 2016

1231 Conches

Iran diabolisé, Iran courtisé.

Depuis la levée de l’embargo, tous les gouvernements d’Europe déroulent le tapis rouge aux dirigeants iraniens. L’appât du gain leur a fait oublier qu’ils ont diabolisé l’Iran pendant quarante ans, qu’ils ont tenté de le détruire en armant Saddam Hussein, qu’ils lui ont imposé un embargo et que Laurent Fabius, qui aujourd’hui le courtise, l’avait menacé de bombardements. Quelle fourberie ! Ce pays a résisté en s’arcqueboutant sur ses valeurs et sur un régime autoritaire suscitant de nombreuses critiques. Il est pourtant dépositaire d’une histoire à l’origine des plus grandes avancées de notre civilisation : la sédentarisation, l’agriculture, l’écriture, l’astronomie et les premières lois sociétales. Au 20eme siècle , l’avidité et l’ingérence des compagnies pétrolières, la corruption, les coups d’Etat et les répressions ont éprouvé ce pays. Cette douloureuse histoire a créé un Iran complexe, contradictoire et écartelé entre des réformateurs et les conservateurs. Ma modeste expérience iranienne m’a permis d’apprécier son peuple évolué, cultivé, fier et bienveillant. Celui-ci doit profiter de l’ouverture économique pour ne pas aggraver la fracture sociale. L’Iran doit se garder de ressembler aux monarchies du Golfe inféodées à l’argent et à l’Occident. Il doit aussi, sans renier ses valeurs islamiques, s’affranchir de l’intégrisme religieux. Sa riche histoire, la diversité de ses origines et ses poètes doivent l’inspirer. C’est la meilleure réponse à ceux qui ont mis ce magnifique pays au ban des nations. Ils n’ont pas eu la chance de voir l’envoûtante place Royale d’Ispahan, d’admirer la magie visuelle de sa mosquée et de déambuler dans ses parcs qui dégagent un sentiment de sérénité et de paix.
Daniel Fortis
1231 Conches

L’exode fiscal

De riches contribuables ont choisi de quitter Genève vers des paradis fiscaux à Monaco, à Londres, à Dubaï (TdG du 29 juin 2015). Quelle piètre attitude vis-à-vis de la ville dont le système politique, social, institutionnel et sécuritaire ainsi que le rayonnement et les infrastructures leur ont permis de développer leurs affaires et de constituer leurs fortunes. Si la volatilité de certains contribuables étrangers qui avaient choisi Genève pour son attractivité fiscale quittent aujourd’hui notre ville, cela s’inscrit dans le contexte du tourisme fiscal mondialisé malheureusement non sanctionné. Il n’en est pas de même éthiquement pour les contribuables genevois liés à l’immobilier et au notariat qui choisissent l’exode fiscal. Ils ont bénéficié pendant de nombreuses années de la flambée des prix due aux exilés fiscaux étrangers. Leur obsession d’échapper au fisc , la peur de l’échange automatique d’informations et leur cupidité leur font oublier la reconnaissance qu’ils devraient manifester à leur canton.

Le pape François : le nouveau prophète.

Les dernières déclarations du pape François ont des intonations prophétiques pour nous éclairer dans ce monde déboussolé, aveugle , sans repère, sans solution face aux problèmes sociétaux, aux dérives idéologiques, au flux migratoire et au dérèglement climatique et environnemental. Ses propos révolutionnaires sont d’une telle justesse, d’une telle clairvoyance, d’une telle intelligence et d’un tel universalisme qu’elles apparaissent comme une lumière dans les ténèbres. Le fait de mettre la sauvegarde de notre planète au centre de nos préoccupations et de redéfinir nos priorités sont des éléments fondateurs d’une nouvelle philosophie. Il nous invite au rejet de tous les dogmes dont nous sommes abreuvés et matraqués : la croissance, le productivisme, le rendement, le consumérisme, la financiarisation et la militarisation du monde. Il nous met en garde contre l’individualisme et l’addiction au numérique, au virtuel et à l’argent. Le prophète Jésus était aussi un révolutionnaire dans son message de non-violence, de défense des Pauvres, de partage et de condamnation de la cupidité dans ses colères contre les Pharisiens. Au fil des années, l’Eglise s’est écartée de son enseignement et s’est rangée du côté des Puissants. Il était temps que le pape remette ces principes fondamentaux au cœur de l’Eglise. On peut rêver que nos églises et , pourquoi pas, nos parlements résonnent des paroles de sagesse de ce pape.