Archives de catégorie : societe

Les 240 Sages

Les 240 signataires juifs de la lettre adressée a l’ambassade israélienne forcent notre admiration et notre respect  pour leur clairvoyance et leur courage. En prenant leurs distances avec la politique ultra-religieuse et répressive du gouvernement Netanyahou, ils s’exposent aux critiques de leurs coreligionnaires  sionistes ( voir courrier Tdg du 19 juin )  Tout en restant respectueux de leur identité, ils font une démarche mesurée d’ouverture qui devrait  inspirer la communauté juive de Suisse .Dans ce conflit nourri par des discours extrémistes des deux parties, leurs voix sonnent comme un espoir. Ils sont dignes de cette communauté juive éclairée a laquelle nous sommes redevables dans les domaines de la science, de l’art, de la musique et de la littérature a travers leur intelligence et leur sensibilité. Au début du 20eme siècle, la société juive de Vienne, admirablement décrite par Stefan Zweig, en était la parfaite illustration. L’antisémitisme a dévasté nos sociétés et a fait émerger, en réaction  , le sionisme. Légitime a ses débuts, il est devenu dictatorial aujourd’hui. En le dénonçant a travers une démarche pacifique, les 240 Sages nous donnent une leçon de sagesse.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                         Genève, le 20 juin 2018

 

La voiture électrique

La plupart des experts indépendants considèrent que la voiture électrique est l’avenir de la mobilité. Cependant  les lobbys de l’industrie, du pétrole et de la finance tentent de contrecarrer son avènement pour préserver leurs intérêts. Les  gouvernements  qui prélèvent des taxes exorbitantes sur les carburants sont complices.  Ce puissant cartel  falsifie les expertises  et oppose une mauvaise foi à tous les arguments en faveur de la voiture électrique. La contrainte de la recharge et l’autonomie  sont constamment évoqués et  sont présentés  comme rédhibitoires. Comme pour le téléphone portable, cette contrainte est gérable et sans rapport avec les  innombrables  avantages  qu’offre la voiture électrique. A eux  seuls , les critères du bruit et de la pollution devraient être déterminants.  Mis à part le prix d’achat actuel (dépendant du volume de production )  le critère économique  est  favorable en terme d’entretien, de fiabilité  et de prix du kilowatt .Et, enfin, le critère de confort de conduite (souplesse, accélération et sécurité) est à l’avantage de la voiture électrique.  En mettant tous ces critères en balance, il est incompréhensible qu’aujourd’hui  la majorité des conducteurs privilégient encore le bruit, les gaz polluants et les saccades des moteurs thermiques poussifs. Cependant, il faut l’avouer,  la voiture électrique a un handicap. Elle ne fait pas « vroum-vroum » et ne régale pas les oreilles des fans de décibels.  Ne serait-il pas temps de changer de mentalité ?

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                  Genève,  le 13 janvier 2018

No Billag et les mathématiques

A ceux pour qui les tables de multiplication n’inspirent qu’une vague mélodie sans les paroles,  à ceux que les identités remarquables font perdre leur identité, à ceux pour qui les dérivées sont synonyme de dérive, à ceux pour qui les cosinus font prendre la tangente, à ceux  qui pensent que Pythagore est un héros mythologique, je les implore de retenir une seule règle. Un nombre négatif multiplié par un nombre négatif donne un produit positif comme l’ennemi de mon ennemi est mon ami. Ainsi lorsque vous serez devant votre bulletin de vote pour défendre la qualité, la diversité et l’indépendance  de notre information, n’oubliez pas de voter NON à NO Billag car c’est voter OUI à la Suisse et à ses valeurs.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                          Genève,  le 15 février 2018

 

Le lynchage de Tariq Ramadan

Sur les plateaux de télévision, Tariq Ramadan  brillait par son aisance, son éloquence et sa rhétorique.  Ses prises de position , quelquefois ambigües et dérangeantes , lui ont valu de ne plus être invité. Cela n’a pas suffi  . La justice française  a décidé de lui porter le coup fatal . Sa mise en examen ( à laquelle il s’est rendu spontanément)  a débouché sur une incarcération aux prétextes fallacieux de risques  de fuite et de pression .  Les deux plaintes pour viol  proviennent de personnes dont les convictions sont pour le moins fluctuantes. L’une, qui reste anonyme, s’est convertie à l’islam. L’autre, après avoir été salafiste, a rejoint le mouvement  féministe tout en correspondant avec son violeur après les faits.  Sans mettre en doute ces témoignages,  une certaine prudence aurait dû prévaloir. D’autant plus que les nombreux appels  à la dénonciation n’ont pas permis d’obtenir d’autres plaintes. En Suisse, la presse a relayé les témoignages anonymes de quatre étudiantes qui  disent avoir été  victimes , il y a trente ans, de l’intellectuel musulman. Elles l’accusent d’avoir exercé sur elles une telle  emprise que leur consentement n’était pas « consenti ». Etrange concept. Cette emprise ne provient-elle pas de l’admiration aveugle et excessive pour une  personnalité brillante comme pour  une personne de pouvoir,  un chanteur ou un sportif ?  Claude François, Johnny Halliday, Jacques Chirac ou de nombreux  footballeurs  n’en ont-ils pas profité ? Dans ce » deux poids, deux mesures », il est difficile de ne pas voir dans le lynchage de Tariq Ramadan une occasion pour ses adversaires de l’anéantir définitivement. Dans ce climat délétère, il faut saluer le courage de Me. Marc Bonnant de s’exposer pour que la justice soit respectée.   

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                  Genève,  le  6 février  2018    

Jérusalem dans l’Histoire

L’auteure de la lettre du jour du 20 décembre nous rappelle avec raison  les liens qui lient la terre de Judée avec le peuple juif. Le monde entier le reconnait.  Cependant cette reconnaissance n’empêche pas de refuser la décision de Trump d’entériner l’appropriation exclusive de Jérusalem par Israël. Les réactions indignées  dans le monde  inspirent chez l’auteure le préambule suivant « on dirait que le monde entier a des droits sur Jérusalem –sauf  les juifs.  Cette vision  erronée relève d’une posture victimaire.  Les Juifs ont des droits mais ceux-ci ne sont pas exclusifs. Le statut de Jérusalem , voté avec sagesse par l’ONU en 1948, définissait une ville internationalisée et démilitarisée avec une gouvernance indépendante pour tenir compte de l’extraordinaire foisonnement culturel et religieux de cette ville. Depuis 7000 ans, diverses civilisations ont façonné  cette région appelée le Croissant fertile. Les Hébreux et avant eux les Sumériens, les Assyriens, les Perses, les Hittites, les Egyptiens sont à l’origine des plus grandes avancées de notre civilisation (sédentarisation, villes , agriculture , élevage,  écriture, astronomie). L’empreinte laissée par les Hébreux est indéniable. Mais leur présence  pendant 1000 ne représente qu’un épisode dans l’Histoire. Celle-ci  est une succession d’épisodes marqués par des guerres et des exodes provoqués par des catastrophes naturelles , des famines, des épidémies ou des changement climatiques. Au gré de ces aléas, les hommes sont dépositaires temporairement d’un territoire .Ils ne peuvent pas prétendre figer à jamais un lien exclusif sur la base d’un épisode historique. Ceux qui refusent de reconnaître l’Histoire dans sa globalité se racontent des histoires qui finissent par  faire des histoires.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                              Genève, le 21 décembre 2017

Un climat de délation

La LICRA a créé un site »caniveau.ch » qui permet à n’importe qui de se transformer en délateur et en censeur  de tout propos qu’il considérerait comme raciste ou antisémite. De façon identique , le site « balancetonporc » recueille, pêle-mêle, tous les témoignages de femmes victimes de harcèlements selon des critères définis par elles seules. Ainsi une meute de justiciers auto proclamés de la Bien-pensance peuvent jeter l’opprobre sur n’importe qui  et le clouer au pilori  au mépris de toute procédure judiciaire. Pourrons-nous encore critiquer la politique expansionniste d’Israël  ou complimenter une jeune personne pour sa beauté sans que notre nom ne soit marqué par le sceau de l’infamie ? Une certaine presse va se vautrer dans les fanges du sensationnalisme et encourager la délation. En l’absence de tout curseur propre à définir les limites, les déclarations rétroactives, les interprétations tendancieuses et les amalgames vont fleurir. Cette nouvelle Inquisition basée sur la délation engendrera  la censure , la défiance de l’Autre et le délitement du Vivre Ensemble.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                      Conches , le 5 novembre 2017

Les attentats de Barcelone

Alors que l’auteur de la tuerie est en fuite et que son identité et ses motivations relèvent de suppositions, les enquêteurs bâtissent un scénario autour d’une cellule terroriste de douze personnes . Pourquoi écartent-ils  l’hypothèse d’un psychopathe solitaire qui loue une camionnette et fonce dans la foule ? Quels liens trouvent-ils avec le groupe de « terroristes » de Cambrils ? Pourquoi ceux-ci ont-ils été tous abattus alors qu’une vidéo montre la reddition de l’un d’eux ? Comment expliquer la destruction totale de leur maison ? Comment peut-on porter crédit aux revendications tardives du site de propagande de l’EI, étrangement protégé (ou noyauté) par nos services ? Elles permettent le montage d’un scénario où tous les acteurs sont morts ou en fuite et où les indices matériels sont détruits. La désignation d’un ennemi extérieur permet d’exonérer  notre société de la responsabilité de la déviance d’individus violents et psychopathes. La plupart de ceux-ci n’ont jamais fréquenté la mosquée, boivent du vin, consomment de la drogue et rêvent de voitures de luxe. Nos gouvernements préfèrent accuser la nébuleuse islamiste pour renforcer la surveillance et les mesures sécuritaires. Celles-ci soutiennent  aujourd’hui des pans entiers de l’ économie et de l’administration ; armée, police, industries d’armement, services de sécurité et cellules antiterroristes qui entretiennent la peur pour justifier leur activité. Cette politique de l’état d’urgence ne sert qu’à alimenter la spirale infernale de la défiance de l’Autre et est le ferment de la dérive des « Paumés » de la société.
Daniel Fortis
1231 Conches                                                                                                        Genève, le 20 août 2017

La menace planétaire sur nos démocraties

Les cyberattaques  se multiplient . Des hackers neutralisent et rançonnent des entreprises , des industries, des administrations et des  hôpitaux. Ils exploitent les mêmes failles de logiciels  que  la NSA  a abondamment utilisées pour nous espionner.  Les  apprentis-sorciers de l’agence de sécurité américaine sont à l’origine de ces fuites. Ils devraient mettre tout en œuvre pour lutter contre cette nouvelle forme de terrorisme. Imaginez  les conséquences des piratages des systèmes de sécurité des centrales nucléaires, des administrations , des services de la santé, des systèmes de signalisation routières, des contrôles aériens ou des états-majors des armées. . Cette menace apocalyptique est infiniment plus dangereuse que la menace terroriste djihadiste. Cependant , face à cette nouvelle menace,  que font nos gouvernements ?  Ils paraissent ne pas avoir pris conscience du danger car ils  ne consacrent que peu de moyens pour nous en protéger. Ont-ils encore les moyens de s’y opposer ? La nouvelle gouvernance mondiale des  GAFA  ( Google, Apple, Facebook  et Amazon) a déja pris le contrôle de nos vies privées. Pourquoi  ces « monstres » ne s’attaqueraient-ils pas à  la sphère publique et à nos administrations ? Si rien n’est entrepris, nos démocraties  et nos civilisations se dilueront  dans l’avancée rampante de ce totalitarisme numérique.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                      Genève,  le 28 juin 2017

 

La jeunesse ne s’indigne plus

Le président américain Trump a défié le monde en refusant de signer les accords de Paris sur le climat. Son cynisme a brisé la solidarité de 195 pays engagés à protéger les générations futures. A ce « bras d’honneur» fait à la planète, quelle a été la réaction de nos jeunes et de nos étudiants ? Rien. Aucune manifestation, aucune révolte, aucune marche de protestation. Cette résignation est décevante. Au siècle précédent, les étudiants se mobilisaient et s’insurgeaient pour défendre leurs idéaux et leur avenir. Aujourd’hui, le culte de la jouissance et des divertissements, la dictature de l’apparence et le consumérisme compulsif étouffent notre jeunesse. Les GAFA ( Google, Apple, Facebook et Amazon) investissent leur cerveaux à tel point qu’ils ne perçoivent plus les enjeux et l’urgence de la situation. Pourquoi ne descendent-ils pas dans la rue pour s’indigner de la prise en otage de leur avenir? Ils sont pourtant capables d’aller à un concert à Manchester pour défendre leur mode vie ( privilégiée) d’une nébuleuse terroriste. Ils ne voient pas le danger de voir leur vie (tout court) et ,surtout, celle des laissés-pour-compte de la mondialisation, bouleversée par les changements climatiques. L’intelligence et le bon sens sont aujourd’hui marginalisés par l’hyper-information formatée et  uniforme, par le cloisonnement sociétal créé par les réseaux sociaux et par l’avènement de l’intelligence artificielle. Mais , celle-ci, sera-t-elle capable d’éviter, en 2100 , à nos petits-enfants de vivre dans des serres climatisées au milieu des océans ?

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                  Genéve, le 12 juin 2017

Le cauchemar de vivre avec l’état d’urgence

 A chaque événement terroriste, des mesures supplémentaires sont prises. Renforcement de l’état d’urgence, augmentation des effectifs de police, restriction des libertés, contrôle et fichage de la population, augmentation des budgets de l’armée , multiplication des interventions militaires et des assassinats ciblés. Ces mesures s’avèrent être complétement inefficaces et rentrent dans une spirale absurde  qui alimente l’hystérie sécuritaire et anxiogène à l’origine de la déviance psychopathe de quelques individus. De façon systématique, l’islamisme radical est pointé du doigt. Pourtant , dans la plupart des cas, les terroristes boivent du vin, consomment de la drogue et ne fréquentent pas les mosquées. Les revendications farfelues de Daesh sont diffusées par des sites suspects et manipulés. Tout est orchestré pour accuser la religion islamique. Personne ne veut voir le caractère psychopathe et suicidaire de ces individus qui basculent dans la barbarie en représailles à l’interventionnisme occidental. Il est évident que celui-ci le terreau du terrorisme. Il suffit de dresser la liste des pays attaqués pour comprendre le lien avec leurs interventions militaires irresponsables. Tout le monde ferme les yeux sur ces opérations qui tuent, humilient et nourrissent le ressentiment de ces « électrons-libres » exclus, déstructurés, désespérés qui ne perçoivent leur raison de vivre que dans la vengeance et la haine. Il est temps que les gouvernements concernés changent de logiciel pour analyser les causes de cette décomposition sociétale et identifient aussi leurs responsabilités. La perspective résignée de vivre en permanence en état d’urgence est un cauchemar.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                      Genève ,  le 7 juin 2017