Archives de catégorie : societe

N’attisons pas le feu sous la cendre

Nous ne pouvons qu’adhérer à la lettre du jour du 13 juin «  Mobilisons-nous face à la haine « . L’auteur rapporte des propos nauséabonds qui font porter aux Juifs la responsabilité de la pandémie et de nos malheurs . Ils sont le fait de quelques individus primaires , englués dans des délires moyenâgeux. Deux questions méritent d’être posées. Que représentent-ils dans notre société si ce n’est que quelques groupuscules d’extrême-droite , quelques néonazis et des suprématistes blancs ? Doit-on réagir aux délires de ces malades mentaux qui se servent de l’effet amplificateur des réseaux sociaux pour diffuser leurs miasmes? Ces faits étant très marginaux et ignorés de la plupart des gens, une surréaction est contre-productive et ne sert qu’à attiser le feu sous la cendre.  Ces avanies proférées par des individus incurables ne doivent pas jeter l’anathème sur toute la société et éluder les grandes causes de mobilisation mondiales, sanitaires, racistes et environnementales. La communauté juive, si prompte (à juste titre) à dénoncer les atteintes à sa légitimité, à son honneur et à sa mémoire, devrait aussi se mobiliser pour accorder ces mêmes droits aux Palestiniens. La prochaine annexion de la Cisjordanie et de la vallée du Jourdain bafoue leurs droits les plus élémentaires. Aucune légitimité géographique,  historique ou culturelle .  Seul le dessein de s’accaparer  de territoires stratégiques et le potentiel hydrique de la vallée du Jourdain a motivé le gouvernement israélien. Cette attentatoire spoliation, ne mérite-t-elle pas aussi une mobilisation internationale ?

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                Genève,  le 14 juin 2020

L’obsession de la course au vaccin

Des centaines de laboratoires dans le monde se lancent dans la course au vaccin contre le coronavirus. Est-ce la bonne voie ? En 1983 , la planète était confrontée au VIH ( virus du sida). A défaut d’un vaccin (qui n’a jamais été trouvé à ce jour ), le port du préservatif est resté longtemps le seul moyen de se protéger jusqu’au jour où les chercheurs ont mis au point un traitement ( la trithérapie) qui n’élimine pas le virus mais qui inhibe son action . Pourquoi n’en  tirerions–nous pas un enseignement avec une approche différente ?  La recherche forcenée et obsessionnelle d’un hypothétique vaccin est privilégiée sans répondre à de légitimes questions. Sommes-nous certains de trouver un vaccin ? Quand ? Le virus mutera-t-il ? Quel vaccin sera validé dans cette concurrence aux  enjeux financiers considérables ? Quel délai de certification ? Si l’unanimité se fait sur un vaccin, les Américains accepteront-ils un vaccin chinois ? Quelle capacité de production pour satisfaire la population mondiale ? A quel prix ? Quels seront les pays prioritaires ?  Comment la distribution du vaccin évitera-t-elle un scandale analogue à la distribution incohérente, chaotique,  et mafieuse des masques de protection ?   Toutes ces questions sans réponse devraient nous faire réfléchir sur une autre approche plus pragmatique. La découverte d’un  traitement contre l’évolution létale de la maladie permettrait de transformer celle-ci en  une méchante grippe saisonnière. L’administration de ce traitement aux seuls cas graves permettrait d’obtenir l’immunité par effet de troupeau sans passer par un confinement dévastateur. Pour des raisons évidentes, les laboratoires pharmaceutiques priorisent la recherche d’un vaccin. Cependant ils ne doivent pas systématiquement marginaliser les autres recherches sur les antiviraux et les antibiotiques.

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                         Genève , le 7 mai 2020

Le monde de la finance et la pandémie

La pandémie du coronavirus a terrassé l’économie mondiale pour une période indéterminée. La bourse, déconnectée de toutes références et perspectives, aurait dû être fermée pour éviter ses fluctuations au gré des déclarations débiles de Donald Trump. Alors que les petits investisseurs ont été ruinés, les grandes institutions financières se sont adaptées opportunément aux ridicules yoyos de la bourse.  Aujourd’hui, la bourse s’est stabilisée avec  l’engagement des banques centrales à soutenir les grandes sociétés financières, économiques et industrielles avec plusieurs milliers de milliards de francs. Spéculant sur un rebond , le monde de la finance attend le redémarrage d’une économie « as usual » basée sur la croissance, la productivité et la rentabilité. Ces dogmes sont pourtant  à l’origine de l’actuel désastre sanitaire, environnemental et social.  Il préconisera une plus forte croissance pour compenser les pertes et un  consumérisme effréné. Il s’alliera aux  GAFAM pour qui le confinement a été un véritable jackpot et défendra le principe du traçage généralisé des individus  au nom de la sécurité sanitaire . Les gouvernements, sous influence, n’oseront pas leur imposer la moindre taxe et seront ainsi dans l’incapacité de protéger les plus faibles . Ce scénario effrayant n’est cependant pas inéluctable. Avec cette pandémie , la Nature nous a montré qu’elle est bien plus forte que Nous . Elle nous donne un avertissement sur le danger de continuer à se comporter avec arrogance, cupidité et égoïsme.  Pour échapper au danger de notre autodestruction, nous devons contrôler et dompter le monde de la finance et chasser les «  marchands du Temple «.

Daniel Fortis

1231 Conches                                            Genève , le 29 avril 2020                                                                                          

L’église à l’épreuve de la pandémie

Dans une basilique Saint-Pierre déserte, le pape François a prononcé ( plutôt lu ) sa bénédiction sans jamais lever les yeux sur son auditoire  de plus d’un milliards de téléspectateurs. Des paroles convenues , sans souffle et sans inspiration divine. Un pape vieillissant  qui n’avait plus sa ferveur réformatrice du début comme si le conclave l’avait obligé à tempérer sa radicalité autour des valeurs fondamentales enseignées par le Christ . J’espérais entendre des propos à la hauteur du tsunami qui bouleverse toutes nos valeurs et nos pratiques .  J’attendais un constat  sur notre arrogance passée et notre total désarroi actuel. J’attendais des paroles d’espoir et une ligne directrice pour renaître de nos erreurs . J’attendais un message d’humilité face aux forces de la Nature . J’attendais une solidarité qui transcendent toutes les diversités religieuses, culturelles et sociales . C’est dans l’épreuve qu’une institution trouve sa grandeur.  Celle de l’église n’a pas su trouver l’inspiration divine pour guider son peuple vers un monde nouveau et meilleur.

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                              Genève , le 13 avril 2020

Le message de Dame Nature

Comme vous avez pu le constater, je me suis faite belle pour le début du printemps. Un soleil radieux. Une température agréable . Un ciel immaculé. Un air pur. Un silence apaisant. Des chants d’oiseaux. Des animaux qui se réapproprient des  territoires . Des hérissons qui traversent les autoroutes. Des poissons  dans les canaux  de Venise. Une ambiance de paix et de béatitude. Pour parvenir à vous faire redécouvrir Ma beauté , il a fallu que j’emploie la manière forte. Une pandémie était la seule façon de vous faire réagir. Certes , ce moyen est cruel mais il est proportionné aux blessures que vous m’avez faites et à mes avertissements de détresse auxquels vous n’avez pas répondu. Vos jeunes ont pris conscience de ma souffrance  mais ils tardent à mettre leurs modes de vie en concordance avec leurs engagements. Vos gouvernements font de grandes déclarations qui ne sont pas suivies d’effets. Votre monde de la finance , enfermée dans son obsession de croissance, de productivité et de rentabilité , continue à soutenir les entreprises les plus nuisibles. Quant à vos religions , elles sont passives et leurs rares discours simplistes et surannés sont dénués de messages d’espoir d’un monde meilleur. Devant votre incapacité de vous préserver de votre propre autodestruction, j’ai décidé de vous ouvrir les yeux sur votre arrogance et votre égoïsme mais aussi sur votre fragilité en vous rappelant que vous n’êtes pas mes maîtres mais seulement mes invités durant votre court séjour sur cette Terre. En prenant soin de Moi , vous prendrez soin de vous.

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                     Genève ,  le 7 avril 2020  

Conoravirus, le port du masque en question

Dans ces temps de grand désarroi face à la pandémie du coronavirus, le bon sens et la simple observation de l’expérience des autres pourraient nous inspirer. L’évolution favorable de la pandémie en Chine et en Corée du Sud nous donne un espoir de contenir le virus. Deux points communs lient ces deux pays dans leur réactivité. Un confinement rigoureux et une utilisation généralisée des masques dans la sphère publique. Concernant cette dernière mesure, nos autorités sanitaires ont manifesté peu d’intérêt à cette protection arguant d’une efficacité relative. Pourtant celle-ci a plusieurs impacts : se protéger , protéger les autres ,éviter de mettre en contact nos mains avec nos muqueuses et inciter nos interlocuteurs à se tenir à distance. Tous ces effets concourent à réduire la contamination , même si la protection n’est pas optimale. Cet évident bon sens n’a pas été retenu face à la pénurie de masques. Notre dépendance et notre imprévoyance ne doivent pas être des raisons pour renoncer à une protection qui a fait ses preuves en Chine et en Corée du Sud . Notre culture expansive et communicative ne nous prédispose pas à porter ce moyen d’isolement. Nous devons cependant nous adapter . A la place d’un sourire et d’une poignée de main, notre rapport à l’Autre peut se faire avec une main sur le cœur pour exprimer la paix, le respect et la solidarité dans l’épreuve.

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                    Genève, le 15 mars 2020

Féminisation forcenée de nos rues

Depuis les années soixante, les femmes se sont battues pour  s’affranchir de la prédominance masculine. Leur juste et légitime combat leur a  permis d’obtenir des droits élémentaires et essentiels.  Aujourd’hui , sous l’effet « Me Too », le mouvement féministe se radicalise et dérive vers une obsession de la parité et une frénésie revendicatrice. Après l’écriture inclusive et la féminisation de la signalétique, la Ville de Genève débaptise seize rues au titre de l’égalité entre hommes et femmes. Cette mesure prise sans concertation est autocratique . Rien ne s’oppose à ce que les  nouvelles rues  puissent être prioritairement attribuées à des personnalités féminines. Alors , pourquoi procéder à des débaptisations qui trahissent la mémoire collective ? Cette  féminisation à marche forcée provoque  un clivage primaire et puéril entre les genres sans pour autant améliorer la condition féminine .  Une évolution est positive que si elle est comprise, acceptée et assimilée dans les esprits. L’impatience et le dogmatisme des revendications féministes heurtent les mentalités et sont contre-productifs. Dans notre pays, les dernières élections ont consacré dans les urnes un nombre plus grand de femmes. Porteuses d’une vision du monde plus humaniste et plus respectueuse de la nature, elles n’ont pas eu besoin de s’imposer par la débaptisation et la féminisation de nos rues.

Daniel Fortis

1231 Conches                                                            Genève , le 24 février 2020

Savoir raison garder

La presse locale nous a révélé un projet d’attentat sur le site pétrolier de  Vernier après une enquête de dix mois ! Un véritable roman-feuilleton des errances de jeunes marginaux  entre le Lignon et la Syrie . Une description psychologique d’individus déstructurés  en mal de reconnaissance et un florilège de leurs déclaration  primaires et vantardes  concernant un projet terroriste irréaliste incompatible avec leur amateurisme. Nous avons été aussi informés de l’invraisemblable gestion des informations  américaines par les services secrets suisses à tel point que le responsable de la police genevoise, M. Poggia , était dans l’ignorance de  cette terrifiante  menace. Certains diront « Une nouvelle Genferei ?«  En aucun cas, nos responsables ont su garder raison devant la réalité de ce projet terroriste. L’absence de faits objectifs , une enquête avec des témoignages anonymes , un scénario  mystérieux,  des protagonistes ne connaissant ni l’arabe ni le Coran, aucun commanditaire, aucun modus operandi,  aucun soutien logistique et  aucun matériel trouvé. Nos autorités ont eu raison de ne pas paniquer les Genevois comme en décembre 2015 quand les mêmes services secrets américains avaient envoyé une photo de quatre soit-disant terroristes prêts à une action imminente mais fictive. Aujourd’hui, l’ emballement de notre presse locale a cependant le mérite de nous interpeller sur la justification d’un site pétrolier si dangereux en pleine  ville . Sa proximité avec l’aéroport représente  un danger bien plus important que les projets fantasmés de quelques naufragés de notre société.

Daniel Fortis

1231 Conches                                                              Genève, le 16 février 2020

Et si Macron déclarait …….

Mes chers concitoyens, mes chères concitoyennes,

En mai 2017, vous m’avez élu président de la République. Durant la campagne électorale , je vous ai exposé clairement, sans détour, mon programme. Celui-ci était axé sur des réformes pour moderniser, dynamiser, dépoussiérer et alléger un système bureaucratique archaïque inefficace. Vous m’avez accordé votre confiance pour mener à bien un programme dont vous connaissiez tous les détails. Dix-huit mois plus tard, un mouvement  social  a utilisé la rue pour contester la taxe carbone inscrite dans mon programme. Au-delà du prix de l’essence, cette contestation exprimait une  réelle et profonde souffrance sociale . Je l’ai entendue et j’ai  pris des mesures budgétaires importantes . J’ai initié un débat national et participé à de nombreuses réunions pour permettre aux Français de m’interpeller sur tous les sujets. Malheureusement le mal était fait et les gênes révolutionnaires des Français se sont réveillés et ont annihilé toute raison. Un état inssurrectionel s’est installé et a été relayé abondamment par des médias qui donnent souvent une audience disproportionnée à la contestation radicalisée et violente. Comme dans de nombreux pays , le malaise social français ,qu’il soit économique, identitaire ou environnemental , est bien réel. Ma volonté constante de trouver des équilibres raisonnables s’est heurté dogmatiquement à un refus de tout compromis. Dans le monde entier, des réformes des retraites ont été acceptées avec raison et calme. En France, elles suscitent une levée de bouclier et la paralysie de tout le pays. La radicalisation de certains syndicats amène la violence  et cristallise  sur ma personne un ressentiment qui avoisine la haine à tel point que ma liberté personnelle d’aller au théâtre est entravée. Dans ces conditions, je considère que la  fonction présidentielle est bafouée . La gouvernance d’un  pays  soumis à de telles tensions devient impossible. Il convient donc de confirmer à mi-mandat  l’adhésion du peuple français à la continuation de mon mandat. Je lance un référendum sur la dernière proposition de réforme  du premier ministre. Si celle-ci était rejetée , je considérerais que mon ambition réformatrice a échoué et que le pays , en contradiction avec le mandat qu’il m’a donné, n’est pas prêt à sa modernisation. La démission serait alors ma seule issue. Toutefois, j’ai la conviction que la majorité des Français souhaite un pays uni autour d’un président qui s’engage à répondre à leurs légitimes attentes.

 

Discours fictif par

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                         Genève, le 23 janvier 2020

COP 25, un désastre collectif

Après d’interminables discussions, la conférence sur le climat a accouché d’un accord minimaliste, sans engagement et désespérant. Alors que tous les scientifiques ont révisé leurs calculs en observant l’accélération dramatique du processus de réchauffement climatique, les pays les plus pollueurs et les plus grands fournisseurs de pétrole ont fait obstruction à toute résolution commune. Obsédés par leur croissance économique , les Etats-Unis, l’Inde, la Chine, le Brésil, l’Arabie saoudite et l’Australie portent la responsabilité de ce désastre.  Ils considèrent naïvement que leur prospérité économique permettra de trouver rapidement des solutions techniques au réchauffement . Les médias, aussi, n’ont pas été  à la hauteur des enjeux dans la couverture de la conférence. Ils ont préféré  nous parler de sujets plus porteurs tels que les exo planètes, les accélérateurs de particules et les start-up pour éviter de nous parler de notre impuissance à enrayer l’emballement climatique. Sur le Titanic , on jouait aussi de la musique pendant le naufrage…. Les chefs d’Etat des pays pourtant soucieux du climat sont aussi responsables. Ils ont boudé la COP25 et ont  préféré la réunion de l’Otan et les fastes du palais de Buckingham. Derrière leurs sourires hypocrites , ils se sont ridiculisés dans des invectives au sujet d’une organisation qui est un «  gouffre à milliards » , sans objectif, incohérente, inutile et au profit des seuls marchands d’armes. Pendant la conférence sur le climat , un autre événement a révélé le cynisme du monde de la finance . Les boursicoteurs  n’ont pas hésité à investir la somme faramineuse de 1700 milliards de  francs dans la compagnie pétrolière saoudienne Aramco. Leur cupidité distillera un poison pour  la planète. Comment osent-ils s’approprier l’avenir de nos enfants ?

 

Daniel Fortis

1231  Conches                                                                                        Genève,  le 17 décembre 2019