Archives de catégorie : international

L’errance toxique des Occidentaux en Syrie

Les Etats-Unis, la France et  l’Angleterre ont bombardé la Syrie. Quelle image donnent-ils au monde ? Celle de justiciers auto- proclamés qui s’arrogent le droit de punir sans preuve ?  Celle de comparses qui bafouent des règles internationales qu’elles imposent aux autres pays ? Celle de présidents dont les gesticulations les contraignent , pour ne pas perdre la face, à intervenir avec des frappes symboliques, inconséquentes et inefficaces ?  En effet, une absurde coïncidence a fait que la ville de Douma tombait aux mains du régime syrien en même temps. Cette agression néocoloniale humiliante ne peut que provoquer une hostilité intériorisée. Ces donneurs de leçons n’ont rien compris à la complexité syrienne et au large soutien de la population à Bachar-al-Assad. Ils n’ont pas pris conscience que l’opposition modérée fantasmée ne faisait pas poids face aux islamistes. L’incohérence de leur ingérence offre à Poutine le rôle du sage qui ne répond pas à la provocation. Quant à la France, elle se compromet dans  une coalition  dont le seul but est d’anéantir le régime iranien. Trump, Netanyahu et Ben Salmane nourrissent une haine farouche de l’Iran. Ils ne craignent pas d’embraser tout le  Moyen-Orient. Le président français ferait bien de se distancer de ce trio toxique de « va-t’en-guerre « et accepter une mission de médiation.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                               Genève , le 16 avril  2018    

Tarnac, un raté magistral

La presse nous a informés de la relax des « terroristes » du Tarnac dans des articles très discrets. Il y a 10 ans , des gauchistes écolo avaient été accusés  d’avoir saboté une ligne du TGV . A l’époque, tous les journaux parlaient d’un complot terroriste majeur. En relayant les propos délirants de la ministre Alliot-Marie et les mensonges de la version officielle, ils  étaient  complices d’une machination étatique et de l’instrumentalisation d’un pseudo-attentat. Cette pitoyable manipulation des services d’un Etat dit-démocratique n’aurait-elle pas dû être dénoncée ? Cet emballement médiatique n’aurait-il pas dû être reconnu ?  La réhabilitation de la vérité n’aurait-elle pas mérité plus que d’anodins entrefilets banalisant des  mensonges d’Etat ? Les écoles de journalisme devraient  apprendre à s’affranchir des versions officielles et cesser de traiter systématiquement de complotistes ceux qui les remettent en cause. Si l’opacité des enquêtes peut expliquer le suivisme des médias, rien ne peut expliquer leur discrétion dans la réhabilitation de la Vérité . 

 

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                         Genève,  le 13 avril  2018

 

L’hysterie anti-russe

Avec l’expulsion de centaines de diplomates russes , les Occidentaux renouent avec une politique anti russe primaire. Ils prennent le risque de réactiver la guerre froide, la course à l’armement et la militarisation par l’OTAN des pays voisins. Cette politique renforce le nationalisme russe et conforte le président Poutine dans son rôle de défenseur de la nation. L’origine de cette russophobie est un banal règlement de comptes entre barbouzes dont l’Histoire est coutumière. Les pays occidentaux s’en offusquent mais oublient qu’ils commanditent eux aussi des assassinats ciblés. Le président américain ne valide-t-il pas des cibles situées à des dizaines de milliers de kilomètres pour éliminer avec des drones un suspect et sa famille ? Les services français n’ont-ils pas donné aux Kurdes la listes des Français partis en Syrie pour les éliminer ?  En 2010, onze membres des services secrets israéliens ne se sont-ils pas vantés d’avoir assassiné un cadre du Hamas dans un hôtel à Dubaï et , en 2004 ,Yasser Arafat dont l’exhumation a permis de démontrer un empoisonnement au polonium, n’a-t-il pas été « traité » par le  Mossad ? L’hypocrisie des Occidentaux est flagrante. Pour masquer leur échec et leur dramatique errance en Syrie, ils vilipendent le gouvernement russe. Cette stratégie ne pourra qu’inciter la Russie à renforcer ses liens avec la Chine, l’Inde et l’Iran et exacerbera les tensions dans le monde. Quant au gouvernement suisse, il convient de saluer sa sagesse de ne pas s’associer à la mise au ban de la Russie.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                       Genève , le 27 mars 2018

L’éboulement de la gravière du Saleve

La troupe Antigel a organisé, le 10 février 2018 , un son et lumière dans la gravière du Salève. Cauchemar des Genevois , ce lieu dévasté et défiguré a servi de décor à une mise en scène de fin du monde où l’éboulement survenu le samedi 11 novembre 2017 à 03h du matin aurait dû avoir sa place . En effet, ce jour-là, plusieurs milliers de mètres cube se sont détachés  de la face du Salève et sont tombés dans la zone  d’exploitation de la gravière. Seule la chance a évité des conséquences dramatiques.  Cet éboulement ( dont on voit la zone de décrochage au milieu de la falaise) est passé inaperçu. Les propos lénifiants du concessionnaire de la gravière qui a déclaré que tout était sous contrôle n’ont suscité aucun commentaire. Cependant , cet incident potentiellement très grave auraient dû remettre en cause les conditions d’exploitation de cette gravière avec des questions telles que :  Sécurisation du personnel ? Fragilisation de la falaise ?  Délitement par l’eau en absence de végétation ? Etendue des zones à risques ? Purge des zones dangereuses et avenir de cette exploitation ? Il est incompréhensible que personne n’ait demandé l’ouverture d’une enquête sur l’origine et les circonstances de l’événement ainsi que  sur la fiabilité du mode d’exploitation. Faudrait-il comprendre que les intérêts économiques sont trop importants ?

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                  Genève,  le 16  février  2018

Le lynchage de Tariq Ramadan

Sur les plateaux de télévision, Tariq Ramadan  brillait par son aisance, son éloquence et sa rhétorique.  Ses prises de position , quelquefois ambigües et dérangeantes , lui ont valu de ne plus être invité. Cela n’a pas suffi  . La justice française  a décidé de lui porter le coup fatal . Sa mise en examen ( à laquelle il s’est rendu spontanément)  a débouché sur une incarcération aux prétextes fallacieux de risques  de fuite et de pression .  Les deux plaintes pour viol  proviennent de personnes dont les convictions sont pour le moins fluctuantes. L’une, qui reste anonyme, s’est convertie à l’islam. L’autre, après avoir été salafiste, a rejoint le mouvement  féministe tout en correspondant avec son violeur après les faits.  Sans mettre en doute ces témoignages,  une certaine prudence aurait dû prévaloir. D’autant plus que les nombreux appels  à la dénonciation n’ont pas permis d’obtenir d’autres plaintes. En Suisse, la presse a relayé les témoignages anonymes de quatre étudiantes qui  disent avoir été  victimes , il y a trente ans, de l’intellectuel musulman. Elles l’accusent d’avoir exercé sur elles une telle  emprise que leur consentement n’était pas « consenti ». Etrange concept. Cette emprise ne provient-elle pas de l’admiration aveugle et excessive pour une  personnalité brillante comme pour  une personne de pouvoir,  un chanteur ou un sportif ?  Claude François, Johnny Halliday, Jacques Chirac ou de nombreux  footballeurs  n’en ont-ils pas profité ? Dans ce » deux poids, deux mesures », il est difficile de ne pas voir dans le lynchage de Tariq Ramadan une occasion pour ses adversaires de l’anéantir définitivement. Dans ce climat délétère, il faut saluer le courage de Me. Marc Bonnant de s’exposer pour que la justice soit respectée.   

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                  Genève,  le  6 février  2018    

Le forum munichois de Davos

En 1938, les démocraties européennes terrorisées par la menace de «  Deutschland  über alles »multipliaient les conférences pour tenter de calmer les démences d’un monstre en fermant les yeux sur ses crimes. A l’issue de la  conférence de Munich , Chamberlain et Daladier trompaient  l’ opinion publique en déclarant qu’ils avaient dompté « la bête ». Quelle erreur et quelle désillusion !

En 2018, les organisateurs du Forum de Davos ont déroulé le tapis rouge à Donald Trump en fermant les yeux sur  ses outrances, ses invectives, sa confusion mentale ,son obscurantisme climatique et son obsession  de « America first » ( dont la gravité, il va sans dire, n’a pas de commune  mesure avec les crimes nazis ) . Les participants ont  tenté , à force de courbettes et de flatteries à son égard, de préserver  leurs marchés  économiques et  financiers aux Etats-Unis. Ils ont été obligés de subir le discours  minable , lu sur un prompteur , d’un président  arrogant vendant sa camelote de dumping fiscal. Il a tenté puérilement de nous  amadouer avec  « la Suisse est  formidable » mais il n’a fait aucune concession et n’a pris aucun engagement.   Contrairement à l’enfumage de la conférence de Munich, le Forum de Davos aura eu le mérite de mettre en évidence la complète inaptitude de ce président  et  de permettre à l’Europe de s’émanciper en se fédérant autour de personnalités comme  Macron pour animer un nouvel  état d’esprit .  Le temps  de la diplomatie « munichoise » est révolu .Le temps de la résistance est arrivé.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                Genève,  le 28 janvier 2018

La visite de Trump

La visite-éclair du président américain va engendrer un déploiement de forces délirant. A Kloten, une dizaine d’avions militaires américains avec , à bord, une centaine d’agents de sécurité vont débarquer des tonnes de matériel pour encadrer sa visite.  L’aviation militaire suisse va verrouiller l’espace aérien pour protéger le déplacement en hélicoptère de Trump et de sa valise nucléaire (dont le bouton rouge est beaucoup plus gros que celui de Kim Jong-un ) . La station de Davos sera transformée en forteresse avec des milliers de soldats et de policiers. Notre président va  accueillir ce « phénomène » psychiatrique qui se considère comme un « génie très stable ». Après quelques  déclarations provocatrices ou abjectes telles que «  Haïti, pays de merde », il reprendra  le jour même son hélicoptère avec sa valise. Comment peut-on inviter un personnage qui est la quintessence de la primarité, du racisme, du sexisme, de l’outrance et de la vulgarité ? N’a-t-il pas traité ses hôtes de « clique de Davos » pendant sa campagne ? Les organisateurs n’ont donc aucune dignité et, surtout, aucune clairvoyance sur les desseins de ce tweetologue compulsif en proie à un enfermement narcissique. Son cerveau abrite un vide intersidéral au niveau politique. Il est obsédé par «  America first » , le protectionnisme, l’ultralibéralisme ,le bellicisme primaire et le déni climatique. Il est en opposition à toutes les valeurs de l’esprit du Forum de Davos qui est l’ouverture et le multilatéralisme. Pour garder leur crédibilité, les organisateurs devraient inviter le président haïtien et déclarer persona non grata le psychopathe américain et son monde de m….

Genève,  le 17 janvier 2018 

L’ingérence américaine en Iran

Une partie de la société iranienne manifeste  contre ses conditions de vie. Elle a élu le président Rohani pour initier une politique d’ouverture et de réforme. Dans ce but, le gouvernement iranien s’est engagé à renoncer à développer l’arme nucléaire pour obtenir des pays occidentaux la levée de l’embargo . L’immense espoir  a été anéanti par le président Trump qui a renié la parole des Etats-Unis . Piétinant les principes du droit international, il a unilatéralement abrogé cet accord et a exercé un chantage ignoble sur les banques qui cautionneraient les investissements  en Iran. Comme toujours , les banques européennes se sont soumises, condamnant ainsi toutes les ouvertures économiques vers l’Iran. La trahison de l’Occident envers l’Iran  ruine son économie  et accable sa population. Une petite fraction non-identifiée de celle-ci instrumentalise le mécontentement pour semer la violence. Qui se trouve derrière cette violence ?  Au siècle passé, l’ingérence américaine en Iran n’a pas cessé :  Corruption des divers pouvoirs par les compagnies pétrolières,  coup d’état fomenté par les services secrets pour renverser la république du premier ministre Mossadegh ,  soutien à la dictature du shah et à sa police, soutien à l’agression irakienne contre l’Iran. Aujourd’hui,   Trump inonde les réseaux de ses tweets belliqueux  pour  enflammer le pays et proposer son aide au renversement du régime. Cette ingérence primaire sera rejetée par les Iraniens qui se rassembleront autour de leur culture et de leur histoire millénaire.  

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                         Genève, le 3 janvier 2018

Jérusalem dans l’Histoire

L’auteure de la lettre du jour du 20 décembre nous rappelle avec raison  les liens qui lient la terre de Judée avec le peuple juif. Le monde entier le reconnait.  Cependant cette reconnaissance n’empêche pas de refuser la décision de Trump d’entériner l’appropriation exclusive de Jérusalem par Israël. Les réactions indignées  dans le monde  inspirent chez l’auteure le préambule suivant « on dirait que le monde entier a des droits sur Jérusalem –sauf  les juifs.  Cette vision  erronée relève d’une posture victimaire.  Les Juifs ont des droits mais ceux-ci ne sont pas exclusifs. Le statut de Jérusalem , voté avec sagesse par l’ONU en 1948, définissait une ville internationalisée et démilitarisée avec une gouvernance indépendante pour tenir compte de l’extraordinaire foisonnement culturel et religieux de cette ville. Depuis 7000 ans, diverses civilisations ont façonné  cette région appelée le Croissant fertile. Les Hébreux et avant eux les Sumériens, les Assyriens, les Perses, les Hittites, les Egyptiens sont à l’origine des plus grandes avancées de notre civilisation (sédentarisation, villes , agriculture , élevage,  écriture, astronomie). L’empreinte laissée par les Hébreux est indéniable. Mais leur présence  pendant 1000 ne représente qu’un épisode dans l’Histoire. Celle-ci  est une succession d’épisodes marqués par des guerres et des exodes provoqués par des catastrophes naturelles , des famines, des épidémies ou des changement climatiques. Au gré de ces aléas, les hommes sont dépositaires temporairement d’un territoire .Ils ne peuvent pas prétendre figer à jamais un lien exclusif sur la base d’un épisode historique. Ceux qui refusent de reconnaître l’Histoire dans sa globalité se racontent des histoires qui finissent par  faire des histoires.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                              Genève, le 21 décembre 2017

Main basse sur Jérusalem

Les Etats-Unis de Trump ont reconnu Jérusalem comme la capitale d’Israël. C’est une félonie et un bras d’honneur fait à la communauté internationale. C’est une insulte à l’ Histoire , à la civilisation et à l’intelligence. C’est une spoliation d’un patrimoine commun de l’humanité et du symbole de la cohabitation des trois religions des Gens du Livre .C’est la consécration de la loi du plus fort et de sa politique d’annexion rampante. C’est un dernier pied-de- nez aux instances de l’ONU dont toutes les résolutions et condamnations ont été méprisées par Israël et son acolyte américain depuis 1948. C’est l’anéantissement du projet d’un Etat palestinien. C’est un coup de poignard et un terrible affront aux Musulmans. C’est l’humiliation de trop qui alimente la haine et la désespérance avec , comme conséquence inéluctable, la radicalisation djihadiste. Quand nous réveillerons-nous du cauchemar Trump ?

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                Genève, le 6 décembre  2017