Archives de catégorie : Israël

IRAN Le diktat américain et l’asservissement européen

En réaction à la forfaiture américaine et en toute légitimité, l’Iran s’est retiré partiellement du traité nucléaire. Son président réformateur Rohani s’est battu contre les faucons du régime pour signer ce traité et permettre à l’Iran de s’ouvrir pacifiquement au monde. Il a scrupuleusement respecté tous ses engagements. En 2016, Donald Trump, avec un rictus haineux, a exhibé devant les médias le décret entérinant un ignominieux  reniement. L’Europe a émis une timide désapprobation et s’est « couché «  servilement devant les Etats-Unis. Pendant trois ans , Rohani a exhorté en vain les autres signataires à respecter leurs engagements. Aujourd’hui, il leur demande de se déterminer entre la lâcheté ( céder au chantage américain) et la dignité ( respecter une parole). En rejetant ce qu’elle qualifie d’ultimatum, l’Europe se déshonore  et devient spectatrice de l’hystérie belliciste de l’axe américano-israélo-saoudien.

En 2003 , Bush avait mis , La Corée du Nord , l’Irak et l’Iran dans l’Axe du Mal. Aujourd’hui ,Trump «  flirte » avec la Corée du Nord. Les Etats-Unis ont écrasé l’Irak en commettant un crime contre l’humanité. Reste l’Iran que les Etats-Unis tentent d’asphyxier. Cependant ils n’arriveront pas à leur fin. L’Iran avec ses 7000 ans d’histoire et sa population chaleureuse, instruite, cultivée et fière triomphera de la fourberie des Etats-Unis dont l’histoire de 300 ans n’est faite que d’ethnocide , de racisme, d’esclavagisme, de violence, de matérialisme et de compulsion à l’argent. L’Europe se grandirait à refuser le diktat américain et retrouverait une respectabilité en  honorant ses engagements.

 

Daniel Fortis                                                                                                             Genève, le 13 mai 2019

Une semaine déroutante

Notre conseiller d’Etat Serge Dal Busco découvre que CEVA n’a pas de WC et demande à ses services d’étudier en toute urgence des solutions alternatives . On pourrait croire  à  un poisson d’avril !

L’alunissage brutal de la sonde  israélienne ravi Netanyahu. C’est un grand pas vers l’annexion de la Lune.

Des  scientifiques, plus intéressés par une recherche métaphysique de l’ordonnance spatiale que par notre survie sur la terre, jubilent. Après deux ans de traque photographique et avec un grand effet d’annonce, ils ont présenté au « vulgus populus » un montage photographique sensé  représenter un trou noir.

Bafouant les principes de la liberté d’information, les Etats-Unis  avec leur comparse anglais ont arrêté Julian Assange pour piratage informatique. C’est vraiment «  l’hôpital qui se fout de la charité ».

On apprend aussi que les stars du football se livrent à une compétition de «  qui a la plus grosse ? » ( on parle de voiture ! ) Cependant une Rolls-Royce, une Lamborghini ou une Bugatti ne leur donnera  pas plus de neurones.

Pour finir sur une note plus optimiste, notre Darius Rochebin continuera à nous régaler de ses remarquables entretiens dans son émission «  Pardonnez-moi « .

 

Daniel Fortis                                                                                               Genève, le 11 avril 2019

 

 

Un amalgame pernicieux

Pendant trois mois, les médias français ont relaté avec une certaine complaisance le déchainement de violences contre les forces de l’ordre et les représentants du gouvernement . Mais, il a suffi de quelques insultes antisionistes à l’égard du philosophe Alain Finkielkraut pour déclencher la machine médiatique de diabolisation . Le pernicieux amalgame entre antisionisme et antisémitisme est utilisé.  En réaction aux positions islamophobes et blessantes du philosophe, les agressions verbales antisionistes d’un individu, tout en étant inacceptables, relèvent de la liberté d’opinion.  Pourquoi le sionisme à l’origine de la politique expansionniste d’Israël et de l’écrasement du peuple palestinien ne pourrait-il pas être dénoncé sans être traité d’antisémite ? Nous pouvons être admiratifs et solidaires de la communauté juive riche de son histoire douloureuse , de ses traditions, de sa sensibilité et de son rayonnement dans de nombreux domaines. Et, en même temps, nous avons le droit de critiquer l’Etat sioniste qui prône la guerre et la répression et qui bafoue  la justice internationale au nom d’un roman biblique écrit par  des scribes il y a 2700 ans. Comment peut-on avoir un revendication absolue sur un territoire alors que l’histoire des civilisations nous enseigne que nous en sommes les dépositaires temporairement aux grés des aléas du climat, des épidémies, des catastrophes naturelles et des guerres ? L’appropriation d’un territoire au nom d’un dieu , qu’il soit chrétien, juif ou musulman est une usurpation.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                                  20  février  2019

Le négationisme sioniste

L’auteur de l’article «  La Palestine » ( TdG du 13 septembre) alimente le négationnisme sioniste qui soutient que la Palestine n’existe pas. Il cite des propos hors-contexte de dirigeants palestiniens déclarants que le peuple palestinien n’existe pas ! Il est vrai qu’au début du 20eme siècle  la Palestine n’était qu’une région de l’empire ottoman où vivaient 90 % de musulmans et seulement 10% de Juifs et de chrétiens. En 1916 , les  puissances coloniales françaises et britanniques se sont octroyés des protectorats en créant artificiellement des frontières ( Syrie et Liban pour la France et Irak et Palestine pour l’Angleterre). En 1917, le ministre britannique, lord Balfour, adresse à lord Rothschild , une lettre dite déclaration Balfour dont les termes sont révélateurs : « Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour les Juifs et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif étant clairement  entendu que RIEN NE SERA FAIT QUI PUISSE PORTER ATTEINTE AUX DROITS CIVIQUES ET RELIGIEUX DES COLLECTIVITES NON-JUIVES EXISTANT EN PALESTINE. Bien qu’unilatérale et sans légitimité démocratique, cette déclaration énonce cependant clairement la présence d’une population palestinienne de confession musulmane majoritaire et l’injonction de respecter ses droits. Aujourd’hui, le gouvernement israélien bafoue l’esprit de cette déclaration dont il ne cesse de se réclamer . Il nie l’existence d’un peuple palestinien et rejette, en corollaire, la création d’un Etat Palestinien. En concluant que «  Les Palestiniens sont des citoyens israéliens à part entière « , mon contradicteur travestit la réalité et considère que les Palestiniens ne peuvent exister que dans la renonciation à leur identité.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                              Genève,  le 15 septembre 2018

La lente agonie de la Palestine

Les Etats- Unis ont décidé de supprimer leurs contributions à l’aide aux réfugiés palestiniens. Ils font subir au peuple palestinien ,déjà exsangue, asphyxié et désespéré, de nouvelles restrictions alimentaires, sanitaires et scolaires. Cette décision rentre dans le cadre d’un dessein funeste : celui de mettre à genoux un peuple après lui avoir enlevé tout espoir d’avoir un Etat. Ce cynisme se traduit aussi par une éradication de toutes les  références à une identité et à une histoire palestinienne : débaptisation et délabrement des sites musulmans, instrumentalisation pseudo-historique du roman biblique, relégation de la langue arabe, ghettoïsation et mitage des terres palestiniennes. La communauté internationale reste muette face à la mise en place d’une politique destinée à  éluder 1300 ans de présence musulmane. Face à cette entreprise de destruction économique et culturelle , quels sont les choix pour les  Palestiniens ?  L’exode dans des pays arabes et européens où ils sont stygmatisés ou l’acceptation d’un statut de sous-citoyen dans un pays qui les opprime depuis septante ans  ? Personne ne peut priver un être humain de son identité, de ses racines et de sa dignité . Avec la création d’Israël, nous avons permis aux Juifs de retrouver ces valeurs essentielles. Comment ,aujourd’hui , pouvons-nous laisser  le gouvernement israélien et son comparse américain planifier la lente agonie de la Palestine et contribuer à anéantir tous les espoirs des Palestiniens d’accéder à ces  mêmes valeurs ?

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                               Genève, le 4 septembre 2018

Les 240 Sages

Les 240 signataires juifs de la lettre adressée a l’ambassade israélienne forcent notre admiration et notre respect  pour leur clairvoyance et leur courage. En prenant leurs distances avec la politique ultra-religieuse et répressive du gouvernement Netanyahou, ils s’exposent aux critiques de leurs coreligionnaires  sionistes ( voir courrier Tdg du 19 juin )  Tout en restant respectueux de leur identité, ils font une démarche mesurée d’ouverture qui devrait  inspirer la communauté juive de Suisse .Dans ce conflit nourri par des discours extrémistes des deux parties, leurs voix sonnent comme un espoir. Ils sont dignes de cette communauté juive éclairée a laquelle nous sommes redevables dans les domaines de la science, de l’art, de la musique et de la littérature a travers leur intelligence et leur sensibilité. Au début du 20eme siècle, la société juive de Vienne, admirablement décrite par Stefan Zweig, en était la parfaite illustration. L’antisémitisme a dévasté nos sociétés et a fait émerger, en réaction  , le sionisme. Légitime a ses débuts, il est devenu dictatorial aujourd’hui. En le dénonçant a travers une démarche pacifique, les 240 Sages nous donnent une leçon de sagesse.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                         Genève, le 20 juin 2018

 

Le silence de Dieu

Jérusalem, la Ville sainte des trois religions du Livre est devenue synonyme de haine , d’oppression et de guerre. Aucune ville au monde n’a autant de forces policières , de soldats, de barrages, de barbelés pour conforter la domination d’une religion. Comment Dieu , inspirateur commun de ces trois religions, peut-il laisser sa ville de Jérusalem en proie à la violence et à la discrimination ? Où trouve-t-on son discours de paix, de fraternité et de  partage ? Pourquoi ses  commandements révélés à Moïse sont-ils systématiquement  bafoués par ceux-là mêmes  qui évoquent continuellement son nom pour justifier la spoliation de la Palestine ? En effet , il est inscrit » TU NE DEROBERAS POINT ».  Alors, pourquoi annexent-ils par la force la terre de leurs voisins ? Il est aussi inscrit «  TU NE TUERAS POINT » . Alors, pourquoi massacrent-ils les habitants de Gaza  qui manifestent leur désespoir ? Si Dieu existe, il n’est pas compréhensible qu’il reste spectateur de ces crimes perpétrés en son nom. Il est urgent qu’il se manifeste pour faire cesser ce bain de sang et il est temps qu’il punisse ceux qui instrumentalisent sa parole pour faire la guerre, qu’ils soient juifs , chrétiens ou musulmans.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                           Genève,  le  14 mai  2018

 

La forfaiture américaine

Après le show  pitoyable du premier ministre israélien Netanyahou sur le nucléaire iranien, le mégalomaniaque président américain Trump s’associe à cette pitrerie indigne en déchirant le traité avec l’Iran. Ainsi , le parjure, le mensonge, la fourberie, l’arrogance, l’intimidation et le bellicisme ont triomphé. Les trois comparses , les Etats-unis , Israël et l’Arabie saoudite, font un bras d’honneur au reste du monde. Cette forfaiture auraient dû déclencher une condamnation  unanime et des sanctions internationales. A la place de celles-ci, à quoi assistons-nous ?  A une réaction timorée de l’ONU et des pays européens qui ont subi un terrible affront et à des commentaires journalistiques très modérés. Cette lâcheté résulte de la peur des sanctions américaines sur ceux qui respecteraient l’accord  et l’allégeance de tout le système banquier aux injonctions américaines. Ce chantage ignoble permettra de geler tous les échanges avec l’Iran qui a pourtant scrupuleusement respecté ses engagements. Avec le nouvel embargo et la dégradation prévisible de ses conditions économiques , l’Iran humilié va renouer légitimement avec les forces conservatrices. Pourra –t-on lui reprocher alors de reprendre ses activités nucléaires ?  Ce danger ne fait pas peur au clan israélo- américain qui dispose d’un arsenal nucléaire et militaire disproportionné. La victoire militaire leur est acquise mais le désastre de cette forfaiture entachera dorénavant toutes les relations internationales. Ces fossoyeurs de la paix en porteront toute la responsabilité.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                            Genève ,  le 9 mai 2018

La leçon des Coréens

Après une guerre fratricide qui a fait 2 millions de victimes, la Corée a été artificiellement coupée en deux en 1953. Pendant 65 ans, l’état de guerre et la haine a ravagé la péninsule. Les derniers Jeux Olympiques ont fissuré cet enfermement idéologique et belliqueux . En s’affranchissant de la rhétorique guerrière de Trump, le président sud-coréen , Moon Jae-in , a proposé un dialogue à son homologue nord-coréen, Kim Jung-un. La rencontre du 27 avril a donné lieu à une image incroyable et réjouissante de leur embrassade. Celle-ci aurait dû être plus largement publiée pour faire comprendre aux donneurs de leçons occidentaux que la recherche de la paix passe nécessairement par le dialogue avec son ennemi. Les Etats-Unis et Israël  ne l’ont pas compris. Pourtant, en 1993 , la courageuse poignée de main de deux anciens farouches ennemis, Rabin et Arafat, avait soulevé un formidable espoir. Leurs  assassinats l’ont détruit et le  conflit israélo-palestinien continue depuis 70 ans à nourrir la haine dans le monde. Aujourd’hui , l’espoir d’un apaisement avec l’Iran s’éloigne avec la rupture de l’accord nucléaire par les faucons américains, saoudiens et israéliens. Ils nous démontrent que la recherche de la paix  n’est pas leur priorité. Face à ce bellicisme irresponsable, les deux dirigeants coréens donnent à nos « grandes  démocraties » une formidable  leçon. Ils nous prouvent que l’Homme , lorsqu’il s’affranchi des discours primaires et belliqueux, est capable de s’élever et de transcender les conflits.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                Genève,  le 30 avril 2018

 

Jérusalem dans l’Histoire

L’auteure de la lettre du jour du 20 décembre nous rappelle avec raison  les liens qui lient la terre de Judée avec le peuple juif. Le monde entier le reconnait.  Cependant cette reconnaissance n’empêche pas de refuser la décision de Trump d’entériner l’appropriation exclusive de Jérusalem par Israël. Les réactions indignées  dans le monde  inspirent chez l’auteure le préambule suivant « on dirait que le monde entier a des droits sur Jérusalem –sauf  les juifs.  Cette vision  erronée relève d’une posture victimaire.  Les Juifs ont des droits mais ceux-ci ne sont pas exclusifs. Le statut de Jérusalem , voté avec sagesse par l’ONU en 1948, définissait une ville internationalisée et démilitarisée avec une gouvernance indépendante pour tenir compte de l’extraordinaire foisonnement culturel et religieux de cette ville. Depuis 7000 ans, diverses civilisations ont façonné  cette région appelée le Croissant fertile. Les Hébreux et avant eux les Sumériens, les Assyriens, les Perses, les Hittites, les Egyptiens sont à l’origine des plus grandes avancées de notre civilisation (sédentarisation, villes , agriculture , élevage,  écriture, astronomie). L’empreinte laissée par les Hébreux est indéniable. Mais leur présence  pendant 1000 ne représente qu’un épisode dans l’Histoire. Celle-ci  est une succession d’épisodes marqués par des guerres et des exodes provoqués par des catastrophes naturelles , des famines, des épidémies ou des changement climatiques. Au gré de ces aléas, les hommes sont dépositaires temporairement d’un territoire .Ils ne peuvent pas prétendre figer à jamais un lien exclusif sur la base d’un épisode historique. Ceux qui refusent de reconnaître l’Histoire dans sa globalité se racontent des histoires qui finissent par  faire des histoires.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                              Genève, le 21 décembre 2017