Archives de catégorie : Palestine

Israël, le temps du dégagisme

Pour tenter de se soustraire à ses inculpations judiciaires, Netanyahu s’accroche au pouvoir. Pour obtenir le soutien des nationalistes et des ultra-religieux, il a promis d’annexer la vallée du Jourdain s’il était élu. La communauté internationale , tétanisée par la crainte d’être accusée d’antisionisme ,n’a  émis que de timides réprobations à l’égard de ce projet annexionniste bafouant les droits les plus élémentaires.

Elle fait du « deux poids, deux mesures » quand elle sanctionne lourdement  la Russie pour  l’annexion de la Crimée  ( pourtant plébiscitée par ses habitants et légitimée par l’histoire) et ferme les yeux, d’autre part, sur le mitage et l’annexion par la force de territoire palestiniens. Quant à la légitimité historique évoquée par les ultra-religieux, elle ne relève que de l’instrumentalisation  de textes bibliques inventés par des scribes il y a 2500 ans.

L’arrogance de Trump qui propose d’acheter  le Groenland  est moins grande que celle  du candidat du Likoud qui prévoit simplement d’annexer la Cisjordanie. Cela coûte moins cher et surtout cela permet de maîtriser totalement l’hydrologie de la région. Les Palestiniens seraient contraints à mendier quelques mètres cube d’eau pour survivre avant d’assister à l’agonie de leur pays au profit du Grand Israël. Notre silence nous rendrait  complices de cette forfaiture. Si l’Etat d’Israël veut préserver sa respectabilité, il  doit «  dégager » Netanyahu et retrouver le chemin du dialogue et de la paix.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                        Genève, le 17 septembre 2019

Un amalgame pernicieux

Pendant trois mois, les médias français ont relaté avec une certaine complaisance le déchainement de violences contre les forces de l’ordre et les représentants du gouvernement . Mais, il a suffi de quelques insultes antisionistes à l’égard du philosophe Alain Finkielkraut pour déclencher la machine médiatique de diabolisation . Le pernicieux amalgame entre antisionisme et antisémitisme est utilisé.  En réaction aux positions islamophobes et blessantes du philosophe, les agressions verbales antisionistes d’un individu, tout en étant inacceptables, relèvent de la liberté d’opinion.  Pourquoi le sionisme à l’origine de la politique expansionniste d’Israël et de l’écrasement du peuple palestinien ne pourrait-il pas être dénoncé sans être traité d’antisémite ? Nous pouvons être admiratifs et solidaires de la communauté juive riche de son histoire douloureuse , de ses traditions, de sa sensibilité et de son rayonnement dans de nombreux domaines. Et, en même temps, nous avons le droit de critiquer l’Etat sioniste qui prône la guerre et la répression et qui bafoue  la justice internationale au nom d’un roman biblique écrit par  des scribes il y a 2700 ans. Comment peut-on avoir un revendication absolue sur un territoire alors que l’histoire des civilisations nous enseigne que nous en sommes les dépositaires temporairement aux grés des aléas du climat, des épidémies, des catastrophes naturelles et des guerres ? L’appropriation d’un territoire au nom d’un dieu , qu’il soit chrétien, juif ou musulman est une usurpation.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                                  20  février  2019

Le négationisme sioniste

L’auteur de l’article «  La Palestine » ( TdG du 13 septembre) alimente le négationnisme sioniste qui soutient que la Palestine n’existe pas. Il cite des propos hors-contexte de dirigeants palestiniens déclarants que le peuple palestinien n’existe pas ! Il est vrai qu’au début du 20eme siècle  la Palestine n’était qu’une région de l’empire ottoman où vivaient 90 % de musulmans et seulement 10% de Juifs et de chrétiens. En 1916 , les  puissances coloniales françaises et britanniques se sont octroyés des protectorats en créant artificiellement des frontières ( Syrie et Liban pour la France et Irak et Palestine pour l’Angleterre). En 1917, le ministre britannique, lord Balfour, adresse à lord Rothschild , une lettre dite déclaration Balfour dont les termes sont révélateurs : « Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour les Juifs et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif étant clairement  entendu que RIEN NE SERA FAIT QUI PUISSE PORTER ATTEINTE AUX DROITS CIVIQUES ET RELIGIEUX DES COLLECTIVITES NON-JUIVES EXISTANT EN PALESTINE. Bien qu’unilatérale et sans légitimité démocratique, cette déclaration énonce cependant clairement la présence d’une population palestinienne de confession musulmane majoritaire et l’injonction de respecter ses droits. Aujourd’hui, le gouvernement israélien bafoue l’esprit de cette déclaration dont il ne cesse de se réclamer . Il nie l’existence d’un peuple palestinien et rejette, en corollaire, la création d’un Etat Palestinien. En concluant que «  Les Palestiniens sont des citoyens israéliens à part entière « , mon contradicteur travestit la réalité et considère que les Palestiniens ne peuvent exister que dans la renonciation à leur identité.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                              Genève,  le 15 septembre 2018