Le silence de Dieu

Jérusalem, la Ville sainte des trois religions du Livre est devenue synonyme de haine , d’oppression et de guerre. Aucune ville au monde n’a autant de forces policières , de soldats, de barrages, de barbelés pour conforter la domination d’une religion. Comment Dieu , inspirateur commun de ces trois religions, peut-il laisser sa ville de Jérusalem en proie à la violence et à la discrimination ? Où trouve-t-on son discours de paix, de fraternité et de  partage ? Pourquoi ses  commandements révélés à Moïse sont-ils systématiquement  bafoués par ceux-là mêmes  qui évoquent continuellement son nom pour justifier la spoliation de la Palestine ? En effet , il est inscrit » TU NE DEROBERAS POINT ».  Alors, pourquoi annexent-ils par la force la terre de leurs voisins ? Il est aussi inscrit «  TU NE TUERAS POINT » . Alors, pourquoi massacrent-ils les habitants de Gaza  qui manifestent leur désespoir ? Si Dieu existe, il n’est pas compréhensible qu’il reste spectateur de ces crimes perpétrés en son nom. Il est urgent qu’il se manifeste pour faire cesser ce bain de sang et il est temps qu’il punisse ceux qui instrumentalisent sa parole pour faire la guerre, qu’ils soient juifs , chrétiens ou musulmans.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                           Genève,  le  14 mai  2018

 

La forfaiture américaine

Après le show  pitoyable du premier ministre israélien Netanyahou sur le nucléaire iranien, le mégalomaniaque président américain Trump s’associe à cette pitrerie indigne en déchirant le traité avec l’Iran. Ainsi , le parjure, le mensonge, la fourberie, l’arrogance, l’intimidation et le bellicisme ont triomphé. Les trois comparses , les Etats-unis , Israël et l’Arabie saoudite, font un bras d’honneur au reste du monde. Cette forfaiture auraient dû déclencher une condamnation  unanime et des sanctions internationales. A la place de celles-ci, à quoi assistons-nous ?  A une réaction timorée de l’ONU et des pays européens qui ont subi un terrible affront et à des commentaires journalistiques très modérés. Cette lâcheté résulte de la peur des sanctions américaines sur ceux qui respecteraient l’accord  et l’allégeance de tout le système banquier aux injonctions américaines. Ce chantage ignoble permettra de geler tous les échanges avec l’Iran qui a pourtant scrupuleusement respecté ses engagements. Avec le nouvel embargo et la dégradation prévisible de ses conditions économiques , l’Iran humilié va renouer légitimement avec les forces conservatrices. Pourra –t-on lui reprocher alors de reprendre ses activités nucléaires ?  Ce danger ne fait pas peur au clan israélo- américain qui dispose d’un arsenal nucléaire et militaire disproportionné. La victoire militaire leur est acquise mais le désastre de cette forfaiture entachera dorénavant toutes les relations internationales. Ces fossoyeurs de la paix en porteront toute la responsabilité.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                            Genève ,  le 9 mai 2018

La leçon des Coréens

Après une guerre fratricide qui a fait 2 millions de victimes, la Corée a été artificiellement coupée en deux en 1953. Pendant 65 ans, l’état de guerre et la haine a ravagé la péninsule. Les derniers Jeux Olympiques ont fissuré cet enfermement idéologique et belliqueux . En s’affranchissant de la rhétorique guerrière de Trump, le président sud-coréen , Moon Jae-in , a proposé un dialogue à son homologue nord-coréen, Kim Jung-un. La rencontre du 27 avril a donné lieu à une image incroyable et réjouissante de leur embrassade. Celle-ci aurait dû être plus largement publiée pour faire comprendre aux donneurs de leçons occidentaux que la recherche de la paix passe nécessairement par le dialogue avec son ennemi. Les Etats-Unis et Israël  ne l’ont pas compris. Pourtant, en 1993 , la courageuse poignée de main de deux anciens farouches ennemis, Rabin et Arafat, avait soulevé un formidable espoir. Leurs  assassinats l’ont détruit et le  conflit israélo-palestinien continue depuis 70 ans à nourrir la haine dans le monde. Aujourd’hui , l’espoir d’un apaisement avec l’Iran s’éloigne avec la rupture de l’accord nucléaire par les faucons américains, saoudiens et israéliens. Ils nous démontrent que la recherche de la paix  n’est pas leur priorité. Face à ce bellicisme irresponsable, les deux dirigeants coréens donnent à nos « grandes  démocraties » une formidable  leçon. Ils nous prouvent que l’Homme , lorsqu’il s’affranchi des discours primaires et belliqueux, est capable de s’élever et de transcender les conflits.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                Genève,  le 30 avril 2018

 

L’errance toxique des Occidentaux en Syrie

Les Etats-Unis, la France et  l’Angleterre ont bombardé la Syrie. Quelle image donnent-ils au monde ? Celle de justiciers auto- proclamés qui s’arrogent le droit de punir sans preuve ?  Celle de comparses qui bafouent des règles internationales qu’elles imposent aux autres pays ? Celle de présidents dont les gesticulations les contraignent , pour ne pas perdre la face, à intervenir avec des frappes symboliques, inconséquentes et inefficaces ?  En effet, une absurde coïncidence a fait que la ville de Douma tombait aux mains du régime syrien en même temps. Cette agression néocoloniale humiliante ne peut que provoquer une hostilité intériorisée. Ces donneurs de leçons n’ont rien compris à la complexité syrienne et au large soutien de la population à Bachar-al-Assad. Ils n’ont pas pris conscience que l’opposition modérée fantasmée ne faisait pas poids face aux islamistes. L’incohérence de leur ingérence offre à Poutine le rôle du sage qui ne répond pas à la provocation. Quant à la France, elle se compromet dans  une coalition  dont le seul but est d’anéantir le régime iranien. Trump, Netanyahu et Ben Salmane nourrissent une haine farouche de l’Iran. Ils ne craignent pas d’embraser tout le  Moyen-Orient. Le président français ferait bien de se distancer de ce trio toxique de « va-t’en-guerre « et accepter une mission de médiation.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                               Genève , le 16 avril  2018    

Tarnac, un raté magistral

La presse nous a informés de la relax des « terroristes » du Tarnac dans des articles très discrets. Il y a 10 ans , des gauchistes écolo avaient été accusés  d’avoir saboté une ligne du TGV . A l’époque, tous les journaux parlaient d’un complot terroriste majeur. En relayant les propos délirants de la ministre Alliot-Marie et les mensonges de la version officielle, ils  étaient  complices d’une machination étatique et de l’instrumentalisation d’un pseudo-attentat. Cette pitoyable manipulation des services d’un Etat dit-démocratique n’aurait-elle pas dû être dénoncée ? Cet emballement médiatique n’aurait-il pas dû être reconnu ?  La réhabilitation de la vérité n’aurait-elle pas mérité plus que d’anodins entrefilets banalisant des  mensonges d’Etat ? Les écoles de journalisme devraient  apprendre à s’affranchir des versions officielles et cesser de traiter systématiquement de complotistes ceux qui les remettent en cause. Si l’opacité des enquêtes peut expliquer le suivisme des médias, rien ne peut expliquer leur discrétion dans la réhabilitation de la Vérité . 

 

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                         Genève,  le 13 avril  2018

 

L’hysterie anti-russe

Avec l’expulsion de centaines de diplomates russes , les Occidentaux renouent avec une politique anti russe primaire. Ils prennent le risque de réactiver la guerre froide, la course à l’armement et la militarisation par l’OTAN des pays voisins. Cette politique renforce le nationalisme russe et conforte le président Poutine dans son rôle de défenseur de la nation. L’origine de cette russophobie est un banal règlement de comptes entre barbouzes dont l’Histoire est coutumière. Les pays occidentaux s’en offusquent mais oublient qu’ils commanditent eux aussi des assassinats ciblés. Le président américain ne valide-t-il pas des cibles situées à des dizaines de milliers de kilomètres pour éliminer avec des drones un suspect et sa famille ? Les services français n’ont-ils pas donné aux Kurdes la listes des Français partis en Syrie pour les éliminer ?  En 2010, onze membres des services secrets israéliens ne se sont-ils pas vantés d’avoir assassiné un cadre du Hamas dans un hôtel à Dubaï et , en 2004 ,Yasser Arafat dont l’exhumation a permis de démontrer un empoisonnement au polonium, n’a-t-il pas été « traité » par le  Mossad ? L’hypocrisie des Occidentaux est flagrante. Pour masquer leur échec et leur dramatique errance en Syrie, ils vilipendent le gouvernement russe. Cette stratégie ne pourra qu’inciter la Russie à renforcer ses liens avec la Chine, l’Inde et l’Iran et exacerbera les tensions dans le monde. Quant au gouvernement suisse, il convient de saluer sa sagesse de ne pas s’associer à la mise au ban de la Russie.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                       Genève , le 27 mars 2018

La voiture électrique

La plupart des experts indépendants considèrent que la voiture électrique est l’avenir de la mobilité. Cependant  les lobbys de l’industrie, du pétrole et de la finance tentent de contrecarrer son avènement pour préserver leurs intérêts. Les  gouvernements  qui prélèvent des taxes exorbitantes sur les carburants sont complices.  Ce puissant cartel  falsifie les expertises  et oppose une mauvaise foi à tous les arguments en faveur de la voiture électrique. La contrainte de la recharge et l’autonomie  sont constamment évoqués et  sont présentés  comme rédhibitoires. Comme pour le téléphone portable, cette contrainte est gérable et sans rapport avec les  innombrables  avantages  qu’offre la voiture électrique. A eux  seuls , les critères du bruit et de la pollution devraient être déterminants.  Mis à part le prix d’achat actuel (dépendant du volume de production )  le critère économique  est  favorable en terme d’entretien, de fiabilité  et de prix du kilowatt .Et, enfin, le critère de confort de conduite (souplesse, accélération et sécurité) est à l’avantage de la voiture électrique.  En mettant tous ces critères en balance, il est incompréhensible qu’aujourd’hui  la majorité des conducteurs privilégient encore le bruit, les gaz polluants et les saccades des moteurs thermiques poussifs. Cependant, il faut l’avouer,  la voiture électrique a un handicap. Elle ne fait pas « vroum-vroum » et ne régale pas les oreilles des fans de décibels.  Ne serait-il pas temps de changer de mentalité ?

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                  Genève,  le 13 janvier 2018

L’éboulement de la gravière du Saleve

La troupe Antigel a organisé, le 10 février 2018 , un son et lumière dans la gravière du Salève. Cauchemar des Genevois , ce lieu dévasté et défiguré a servi de décor à une mise en scène de fin du monde où l’éboulement survenu le samedi 11 novembre 2017 à 03h du matin aurait dû avoir sa place . En effet, ce jour-là, plusieurs milliers de mètres cube se sont détachés  de la face du Salève et sont tombés dans la zone  d’exploitation de la gravière. Seule la chance a évité des conséquences dramatiques.  Cet éboulement ( dont on voit la zone de décrochage au milieu de la falaise) est passé inaperçu. Les propos lénifiants du concessionnaire de la gravière qui a déclaré que tout était sous contrôle n’ont suscité aucun commentaire. Cependant , cet incident potentiellement très grave auraient dû remettre en cause les conditions d’exploitation de cette gravière avec des questions telles que :  Sécurisation du personnel ? Fragilisation de la falaise ?  Délitement par l’eau en absence de végétation ? Etendue des zones à risques ? Purge des zones dangereuses et avenir de cette exploitation ? Il est incompréhensible que personne n’ait demandé l’ouverture d’une enquête sur l’origine et les circonstances de l’événement ainsi que  sur la fiabilité du mode d’exploitation. Faudrait-il comprendre que les intérêts économiques sont trop importants ?

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                  Genève,  le 16  février  2018

No Billag et les mathématiques

A ceux pour qui les tables de multiplication n’inspirent qu’une vague mélodie sans les paroles,  à ceux que les identités remarquables font perdre leur identité, à ceux pour qui les dérivées sont synonyme de dérive, à ceux pour qui les cosinus font prendre la tangente, à ceux  qui pensent que Pythagore est un héros mythologique, je les implore de retenir une seule règle. Un nombre négatif multiplié par un nombre négatif donne un produit positif comme l’ennemi de mon ennemi est mon ami. Ainsi lorsque vous serez devant votre bulletin de vote pour défendre la qualité, la diversité et l’indépendance  de notre information, n’oubliez pas de voter NON à NO Billag car c’est voter OUI à la Suisse et à ses valeurs.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                          Genève,  le 15 février 2018

 

Le lynchage de Tariq Ramadan

Sur les plateaux de télévision, Tariq Ramadan  brillait par son aisance, son éloquence et sa rhétorique.  Ses prises de position , quelquefois ambigües et dérangeantes , lui ont valu de ne plus être invité. Cela n’a pas suffi  . La justice française  a décidé de lui porter le coup fatal . Sa mise en examen ( à laquelle il s’est rendu spontanément)  a débouché sur une incarcération aux prétextes fallacieux de risques  de fuite et de pression .  Les deux plaintes pour viol  proviennent de personnes dont les convictions sont pour le moins fluctuantes. L’une, qui reste anonyme, s’est convertie à l’islam. L’autre, après avoir été salafiste, a rejoint le mouvement  féministe tout en correspondant avec son violeur après les faits.  Sans mettre en doute ces témoignages,  une certaine prudence aurait dû prévaloir. D’autant plus que les nombreux appels  à la dénonciation n’ont pas permis d’obtenir d’autres plaintes. En Suisse, la presse a relayé les témoignages anonymes de quatre étudiantes qui  disent avoir été  victimes , il y a trente ans, de l’intellectuel musulman. Elles l’accusent d’avoir exercé sur elles une telle  emprise que leur consentement n’était pas « consenti ». Etrange concept. Cette emprise ne provient-elle pas de l’admiration aveugle et excessive pour une  personnalité brillante comme pour  une personne de pouvoir,  un chanteur ou un sportif ?  Claude François, Johnny Halliday, Jacques Chirac ou de nombreux  footballeurs  n’en ont-ils pas profité ? Dans ce » deux poids, deux mesures », il est difficile de ne pas voir dans le lynchage de Tariq Ramadan une occasion pour ses adversaires de l’anéantir définitivement. Dans ce climat délétère, il faut saluer le courage de Me. Marc Bonnant de s’exposer pour que la justice soit respectée.   

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                  Genève,  le  6 février  2018