Archives de catégorie : Europe

La perfide Albion prend le grand large

« Entre l’Europe et le grand large, l’Angleterre choisira toujours le grand large ». Ces paroles prémonitoires de Winston Churchill se concrétisent tristement aujourd’hui. Pourtant , en 1961, l’Angleterre en pleine crise avait sollicité son adhésion au Marché Commun .  En 1973, elle est devenue européenne en réussissant à préserver tous ses privilèges et prérogatives . Pendant quarante-sept ans, elle a profité de cette alliance et a retrouvé sa prospérité. Aujourd’hui , elle quitte l’Europe et rejoint le pourfendeur de celle-ci, Donald Trump.  Elle n’a été européenne que par pure opportunisme économique et s’est toujours alignée sur les Etats-Unis en toutes circonstances. Son départ a le mérite de clarifier la situation et de permettre de redéfinir les objectifs de l’Europe. Dénigrée et trahie, l’ Europe a cependant réussi à  sortir des nationalismes qui l’ont ravagée pendant le 20 eme siècle. La résurgence de ceux-ci avec la  trahison de l’Angleterre est une menace pour sa survie. Elle doit se préparer à la concurrence et à l’arrogance de la city de Londres dans le domaine de la finance et de la fiscalité. Libérée de l’obstruction  systématique de l’Angleterre en matière de politique étrangère, de défense et d’environnement et, aussi, affranchie du l’ultralibéralisme anglo-saxon et de ses lobbys financiers, l’Europe pourrait trouver un second souffle en s’inspirant peut-être du fédéralisme suisse . Avec sa diversité et sa richesse culturelle ,historique et géographique , elle pourrait devenir une référence humaniste dans un monde en mal de repères.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                       Genève, le 2 février 2020

 

Les voeux 2020 pour la planète

Comme un enfant hystérisé par le jeu Fortnite, Donald Trump a abattu un « méchant « avec un drone. Le général iranien Qassem Soleimani  a été froidement éliminé . Sa bravoure lors de la guerre contre l’Irak en 1980 lui avait valu le statut de héros national. Avec son assassinat, synonyme de déclaration de guerre, Trump provoque l’embrasement de la région. Cette cynique et humiliante provocation servira de terreau au terrorisme et donnera  raison à tous ceux qui qualifient  les Etats-Unis de Grand Satan. L’avènement d’un monde où les plus forts peuvent abattre d’un click de souris n’importe quel adversaire est une effrayante régression de notre civilisation. L’incompréhensible silence des démocraties européennes démontre  leur allégeance au plus fort. Leur recommandation de retenue  est une insulte au peuple iranien. Celui-ci a réélu un président modéré, Hassan Rohani , pour signer le traité de paix du 14 juillet 2015. Avec la forfaiture de Trump, les Iraniens se sont sentis trahis, lâchés, étranglés économiquement et , aujourd’hui, humiliés. La présidence de Trump rejoint les périodes les plus sombres de la courte histoire des Etats-Unis comme le massacre des Amérindiens, l’esclavagisme, le racisme, la compulsion à l’argent et la violence . A l’aube de l’année 2020, notre planète ( mis à part quelques pays inféodés) espère que le peuple américain élira son président avec sa conscience plutôt qu’avec son porte-monnaie. Il doit mettre dans la balance les pseudo-bons et aléatoires indices économiques américains et le bilan effroyable de la présidence de Trump pour l’humanité et pour la planète . Le peuple américain est capable de ce sursaut pour retrouver son honneur.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                            Genève, le 5 janvier 2020

IRAN Le diktat américain et l’asservissement européen

En réaction à la forfaiture américaine et en toute légitimité, l’Iran s’est retiré partiellement du traité nucléaire. Son président réformateur Rohani s’est battu contre les faucons du régime pour signer ce traité et permettre à l’Iran de s’ouvrir pacifiquement au monde. Il a scrupuleusement respecté tous ses engagements. En 2016, Donald Trump, avec un rictus haineux, a exhibé devant les médias le décret entérinant un ignominieux  reniement. L’Europe a émis une timide désapprobation et s’est « couché «  servilement devant les Etats-Unis. Pendant trois ans , Rohani a exhorté en vain les autres signataires à respecter leurs engagements. Aujourd’hui, il leur demande de se déterminer entre la lâcheté ( céder au chantage américain) et la dignité ( respecter une parole). En rejetant ce qu’elle qualifie d’ultimatum, l’Europe se déshonore  et devient spectatrice de l’hystérie belliciste de l’axe américano-israélo-saoudien.

En 2003 , Bush avait mis , La Corée du Nord , l’Irak et l’Iran dans l’Axe du Mal. Aujourd’hui ,Trump «  flirte » avec la Corée du Nord. Les Etats-Unis ont écrasé l’Irak en commettant un crime contre l’humanité. Reste l’Iran que les Etats-Unis tentent d’asphyxier. Cependant ils n’arriveront pas à leur fin. L’Iran avec ses 7000 ans d’histoire et sa population chaleureuse, instruite, cultivée et fière triomphera de la fourberie des Etats-Unis dont l’histoire de 300 ans n’est faite que d’ethnocide , de racisme, d’esclavagisme, de violence, de matérialisme et de compulsion à l’argent. L’Europe se grandirait à refuser le diktat américain et retrouverait une respectabilité en  honorant ses engagements.

 

Daniel Fortis                                                                                                             Genève, le 13 mai 2019

Les enseignements de l’incendie de Notre-Dame

La chronologie des événements de l’incendie de Notre-Dame est surprenante. A 18 h20  une alarme de détection de fumée se déclenche. Pendant 20 minutes, des investigations  sont entreprises. De façon incompréhensible, elles ne donnent aucun résultat. Les premières flammes déclenchent une deuxième alarme  à 18 h 40. A ce moment,  les pompiers sont alertés. Ils arrivent à 18 h 57 soit près de 40 minutes après la première alarme !! Leur combat contre le feu est déjà perdu. L’embrasement de la charpente est inexorable. Les moyens des pompiers sont totalement dérisoires . Ils assistent impuissants à la propagation du feu.  Avec un courage qui force notre admiration , ils sont réduits à arroser les parties en maçonnerie pour  les protéger de dégâts superficiels ( leurs destructions n’étant pas en cause ) et à maîtriser les poutres incandescentes tombées dans la nef. Sans minimiser leur action, il faut être objectif et reconnaître que le feu  ne s’est arrêté que parce que celui-ci n’avait plus de carburant. La déclaration objective et humble du capitaine des pompiers «  nous avons fait ce que nous pouvions faire » tranche avec le discours officiel . Celui-ci  cache mal le manque de réactivité et le défaut de procédure après la première alarme et, surtout, l’ impuissance absolue contre un  élément naturel comme le feu. Cela ne nous amène-t-il pas à faire une analogie avec le réchauffement climatique ? Le manque de réactivité de nos dirigeants face aux urgences environnementales est irresponsable . S’ ils ne réagissent pas aux  premiers signes d’alarme, ils deviendront totalement impuissants face à l’Inéluctable.

 

 

Daniel Fortis                                                                                                    Genève,  le 20 avril 2019

 

1914-1945 , l’Europe doit se souvenir.

Avec un gigantesque déploiement de moyens, les chefs d’Etat des pays de la Grande Guerre ( 1914 – 1918) ont commémoré et magnifié l’un des plus  abominables épisodes du XX siécle. Une guerre voulue et instrumentée par les Riches et les Puissants. Des peuples manipulés et trompés par une propagande mensongère et haineuse. Une « boucherie » organisée par des dirigeants planqués qui disposaient des soldats comme de la chair à canon. Des actions militaires absurdes relevant de  l’amour-propre des généraux. L’horreur des gaz toxiques. Le calvaire des gueules cassées . Les exécutions sommaires des pacifistes. Et , enfin, l’armistice du 11 novembre qui n’a été qu’un diktat  pour écraser et humilier les vaincus et qui est responsable de l’avènement de la folie nazie. Cent ans après, qui peut être fier d’une telle « victoire » ? Doit-on perpétuer la commémoration de celle-ci et donner une tribune à un personnage comme Trump qui, lui aussi , pose à l’Europe le diktat de renoncer à une défense européenne et de payer pour une armée  en complète allégeance aux Etats-Unis , l’Otan.  Son arrogance mégalomaniaque et son absence dédaigneuse au forum sur la Paix tétanisent les Européens . « On ne peut pas se fâcher avec les Etats-Unis » disent-ils. Cela,  ne rappelle-t-il pas  les discours de Chamberlain et de Daladier de retour de Munich en 1938 qui disaient qu’« on ne peut pas se fâcher avec Hitler « ?  L’Europe qui a tant souffert de son abdication  doit se souvenir et résister à la résurgence des nationalismes.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                     Genève, le 12 novembre 2018

 

Trump et Kim, la mascarade

Après des années d’insultes et de menaces réciproques, la poignée de main entre Donald Trump et Kim jung-un scelle la  respectabilité d’un pays de l’Axe du Mal ! Il manque cependant sur la photo Moon Jae-in, le président sud-coréen . Il  lui revient tout le mérite d’être l’initiateur du rapprochement intercoréen. Il a aussi convaincu le paranoïaque et versatile président américain de revenir sur sa décision de boycott de la semaine passée. Sa présence aurait été  légitime. Cependant, elle aurait fait de l’ombre aux deux mégalomaniaques.  Quelles enseignements pouvons-nous  tirer de cette mascarade ? Premièrement, la possession de la bombe atomique est le sésame pour être respecté  sur la scène internationale. Elle permet de rentrer dans le club des puissances qui s’octroient le droit de régenter le monde. Deuxièmement, la nouvelle diplomatie  se caractérise  par  des éructations de tweets outranciers, vantards et menaçants. Troisièmement, les instances démocratiques internationales sont marginalisées et spectatrices  des volte-faces de deux malades mentaux en proie à leur soif de puissance. Ainsi , en quelques mois, le président américain a détruit haineusement le traité de paix avec l’Iran . Il a poignardé dans le dos ses amis européens et il a réhabilité sans condition une  dictature qui va rejoindre Israël et l’Arabie saoudite dans son clan. Face à ces provocations , l’Europe doit rentrer en résistance et proposer une alternative à la cynique politique américaine.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                               Genève,   le 13 juin 2018

Le forum munichois de Davos

En 1938, les démocraties européennes terrorisées par la menace de «  Deutschland  über alles »multipliaient les conférences pour tenter de calmer les démences d’un monstre en fermant les yeux sur ses crimes. A l’issue de la  conférence de Munich , Chamberlain et Daladier trompaient  l’ opinion publique en déclarant qu’ils avaient dompté « la bête ». Quelle erreur et quelle désillusion !

En 2018, les organisateurs du Forum de Davos ont déroulé le tapis rouge à Donald Trump en fermant les yeux sur  ses outrances, ses invectives, sa confusion mentale ,son obscurantisme climatique et son obsession  de « America first » ( dont la gravité, il va sans dire, n’a pas de commune  mesure avec les crimes nazis ) . Les participants ont  tenté , à force de courbettes et de flatteries à son égard, de préserver  leurs marchés  économiques et  financiers aux Etats-Unis. Ils ont été obligés de subir le discours  minable , lu sur un prompteur , d’un président  arrogant vendant sa camelote de dumping fiscal. Il a tenté puérilement de nous  amadouer avec  « la Suisse est  formidable » mais il n’a fait aucune concession et n’a pris aucun engagement.   Contrairement à l’enfumage de la conférence de Munich, le Forum de Davos aura eu le mérite de mettre en évidence la complète inaptitude de ce président  et  de permettre à l’Europe de s’émanciper en se fédérant autour de personnalités comme  Macron pour animer un nouvel  état d’esprit .  Le temps  de la diplomatie « munichoise » est révolu .Le temps de la résistance est arrivé.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                Genève,  le 28 janvier 2018

L’ingérence américaine en Iran

Une partie de la société iranienne manifeste  contre ses conditions de vie. Elle a élu le président Rohani pour initier une politique d’ouverture et de réforme. Dans ce but, le gouvernement iranien s’est engagé à renoncer à développer l’arme nucléaire pour obtenir des pays occidentaux la levée de l’embargo . L’immense espoir  a été anéanti par le président Trump qui a renié la parole des Etats-Unis . Piétinant les principes du droit international, il a unilatéralement abrogé cet accord et a exercé un chantage ignoble sur les banques qui cautionneraient les investissements  en Iran. Comme toujours , les banques européennes se sont soumises, condamnant ainsi toutes les ouvertures économiques vers l’Iran. La trahison de l’Occident envers l’Iran  ruine son économie  et accable sa population. Une petite fraction non-identifiée de celle-ci instrumentalise le mécontentement pour semer la violence. Qui se trouve derrière cette violence ?  Au siècle passé, l’ingérence américaine en Iran n’a pas cessé :  Corruption des divers pouvoirs par les compagnies pétrolières,  coup d’état fomenté par les services secrets pour renverser la république du premier ministre Mossadegh ,  soutien à la dictature du shah et à sa police, soutien à l’agression irakienne contre l’Iran. Aujourd’hui,   Trump inonde les réseaux de ses tweets belliqueux  pour  enflammer le pays et proposer son aide au renversement du régime. Cette ingérence primaire sera rejetée par les Iraniens qui se rassembleront autour de leur culture et de leur histoire millénaire.  

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                         Genève, le 3 janvier 2018

Les attentats de Barcelone

Alors que l’auteur de la tuerie est en fuite et que son identité et ses motivations relèvent de suppositions, les enquêteurs bâtissent un scénario autour d’une cellule terroriste de douze personnes . Pourquoi écartent-ils  l’hypothèse d’un psychopathe solitaire qui loue une camionnette et fonce dans la foule ? Quels liens trouvent-ils avec le groupe de « terroristes » de Cambrils ? Pourquoi ceux-ci ont-ils été tous abattus alors qu’une vidéo montre la reddition de l’un d’eux ? Comment expliquer la destruction totale de leur maison ? Comment peut-on porter crédit aux revendications tardives du site de propagande de l’EI, étrangement protégé (ou noyauté) par nos services ? Elles permettent le montage d’un scénario où tous les acteurs sont morts ou en fuite et où les indices matériels sont détruits. La désignation d’un ennemi extérieur permet d’exonérer  notre société de la responsabilité de la déviance d’individus violents et psychopathes. La plupart de ceux-ci n’ont jamais fréquenté la mosquée, boivent du vin, consomment de la drogue et rêvent de voitures de luxe. Nos gouvernements préfèrent accuser la nébuleuse islamiste pour renforcer la surveillance et les mesures sécuritaires. Celles-ci soutiennent  aujourd’hui des pans entiers de l’ économie et de l’administration ; armée, police, industries d’armement, services de sécurité et cellules antiterroristes qui entretiennent la peur pour justifier leur activité. Cette politique de l’état d’urgence ne sert qu’à alimenter la spirale infernale de la défiance de l’Autre et est le ferment de la dérive des « Paumés » de la société.
Daniel Fortis
1231 Conches                                                                                                        Genève, le 20 août 2017

Un G7 affligeant

Le  G7  s’est tenu le 26-27 mai à Taormina dans  un camp retranché sous haute protection. Cette gouvernance mondiale autoproclamée a accouché d’un pitoyable échec dont  l’indicible président américain Trump porte la responsabilité. Sans aucune légitimité, si ce n’est la légitimité des Riches ou de ceux qui s’octroient le droit de posséder la bombe atomique, ce sommet a été une pantalonnade et une insulte au reste du monde. En effet, ces sept pays, Etats-Unis, Canada, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France et Italie ne représentent que 760 millions d’habitants soit 10% de la population mondiale. Ils se sont arrogé cependant le droit de décider à la place des 90% du reste de la planète. La Russie n’a pas été invitée sous prétexte d’avoir annexé la Crimée après un plébiscite de sa population. La Chine (1400 millions), pourtant signataire du traité de Paris, était absente. L’Inde, 20 fois plus peuplée que la France,  est traitée de quantité négligeable alors qu’elle est exposée à un risque climatique extrême. Le communiqué final de cette conférence est affligeant. Sur le climat, l’obstruction des Etats-Unis aurait mérité une condamnation unanime pour parjure. Sur les drames migratoires ( dont ils sont directement responsables), les participants n’y ont fait aucune allusion alors qu’à quelques kilomètres des corps d’immigrés s’échouent sur les plages siciliennes. Sur le terrorisme, alors là, ces  marchands d’armes sont unanimes pour augmenter les budgets militaires .Ils savent pourtant que les armes sont inopérantes dans cette guerre. Ils ne veulent pas comprendre que leur dictature arrogante sur la planète est à l’origine des « vocations » terroristes.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                  Genève, le 29 mai 2017