No-Billag et la règle mathématique

A ceux pour qui les tables de multiplication n’inspirent qu’une vague mélodie sans les paroles,  à ceux que les identités remarquables font perdre leur identité, à ceux pour qui les dérivées sont synonyme de dérive, à ceux pour qui les cosinus font prendre la tangente, à ceux  qui pensent que Pythagore est un héros mythologique, je les implore de retenir une seule règle. Un nombre négatif multiplié par un nombre négatif donne un produit positif comme l’ennemi de mon ennemi est mon ami. Ainsi lorsque vous serez devant votre bulletin de vote pour défendre la qualité, la diversité et l’indépendance  de notre information, n’oubliez pas de voter NON à NO -Billag car c’est voter OUI à la Suisse et à ses valeurs.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                 Genève,  le 15 février 2018

 

Son, lumière et éboulement

La troupe Antigel a organisé, le 10 février 2018 , un son et lumière dans la gravière du Salève. Cauchemar des Genevois , ce lieu dévasté et défiguré a servi de décor à une mise en scène de fin du monde où l’éboulement survenu le samedi 11 novembre 2017 à 03h du matin aurait dû avoir sa place . En effet, ce jour-là, plusieurs milliers de mètres cube se sont détachés  de la face du Salève et sont tombés dans la zone  d’exploitation de la gravière. Seule la chance a évité des conséquences dramatiques.  Cet éboulement ( dont on voit la zone de décrochage au milieu de la falaise) est passé inaperçu. Les propos lénifiants du concessionnaire de la gravière qui a déclaré que tout était sous contrôle n’ont suscité aucun commentaire. Cependant , cet incident potentiellement très grave auraient dû remettre en cause les conditions d’exploitation de cette gravière avec des questions telles que :  Sécurisation du personnel ? Fragilisation de la falaise ?  Délitement par l’eau en absence de végétation ? Etendue des zones à risques ? Purge des zones dangereuses et avenir de cette exploitation ? Il est incompréhensible que personne n’ait demandé l’ouverture d’une enquête sur l’origine et les circonstances de l’événement ainsi que  sur la fiabilité du mode d’exploitation. Faudrait-il comprendre que les intérêts économiques sont trop importants ?

 

Daniel Fortis                                                                      Genève,  le 16  février  2018

 

Le lynchage de Tariq Ramadan

Sur les plateaux de télévision, Tariq Ramadan  brillait par son aisance, son éloquence et sa rhétorique.  Ses prises de position , quelquefois ambigües et dérangeantes , lui ont valu de ne plus être invité. Cela n’a pas suffi  . La justice française  a décidé de lui porter le coup fatal . Sa mise en examen ( à laquelle il s’est rendu spontanément)  a débouché sur une incarcération aux prétextes fallacieux de risques  de fuite et de pression .  Les deux plaintes pour viol  proviennent de personnes dont les convictions sont pour le moins fluctuantes. L’une, qui reste anonyme, s’est convertie à l’islam. L’autre, après avoir été salafiste, a rejoint le mouvement  féministe tout en correspondant avec son violeur après les faits.  Sans mettre en doute ces témoignages,  une certaine prudence aurait dû prévaloir. D’autant plus que les nombreux appels  à la dénonciation n’ont pas permis d’obtenir d’autres plaintes. En Suisse, la presse a relayé les témoignages anonymes de quatre étudiantes qui  disent avoir été  victimes , il y a trente ans, de l’intellectuel musulman. Elles l’accusent d’avoir exercé sur elles une telle  emprise que leur consentement n’était pas « consenti ». Etrange concept. Cette emprise ne provient-elle pas de l’admiration aveugle et excessive pour une  personnalité brillante comme pour  une personne de pouvoir,  un chanteur ou un sportif ?  Claude François, Johnny Halliday, Jacques Chirac ou de nombreux  footballeurs  n’en ont-ils pas profité ? Dans ce » deux poids, deux mesures », il est difficile de ne pas voir dans le lynchage de Tariq Ramadan une occasion pour ses adversaires de l’anéantir définitivement. Dans ce climat délétère, Me Marc Bonnant , avocat de la défense , mérite notre estime. Il ne craint pas de s’exposer aux critiques les plus dures pour faire respecter la justice.   

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                   Genève,  le  6 février  2018