Archives mensuelles : janvier 2004

L’art de noyer le poisson

Le mercredi 28 janvier nous avons subi le délayage pseudo-juridique d’un lord sur les circonstances de la « mort » de M. David KELLY inspecteur en désarmement en Irak.

Ce rapport est un monument d’hypocrisie et une insulte à la justice.

Tony BLAIR n’aurait pas menti !!! Alors que tout le monde pressentait la manipulation autour du danger des ADM irakiennes, le premier ministre répétait obsessionnellement que l’Irak pouvait déployer en quarante cinq minutes les armes les plus effroyables. A-t-il cru en toute bonne foi les rapports tendancieux de ces services ? Il faudrait donc en conclure que le caniche de M. BUSH est d’une naïveté qui confine à la bêtise.

Cette parodie de recherche de la vérité déshonore la justice d’un pays dont les citoyens sont vraiment pris pour des c…

M. David KELLY réputé pour son intégrité et sa rigueur se serait donc suicidé ? Il n’aurait pas pressenti les remous suscités par ses déclarations ? Il n’aurait pas supporté le déshonneur d’avoir dit une vérité connue de tous ?

Ces questions n’ont pas effleuré Lord HUTTON qui a préféré ne pas soulever la chape de plomb que les services de police ont étendu sur les circonstances de la mort de M. KELLY.

Est-ce que l’évocation de l’assassinat de M. KELLY est plus ridicule que l’évocation des ADM de l’Irak ? Certainement pas.

Aux oubliés de Guantanamo

Vous, les rescapés du bombardement de la prison de MAZAR-EL-CHARIF.

Vous, les rescapés des camions de la mort.

Vous, les rescapés des massacres des moudjahidin.

Vous avez été mis en cage comme des animaux parce que vous avez cru trop fort aux dogmes de votre religion.

Vous portez des chaînes aux pieds mais vous ne savez pas de quoi vous êtes accusés.

Vous êtes brisés, humiliés et torturés depuis deux ans pour expier le drame du 11 septembre que la plupart de vous ignorait.

Vous êtes traités comme des sous-hommes au mépris des droits les plus élémentaires.

Vous êtes oubliés par toutes les instances internationales qui ne veulent pas froisser la susceptibilité des maîtres du monde.

Vous êtes victime de cette machination planétaire tendant à démontrer l’omniprésence du terrorisme. Le délire sécuritaire obsessionnel qui en résulte permet à des cow-boys texans, sous prétexte de la lutte contre le terrorisme, d’asservir le monde à leur nouvel ordre mondial débile : Les Bons et les Méchants, les Puissants et les Faibles, les Riches et les Pauvres, les Pollueurs et les Pollués, les Manipulateurs et les Manipulés.

Ce monde binaire ne peut que susciter la révolte et la violence. Et toutes les îles de notre planète ne suffiront pas à enfermer et à museler ceux qui s’opposeront à cette nouvelle dictature.

Un homme seul

Seul devant une procureur hystérique, seul devant des juges partiaux, seul devant mille cinq cents fonctionnaires à l’affût de n’importe quel témoignage accablant, seul devant un tribunal inféodé à l’OTAN, un homme se défend.

Seul devant l’Histoire qui a déjà condamné tous les dirigeants communistes, seul devant la responsabilité de la tragédie yougoslave, seul devant son peuple humilié qui, après l’avoir élu trois fois, l’a livré contre des dollars, un homme justifie ses actions.

Seul devant des accusations délirantes, seul devant des médias qui l’ont diabolisé, un homme se bat contre la désinformation, les mensonges et la pensée unique.

Ce procès ressemble à ceux que le régime stalinien faisait aux opposants à la pensée unique de l’époque, le communisme.

Avec son monolithisme et son entêtement M. Slobodan Milosevic se bat contre son inéluctable condamnation comme il l’avait fait contre le démantèlement irresponsable de la Yougoslavie fomenté par l’Occident. Son combat courageux et désespéré n’est pourtant pas vain. Les médias commencent à nuancer leur propos sur le bien-fondé de la « croisade » du Bien contre le Mal de la communauté internationale et ouvrent leurs yeux sur la brutalité unilatérale de l’OTAN et les résultats dérisoires pour la paix dans cette région meurtrie.

Lorsque M. Slobodan Milosevic a appris que trois procès distincts allaient être intentés contre lui, il a dit  » trois mensonges ne font pas une vérité « . Il s’est certainement trompé car une vérité inattendue surgira transformant l’accusateur en accusé et l’accusé en accusateur.