Les nouveaux assistés de l’Etat-Providence

Il y a un peu plus d’une année, les néolibéraux plastronnaient et fustigeaient tous ceux qui osaient émettre des réserves sur les privatisations, le dumping fiscal, la loi du marché, les délocalisations et la spéculation. Toute intervention de l’Etat était condamnée. Les subventions et les aides sociales étaient décriées. Ces donneurs de leçon arrogants recommandaient à la population de « travailler plus pour gagner plus ». Eux, naturellement, ne levaient le petit doigt que pour cliquer avec la souris de leur ordinateur des ordres boursiers qui leur assuraient des profits indécents. Mais ce grand monopoly, gangrené par le mensonge, la tromperie, la cupidité et le cynisme, s’est logiquement effondré.

L’inéluctable chute n’a été stoppée que par un odieux chantage : « Si vous nous laissez tomber, ce sera l’apocalypse ».

Les gouvernements ont cédé en cautionnant avec des centaines de milliards un système complètement perverti.

L’Etat-Providence vient en aide non seulement aux actionnaires mais aussi aux grands prédateurs financiers multimilliardaires qui coulent des jours heureux dans des paradis fiscaux des Caraïbes.

Ces nouveaux assistés, autrefois pourfendeurs de l’Etat-Providence, oublieront bien vite que ce sont nos impôts qui les ont sauvés, et recommenceront à piller la planète.

Si une réforme profonde n’est pas faite en remettant la finance au service de l’économie et non pas l’économie sous le joug de la finance, cette crise n’aura servi à rien.

La fin de l’ultralibéralisme

Il y a un peu plus d’un an, les inconditionnels de l’ultralibéralisme plastronnaient et pourfendaient tous ceux qui osaient émettre la moindre critique de ce modèle économique et financier. Celui-ci leur avait permis de s’octroyer des gains faramineux. Obsédés par les profits à court terme, obnubilés par la concurrence et la sous-enchère fiscales et traumatisés par le percepteur, ils étaient fanatiquement opposés à toute régulation de l’Etat.

Entretemps, les subprimes ont dynamité le monde de la finance. Devant le désastre, les mêmes qui étaient opposés à tout interventionisme étatique implorent aujourd’hui les banques centrales de leur venir en aide avec l’argent des contribuables. Ils sont prêts à tout pour sauver un système complétement perverti qui ne mérite que l’implosion