Archives de catégorie : divers

L’exode fiscal

De riches contribuables ont choisi de quitter Genève vers des paradis fiscaux à Monaco, à Londres, à Dubaï (TdG du 29 juin 2015). Quelle piètre attitude vis-à-vis de la ville dont le système politique, social, institutionnel et sécuritaire ainsi que le rayonnement et les infrastructures leur ont permis de développer leurs affaires et de constituer leurs fortunes. Si la volatilité de certains contribuables étrangers qui avaient choisi Genève pour son attractivité fiscale quittent aujourd’hui notre ville, cela s’inscrit dans le contexte du tourisme fiscal mondialisé malheureusement non sanctionné. Il n’en est pas de même éthiquement pour les contribuables genevois liés à l’immobilier et au notariat qui choisissent l’exode fiscal. Ils ont bénéficié pendant de nombreuses années de la flambée des prix due aux exilés fiscaux étrangers. Leur obsession d’échapper au fisc , la peur de l’échange automatique d’informations et leur cupidité leur font oublier la reconnaissance qu’ils devraient manifester à leur canton.

Crash A320: l’info en question

La tragédie de l’A 320 de la compagnie Germanwings a suscité la stupeur , l’effroi et l’incompréhension. Dans un climat émotionnel extrême, les médias nous ont donné en permanence des informations fluctuantes au gré des témoignages, des déclarations, des avis d’expert et des analyses. L’enquête avec ses rebondissements ressemblait à une série télévisée américaine dans laquelle chacun peut trouver sa vérité. Pendant une semaine, les divers scénarios se sont succédés : problèmes techniques, dépressurisation, faute de pilotage, terrorisme et, enfin suicide. A chaque scénario, les reporters trouvaient des témoignages ou avis d’experts pour accréditer la version du jour jusqu’au moment où la police, le ministère, le procureur ou une commissions n’infirment cette version. Alors les journalistes remisaient leur scénario et recherchaient d’autres témoignages concordants avec la nouvelle version. Ce journalisme de l’événementiel en temps réel est incapable de faire des investigations indépendantes, de vérifier ses sources et de faire une synthèse. A sa décharge, il est empêché en haut lieu de faire ce travail avec la sécurisation systématique par la police des scènes du drame et des sources d’informations. Il en est réduit à faire la caisse de résonnance des déclarations officielles du gouvernement. La version finale établie par celui-ci est soigneusement choisie pour ne pas affecter les milieux économiques ou politiques et pour ne pas nuire à la cohésion nationale. C’est ainsi que la version du suicide du copilote est apparue la moins dommageable pour les divers intérêts en jeu. Les médias deviennent alors la courroie de transmission des annonces des forces qui nous gouvernent ou, plutôt, qui nous manipulent.

Le devoir d’oubli

Les vainqueurs de la Grande Guerre ( 1914 – 1918) commémorent le 11 novembre l’un des plus abominable gâchis du vingtième siècle. Une guerre voulue et instrumentée par les Riches et les Puissants. Des peuples manipulés et trompés par une propagande mensongère et haineuse. Une « boucherie » organisée par des dirigeants planqués qui disposaient des soldats comme de la chair à canon. Des actions militaires absurdes relevant de l’entêtement et de l’amour-propre des généraux. L’horreur des gaz toxiques. Les gueules cassées et leur calvaire. Les exécutions sommaires des objecteurs de conscience et des pacifistes. Et, pour finir, l’armistice du 11 novembre qui n’a été qu’un diktat des vainqueurs pour écraser et détruire les vaincus. Cette humiliation du peuple allemand est responsable de l’avènement de la folie nazie.
Cent ans après, qui peut être fier d’un telle victoire ?
Le devoir d’oubli ne devrait-il pas remplacer le devoir de mémoire ?

IMPRESSIONS D’INDE

IMPRESSIONS D’INDE
RAJASTHAN NOVEMBRE 2011

Pays de tous les superlatifs, de tous les contrastes et de toutes les contradictions. Rien n’est ici banal, insignifiant ou médiocre. La normalité de nos valeurs est ici complètement bouleversée. Comme dans une séance d’ayurveda, notre corps et notre tête sont massés, frottés, frappés sans ménagement entre bien-être et souffrance. On en ressort sonné mais serein.
La succession d’images, d’impressions où se mêlent bonheur de vivre et souffrance submerge notre conscience à tel point que le trop-plein se déverse dans notre inconscient. Des nuits agitées restituent dans des rêves délirants, cette surabondance de ressenti.
Malgré le foisonnement incohérent des images, les scènes de la vie quotidienne obéissent à une ordonnance où chaque personne et chaque chose a un sens. Des hommes cheminent le long des routes sans but apparent, toute sorte de véhicules poussifs et vétustes circulent dans un flux tortueux et bruyant mais laminaire, des enfants aux sourires radieux manifestent leurs exubérances, les femmes aux saris de couleurs flamboyantes cheminent avec une démarche princière à côté de mendiants dans une déchéance extrême et des vaches alanguies regardent placidement les agitations de la foule. La vie s’écoule simplement, sans agressivité et sans compétition. La circulation avec ses dépassements effectués dans des conditions apparemment périlleuses, devient une sorte de ballet accompagné par un concert de klaxon à la signification bien précise. Aucun agent de circulation, aucune priorité, aucune agressivité, aucun vroum-vroum d’excités macho, mais, l’attention, le respect de l’autre et une vitesse modérée pour réagir en toute circonstance.

Immense pays qui a su intégrer, assimiler et faire cohabiter toutes les cultures et toutes les religions. La tolérance et la sagesse ont permis cette cohabitation. Cet admirable et fragile équilibre risque cependant d’être submergé par le « tsunami » de la modernité et du matérialisme occidental. Toutes les publicités sont réalisés avec des modèles indien « occidentalisés » et provocants. Le cinéma et la télévision indienne sont pollués par des émissions débiles inspirées par notre civilisation. La société traditionnelle indienne résistera-t-elle au mirage occidental ?

Ce pays envoûtant et fragile doit continuer de souffler le « chaud et froid » sur nos consciences pour mieux nous faire comprendre la grandeur et la fragilité de notre condition humaine.

Délire sécuritaire

Délire sécuritaire

  

Alors que des centaines de volcans à cet instant même expulsent des cendres volcaniques, au quatre coins du monde, un petit volcan islandais sème la panique en Europe et cloue au sol tous les avions. Curieusement, les cendres de ce volcan ne s’attaquent exclusivement qu’aux réacteurs des avions. Bizarre.

 

Nos voitures à combustion atmosphérique et nos alvéoles pulmonaires rien. Bizarre.

 

A l’origine de ce délire sécuritaire, la menace de répétition du seul incident répertorié il y a 14 ans (qui n’a fait aucune victime). Les réacteurs d’un avion s’étaient éteints en traversant un nuage volcanique. La densité de particules volcaniques qu’il a traversé devait être d’environ 50.000 fois plus importante que la densité disséminée sur les 10.000.000 km 2 de l’Europe. L’absurdité de ces mesures sécuritaires est équivalente à l’absurdité d’une interdiction de baignade aux enfants mineurs dans une piscine dans laquelle on aurait déversé une bouteille de vin.

 

Cette hystérie sécuritaire pose des questions. Qui a décidé en premier l’interdiction de vol ? Sur la base de quelle norme ? Quelle localisation des prélèvements ? Où sont les rapports d’expertise (réalisés en l’espace de quelques heures) ?

 

Pourquoi, sur des bases aussi aléatoires et ténues, tous les aéroports ont fermé les uns après les autres. Qu’en est-il de la cohabitation des avions et des oiseaux responsables d’un très grand nombre de catastrophiques aériennes ? Et, enfin à qui profite ce délire sécuritaire ? Les yoyo boursiers des actions des compagnies aériennes nous en diront plus.

 

 

L éviction de GORBATCHEV

L’éviction de GORBATCHEV.

 

  

L’Europe a fêté avec magnificence la chute du mur de Berlin. Sur l’avant-scène, l’omniprésent SARKOZY (qui, se levant le 9 novembre 1989 fut le seul à anticiper cet événement historique !) paradait. En arrière-plan, sur un « strapontin », Mikhaïl GORBATCHEV écoutait ceux qui lui volaient le mérite de cette libéralisation. Son action admirable pour desserrer, sans effusion de sang, l’étau du totalitarisme communiste n’a jamais été reconnu. Pire, dans les deux ans qui ont suivi la chute du mur, tous les pays occidentaux et le Fond monétaire international ont tout fait pour écarter GORBATCHEV du pouvoir. Le capitalisme triomphant voulait le démantèlement de l’URSS et la privatisation des entreprises russes. Pour parvenir à leurs fins, les Occidentaux ont préféré une marionnette avinée, Boris ELTSINE. Celui-ci, aveuglé par le mirage de la société de consommation, a démantelé son pays, ses valeurs sociales et bradé à ses petits copains les fleurons de l’industrie russe avec la bénédiction des milieux financiers occidentaux. Le rendez-vous avec l’Histoire a été manqué en imposant du jour au lendemain, un nouveau totalitarisme, celui du capitalisme.

 

 

OTAN

OTAN : ça sert à quoi

  

A l’occasion du soixantième anniversaire de l’OTAN, ses dirigeants ont été interrogés sur le statut, la légitimité et les buts de cette machine de guerre inféodée aux   Etats-Unis. Après les réponses lénifiantes telle que la défense de la démocratie dans le monde, ils ont évoqué l’argument-massue : la lutte contre le terrorisme avec son mythe fondateur du 11 septembre (dont la version est de plus en plus contestée). Que n’a-t-on pas fait au nom de cette lutte ? Guerres, massacres, occupation, emprisonnement arbitraire et torture. A Strasbourg, les Black Blocks ( pourtant connus de tous les services de police) ont continué de sévir en toute impunité. Leur vandalisme a permis de discréditer les mouvements pacifistes opposés à l’OTAN et justifier la répression de ceux-ci. L’arrogante armée de l’Occident échappe à tout contrôle démocratique. Elle ignore les résolutions de l’ONU et autolégitimise toutes   ses actions. Elle ressemble à celle des Croisés du 11ème siècle qui, au nom de la chasse aux Infidèles et aux Hérétiques,   n’a apporté que désolation et malheur. La mission civilisatrice que se donne l’OTAN en Afghanistan est un leurre pour masquer sa véritable mission. Celle de défendre un nouvel ordre mondial basé sur une dictature économique, culturelle et militaire.

 

 

1300 Palestiniens pour exemple

1300 Palestiniens pour l’exemple

  

Un récent livre de Jacques Chessex rencontre un grand succès. « Un juif pour l’exemple ».

 

Le crime abominable d’un juif par des jeunes nazis à Payerne en 1942 nous rappelle d’avoir toujours à l’esprit que toute société peut engendrer des monstres. La déshumanisation de l « Autre », sa soi-disante fourberie ou malfaisance, sa dévalorisation « raciale » conduisent à la banalisation de l’horreur. De la même façon il faut dénoncer la banalisation des morts de Gaza. La déshumanisation des victimes palestiniennes considérées comme des dommages collatéraux et la différence de « prix » entre une vie israélienne et palestinienne banalisent des crimes de guerre que le monde entier feint de ne pas avoir vu. La « correction » infligée à la population de Gaza appelée « Plomb durci » aurait du s’appeler « 1300 Palestiniens pour l’exemple »

Brillants avocats pour piètre cause

Brillants avocats pour piètre cause

  

 

Des ténors du barreau genevois se sont manifestés contre l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Leur croisade va jusqu’à prêcher l’incivilité en refusant de se soumettre. Alors que la plupart des fumeurs et non-fumeurs adhèrent à cette interdiction, ces irréductibles brandissent l’étendard de la LIBERTE. Leur indignation et leur combat d’arrière-garde est ridicule. Ils devraient mettre leur talent au profit de cause plus noble. Ils préfèrent défendre le droit de fumer. Ils sont sûrs de susciter une mini-polémique racoleuse et stérile. Les médias leur offriront des pages entières avec leur photo. Cela leur permettra d’entretenir leur égo dejà surdimensionné

La judicieuse programmation de la TSR

L’opportune programmation de la TSR

 

Le lundi 10 décembre, la TSR a programmé le film « GROUNDING » sur la débâcle de la compagnie « SWISSAIR ». Le même jour, M. OSPEL, le grand « stratège » financier, annonçait sans état d’âme que l’UBS, sous sa présidence, avait perdu (provisoirement) une quinzaine de milliards de francs dans l’effondrement prévisible du marché hypothécaire américain. Quelle coïncidence révélatrice ! Elle permet de mettre en parallèle l’incompétence et la rouerie du monde financier.

Le mardi 2 octobre 2001, alors que tous les avions de Swissair étaient cloués au sol,

M. OSPEL se déclarait injoignable pour M. CORTI, le patron de Swissair, qui le suppliait de sauver notre symbole national d’un ignominieux, humiliant et honteux naufrage en débloquant 150 millions de francs. Cette somme ne représentait que des « peanuts » par rapport à la somme cent fois plus grande que l’UBS, fascinée par les profits à court terme, vient de dilapider en une année.

Au même moment, ce 2 octobre 2001, dans les aéroports du monde entier, les chefs de cabine de notre compagnie demandaient aux passagers de descendre de l’avion après les avoir informés que la compagnie d’aviation de l’un des pays les plus riches du monde ne pouvait plus payer le kérosène de ses avions. Alignés à la sortie de l’avion, têtes baissées, mortifiés et larmoyants, les pilotes et les équipages ont vu défiler sous les railleries et les insultes les passagers interloqués par cette situation ubuesque. Avec l’effondrement de ce mythe identitaire, l’humiliation et la honte ont submergé tous les Suisses sauf, les milieux financiers concernés et leurs dirigeants dont le silence arrogant et le cynisme lors du procès de Bülach ont été écœurants. Une nouvelle réconfortante pour finir ; M. OSPEL n’aura pas de bonus cette année.