Un nouveau souffle pour l’Europe

Libérée de l’obstruction systématique de l’Angleterre en matière de politique étrangère, de transparence fiscale, de  défense et d’environnement, l’Europe pourra enfin mieux  affirmer son identité et ses idéaux après son divorce avec la « vieille » Angleterre. Ce pays n’a jamais été européen et s’est toujours aligné sur les Etats-Unis auxquels il pourra demander son adhésion comme cinquante-et-unième Etat.

Quant à l’Europe, elle doit saisir sa chance et se redynamiser autour de ses valeurs. S’affranchir de l’ultralibéralisme anglo-saxon et de ses lobbys, quitter l’Otan, soigner sa russophobie et son islamophobie, résister à la big-datarisation et à notre flicage au nom de la lutte contre le terrorisme. Mais, aussi, réformer ses institutions, sanctionner les dérives populistes et ultranationalistes de certains de ses membres, réduire et dynamiser son mammouth bureaucratique et défendre les valeurs humanistes et environnementales.

Elle peut s’inspirer du modèle suisse en mettant en évidence sa diversité culturelle, linguistique, géographique et ses valeurs communes à travers sa riche et mouvementée histoire. Instaurer un mode de communication autre que la dictature de l’anglais qui n’est plus aujourd’hui une langue européenne. Souvenez-vous de l’espéranto, cette langue aux racines diverses inventée par un Polonais, Ludwik Zamenhof en 1887. Elle aurait pu être le ciment de l’Europe. Malheureusement, elle a été combattue par les régimes conservateurs et fascistes. De telle initiative sont nécessaires pour donner un nouveau souffle à l’Europe.

 

Daniel Fortis                                                                                                      Genève, le 1er juillet 2016

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LA CULTURE-FOOT

 

A l’occasion de la grand-messe de l’Euro de foot, votre journal (TdG du 4-5 juin) a consacré six pleines pages de squizz et de jeux pour les  fans . En première page, huit photos de tatouage, de barbe, d’amygdales, de boucles d’oreille et de nombril sont à attribuer aux diverses vedettes du football. Les réponses gagnantes sont les amygdales de Zlatan  Ibrahimovic et le nombril de Xherdan  Shaquiri. En deuxième et troisième pages, un jeu de l’oie avec des questions telles que « Quelles sont les attitudes de l’entraineur anglais Roy  Hodgson  sur le banc de touche : fume-t-il, crache-t-il ou jure-t-il ?  En quatrième page, dix citations de footballeurs qu’il faut restituer à leurs auteurs ( l’une des plus élégantes : Viens chez moi et tu verras si  je suis homosexuel. Et ramène ta sœur aussi….  ). Et, le plus érudit sera celui qui aura attribué cette citation au semi-Dieu philosophe Zlatan. A la cinquième page, l’apologie du foot à travers les réseaux sociaux, les applications, les jeux , les paninis et autres qui rapportent des millions aux dirigeants de la FIFA. Enfin, dans la dernière page de ce supplément week-end, il est proposé aux enfants, pour développer leur sens de la sportivité, un découpage pour habiller leur équipe honnie qu’ils doivent piquer d’aiguilles façon vaudou. N’a-t-on pas atteint les sommets de la vulgarité ? On peut en douter en voyant ces millions de supporters avinés et vociférants  et douter aussi de l’avenir de notre prétentieuse et arrogante  civilisation. Le football pourrait cependant être porteur de valeurs positives s’il s’affranchissait de la dictature de l’argent.

 

Daniel Fortis

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MAH: la réconciliation autour d’un projet ambitieux

Au-delà de la déception des défenseurs et de l’« amère » victoire des opposants au projet, il est nécessaire de tourner la page, d’oublier les invectives et de s’insurger contre la perspective d’attendre dix ans un nouveau projet. Genève a la chance que ses citoyens partagent les mêmes convictions. Genève mérite un beau musée. Sa rénovation et son adaptation aux nouvelles technologies sont incontournables. Son accès et son concept doivent être attratifs pour un large public. Le partage de ces principes peut créer une nouvelle synergie. Celle-ci doit être portée par un projet audacieux et mobilisateur. L’exceptionnelle situation du musée ( position dominante et dégagée à l’entrée de la  Vieille ville) mérite une meilleure visibilité. Sans remettre en cause l’ arborisation et les cheminements latéraux de la butte de l’Observatoire, sa surélévation centrale occulte le musée et dissocie la ville haute de la ville basse. D’un attrait tout relatif, elle crée une zone rébarbative le long de la rue Ferdinand-Hodler. Elle se trouve cependant dans un alignement remarquable (mais peu remarqué) du Rond-Point de Rive au jet d’eau. Quelle meilleure opportunité pour redéfinir un nouvel axe urbain ponctué par un symbole fort  tel une « pyramide du Louvre » genevoise servant d’accès et d’extension à notre musée. Ce bâtiment neuf intégrerait plus facilement toute la technique et les commodités dans ses sous-sols. Sa partie émergeante transparente, lumineuse et conviviale pourrait abriter les zones publiques ( billetterie, boutique, restaurant, salle de conférence et expositions temporaires). Quant au musée  rénové et sa cour, ils offriront des espaces de quiétude, de réflexion et de détente . La belle et majestueuse façade de notre musée sera mise en valeur par le « dialogue visuel » avec une audacieuse modernité. On pourra alors rêver que nos touristes visitent notre musée à la place de notre sempiternelle horloge fleurie.

 

Daniel Fortis

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Terreur sur Genève: discrète libération.

Le 10 décembre 2015, Genève était tétanisée par une menace terroriste. Une photo floutée de quatre inconnus ( qui le sont restés) avait été envoyée par des services secrets américains pour informer les autorités suisses de l’imminence d’un attentat. Un état d’urgence avait été immédiatement instauré et tous les musulmans étaient devenus des terroristes potentiels. Dans ce climat de peur, deux Syriens avaient été arrêtés et détenus pendant quarante-cinq jours. Leur voiture, immobilisée sur la route de Thonon à la suite d’une crevaison, avait attiré l’attention de la police qui avait déclaré avoir trouvé des « traces » d’explosifs. Toutes les chaînes de télévision avaient alors fait leurs titres avec « Menace terroriste à Genève, deux arrestations « . Aujourd’hui, comme le dahu, personne n’a vu les quatre terroristes de la photo ni les explosifs des deux Syriens. Leur libération a donc eu lieu, dans la plus grande discrétion, sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux. Existe-t-il encore des personnes qui doutent de la manipulation planétaire du management de la terreur ? Pour ceux qui doutent encore, réveillez-vous ! Demain, il sera trop tard. Le nouvel ordre mondial nous aura privés de toutes nos libertés au prétexte de nous protéger.
Daniel Fortis
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Iran diabolisé, Iran courtisé.

Depuis la levée de l’embargo, tous les gouvernements d’Europe déroulent le tapis rouge aux dirigeants iraniens. L’appât du gain leur a fait oublier qu’ils ont diabolisé l’Iran pendant quarante ans, qu’ils ont tenté de le détruire en armant Saddam Hussein, qu’ils lui ont imposé un embargo et que Laurent Fabius, qui aujourd’hui le courtise, l’avait menacé de bombardements. Quelle fourberie ! Ce pays a résisté en s’arcqueboutant sur ses valeurs et sur un régime autoritaire suscitant de nombreuses critiques. Il est pourtant dépositaire d’une histoire à l’origine des plus grandes avancées de notre civilisation : la sédentarisation, l’agriculture, l’écriture, l’astronomie et les premières lois sociétales. Au 20eme siècle , l’avidité et l’ingérence des compagnies pétrolières, la corruption, les coups d’Etat et les répressions ont éprouvé ce pays. Cette douloureuse histoire a créé un Iran complexe, contradictoire et écartelé entre des réformateurs et les conservateurs. Ma modeste expérience iranienne m’a permis d’apprécier son peuple évolué, cultivé, fier et bienveillant. Celui-ci doit profiter de l’ouverture économique pour ne pas aggraver la fracture sociale. L’Iran doit se garder de ressembler aux monarchies du Golfe inféodées à l’argent et à l’Occident. Il doit aussi, sans renier ses valeurs islamiques, s’affranchir de l’intégrisme religieux. Sa riche histoire, la diversité de ses origines et ses poètes doivent l’inspirer. C’est la meilleure réponse à ceux qui ont mis ce magnifique pays au ban des nations. Ils n’ont pas eu la chance de voir l’envoûtante place Royale d’Ispahan, d’admirer la magie visuelle de sa mosquée et de déambuler dans ses parcs qui dégagent un sentiment de sérénité et de paix.
Daniel Fortis
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Les formes diverses des complots

Devant la persistance du doute des citoyens, les médias multiplient les émissions sur les théories du complot pour les diaboliser. De façon incompréhensible, aucun dissident n’est invité au prétexte que leurs thèses sont dangereuses pour l’ordre publique ! Les journalistes se prêtent à un simulacre de recherche de vérité et, avec un amalgame de théories saugrenues, ils ironisent, décrédibilisent et condamnent toutes les théories sans aucune analyse. Le vrai journalisme n’a pas peur de donner la parole aux contestataires et leur permet d’expliquer les formes diverses que peuvent prendre les complots. La scénarisation des événements, l’infiltration de groupes, le truquage des enquêtes et des expertises, le matraquage médiatique et l’ instrumentalisation politique peuvent en être les composants. Les complots de l’administration américaine avec le mensonge des armes de destruction massive irakiennes et celui du massacre des nouveaux-nés koweitiens en 1990 en sont des exemples. Mais les complots peuvent aussi comporter que partiellement ces composants. Les attentats déjoués résultent la plupart du temps d’un complot consistant à infiltrer un réseau, suggérer et faciliter l’organisation de l’attentat et arrêter les terroristes. Ils peuvent être aussi minimalistes en laissant se réaliser des événements pour ensuite les instrumentaliser ( Pearl-Habour et le 11 septembre). La complexité, la sophistication et la subtilité de ces scénarios issus des services secrets sont ignorées pour ne laisser la place qu’à la diabolisation de tous ces « dangereux » complotistes qui osent contester la pensée unique.
Daniel Fortis
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Les dérives de l’état d’urgence

Le 7 janvier, Tarek Belgacem a été abattu à bout portant par deux policiers devant le commissariat de la Goutte-d’or à Paris. La police a livré sa version : un individu brandissant un couteau de boucher a agressé deux policiers en hurlant « Allah Akbar ». Cette version est cependant en complète contradiction avec trois témoignages précis de riverains qui n’ont pas vu d’armes et qui n’ont pas relevé d’agressivité ni de cris. Les médias ont rapidement marginalisé ces témoignages et ont matraqué la version de la légitime défense en diffusant la photo du corps du « terroriste » avec, en incrustation dans l’angle, l’image floutée d’un couteau. L’alignement des médias à la version de la police s’aggrave quand la plainte pour homicide déposée par le père de la victime est passée sous silence. L’évidente et dramatique perte de sang-froid des policiers est la conséquence délétère de l’état d’urgence qui vise les Musulmans et qui exonère les forces de l’ordre de proportionner leurs actions aux circonstances. La justice française aura-t-elle le courage de dénoncer ces dérives sécuritaires et de condamner la falsification des faits ?

Daniel Fortis
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