Le réveil de « la Vieille Europe »

Le conseil fédéral, par la voix de M. Pascal COUCHEPIN, a déjugé l’initiative de Mme  CALMY-REY de proposer l’organisation d’une réunion de la dernière chance pour éviter la guerre programmée par les Etats-Unis.

Notre gouvernement n’a pas craint de rompre avec notre tradition de bons offices pour le dialogue et la paix. Il a eu peur d’indisposer les « maîtres du monde » qui ont déjà renoncé à toutes solutions qui les priveraient de leur guerre.

Comme la plupart des gouvernements européens, il a lâchement abdiqué devant le diktat américain et rejoint la coalition mondialiste de l’axe du bien pour ne pas manquer d' »aller à la soupe » du pétrole irakien.

Cependant, malgré les déclarations des caniches – Blair-Aznar-Berlusconi, les peuples des différents pays européens ne sont pas dupes du matraquage, de la désinformation et des mensonges. Très majoritairement ils refusent cette parodie de justice et condamnent l’ignominie de cette « guerre » impérialiste. Devant les urnes, ils risquent de sanctionner tous les mondialistes de la finance, des armes et du pétrole.

La « vieille Europe » ironisée par RUMSFELD fera valoir la richesse de ses cultures, de son histoire, de son humanisme et aussi de ses différences. Elle trouvera une identité commune dans le refus du délire manichéen, militaire et matérialiste des Etats-Unis.

Le 15 février, journée mondiale contre la guerre, permet d’espérer une prise de conscience de nos dirigeants sur la nécessité de proposer une autre vision du monde.

« OTANASIE » des petits et des faibles

M. BERLUSCONI a invité les Grands de ce monde à fêter le rapprochement de la RUSSIE dans une base militaire sous haute surveillance. A l’issue de cette cérémonie, les grands « décideurs » de la planète ont posé pour une photo de famille. Qu’ils étaient beaux, qu’ils étaient fiers, qu’ils étaient contents d’eux-mêmes!

M. BERLUSCONI, grand organisateur de ce show manifestait un délire jubilatoire à côtoyer les Grands de ce monde. M. CHIRAC avait oublié que moins d’un Français sur cinq avait voté pour lui au premier tour et était tout ragaillardi par le « plébiscite » manichéen du 2ème tour des élections.

M. BUSH, assuré du soutien des citoyens américains autour de son discours simpliste sur les forces du Bien et du Mal, arborait un sourire d’autosatisfaction devant ses vassaux.

M. BLAIR, le plus fidèle parmi les fidèles, se tenait fièrement à côté de ce dernier.

M. POUTINE, au sourire malicieux, se réjouissait opportunément des perspectives de son intégration à l’OMC et à l’OTAN. Les champs pétrolifères des anciennes républiques islamiques de l’ex-URSS lui étant promis, la répression en Tchéchénie oubliée, il pourra ouvrir son pays aux financiers de tout poil.

Le ralliement de la RUSSIE à l’OTAN aurait dû avoir comme effet la dissolution de facto de cette organisation. A l’opposé, celle-ci se renforce sous le fallacieux prétexte de la lutte anti-terroriste. En réalité, elle s’érige en grand gardien du nouvel ordre mondial basé sur une dictature économique, culturelle et militaire qui finira par asservir les petits et les faibles.

Vous avez dit canular?

La très sérieuse chaîne de télévision Arte a diffusé un documentaire-canular intitulé « Opération Lune ».

Ce reportage donne la parole à des hauts responsables américains, Henri KISSIGER et Donald RUMSFELD ainsi que des généraux qui « témoignent » que les images de la conquête de la lune n’ont été qu’un montage cinématographique effectué en studio à Londres sous la direction de Stanley KUBRICK. Des experts et des scientifiques renchérissent en évoquant les invraisemblances de certains faits troublants ( disparition de la scène publique de tous les acteurs de cette épopée lunaire, décalage technologique entre les mises en orbite de l’époque et la sophistication de l’alunissage en douceur, l’incohérence des images avec des ombres croisées, le mystère des pellicules et des photos qui résistent à des températures de cent cinquante degrés, l’abandon de tous les programmes lunaires et, surtout, le manque d’intérêt incompréhensible de laisser sur la lune un observatoire de l’espace, une station émettrice ou une base spatiale).

A ces questions légitimes, aucune réponse n’est donnée si ce n’est l’éclat de rire des acteurs de ce documentaire qui disent s’être bien amusés en jouant le rôle de révisionniste.

Cette attitude cabotine de la part de hauts dirigeants américains est très suspecte. Ce révisionnisme, s’il s’avérait justifié, serait un séisme mondial discréditant l’Amérique aux yeux du monde entier. Le mépris aurait dû être la seule réponse de ces responsables lorsqu’on leur a proposé de jouer un tel rôle.

Devant le doute toujours plus grand autour de la version officielle ( 300 sites internet traitent de la question ), ils choisissent, plutôt que de répondre à ces questions légitimes, de ridiculiser ceux qui les posent. Couvrir de ridicule le questionneur n’élude pourtant pas les questions. A vouloir biaiser « au second degré » celles-ci, on n’arrêtera pas l’installation toujours plus grande du doute.

Les dérives de la bourse

Nous avons appris par la presse que des investisseurs américains avaient lancé le portefeuille du vice. Contre la morosité du marché boursier, ils ont eu l’idée de cibler les entreprises qui ne sont pas influencées par la conjoncture. En investissant uniquement dans les armes, le tabac, l’alcool et les jeux, ils assurent à leurs clients de meilleurs rendements.

Cette dernière dérive du marché boursier démontre – si cela est encore nécessaire – que le marché boursier n’est pas seulement malade mais qu’il gangrène notre société et la planète entière.

Ayant perdu toute éthique, la bourse est devenue un grand « monopoly » mondial des initiés et des puissants qui n’obéit qu’à une seule règle, le profit immédiat, par n’importe quels moyens.

Elle ne se contente pas d’exploiter la crédulité des petits investisseurs mais elle occasionne aussi des dommages irréversibles à notre condition de vie et à notre environnement.

La surexploitation des ressources, les manipulations génétiques de l’agroalimentaire, la dégradation des climats, les problèmes sociaux liés aux licenciements sauvages, l’insécurité, l’hystérie militaire actuelle, sont les conséquences de la voracité des marchés financiers.

Pour éviter le chaos, il est urgent de s’affranchir de cette dictature de l’argent si nous voulons qu’un sursaut salutaire remette l’homme et son environnement au centre de nos préoccupations.

Afghanistan, Irak, … à qui le tour ?

La presse nous informe régulièrement des préparatifs de guerre des Etats-Unis et de son comparse anglais contre l’Irak.

Sous un déluge de feu, l’écrasement de ce pays, avec ses conséquences humaines dramatiques, est sereinement programmé sans aucun état d’âme. L’église, les institutions humanitaires et l’ONU sont silencieuses. Des questions légitimes sont sans réponse : Quelle est la preuve de l’implication de l’Irak dans le terrorisme ? Quelle menace représente un pays détruit en 1991, exsangue par un embargo inhumain et bombardé régulièrement depuis 10 ans ? Quel avenir pour ce pays si ce n’est un protectorat américain avec un gouvernement fantoche d’opposants « fabriqués » et manipulés par les compagnies pétrolières ?

Pour écarter les derniers scrupules, les chaînes d’informations américaines organisent une formidable campagne de désinformation, de manipulation et de mensonges du même acabit que le « massacre » des nouveau-nés Koweïtiens. Entre deux réality-show, ils donneront à leurs téléspectateurs un sursaut de fierté patriotique avec le spectacle de leur belle armée, extirpant la mauvaise herbe du jardin du « meilleur des mondes ». Le citoyen lobotomisé en oubliera les scandales financiers, la morosité économique et écoutera le discours primaire de leur président qui remontera dans les sondages. On écartera les images des morts civils pour ne pas mettre en doute que les bombes américaines ne tuent que les méchants. On oubliera le mariage afghan et ses morts.

Devant cette hystérie guerrière d’un autre âge, l’Europe continentale n’est pas capable de présenter un front uni contre cette dérive impérialiste anglo-saxonne et de dire haut et fort

 » Stop it « .

Un mauvais film

Le résistant altermondialiste, JOSE BOVE, a été arrêté le dimanche 22 juin à 6 heures du matin. Une escouade de gendarmes et un hélicoptère ont investi sa ferme à MILLAU. Sans sommation, sa porte a été défoncée. Brutalement réveillé, le « criminel » est menotté et poussé dans l’hélicoptère pour être interrogé et incarcéré dans une prison. Ce scénario ressemble à celui d’un mauvais film relatant l’arrestation d’un résistant par la milice ou la Gestapo.

Non, nous ne sommes pas en 1944 pendant l’Occupation, mais en 2003, avec des gendarmes de la cinquième République plus préoccupés à arrêter un altermondialiste accusé d’avoir arraché quelques plants de riz transgéniques, que d’arrêter l’assassin du préfet ERIGNAC. Il n’existe aucune clémence pour ceux qui s’attaquent aux sociétés agroalimentaires qui contrôlent le marché mondial des O.G.M ( qu’on devrait appeler A.D.M : Aliment de Destruction Massive faute de trouver les armes ).

Nous ne savons pas s’il faut rire ou pleurer de cette justice bananière.

Une chose est sûre, les altermondialistes font peur à la classe politique inféodée au pouvoir de l’argent. La violence disproportionnée de cette arrestation est révélatrice du désarroi et de la panique des politiques devant la vague de fond altermondialiste qui ne cessera de grandir si l’homme et son environnement ne sont pas pris en compte.

La neutralité suisse mise à mal

Le 11 mars 2002, en commémoration des événements tragiques du 11 septembre, un drapeau rouge à croix blanche flottait parmi 169 drapeaux sur la pelouse de la Maison-Blanche à Washington.

Ce jour aurait du être un jour de compassion, de recueillement et de réflexion. Il a été, en fait, le prétexte à M. W. BUSH d’entretenir l’esprit belliqueux et haineux de la coalition antiterroriste et de demander la caution de toutes les nations à sa politique « Amerika Uber Alles » .

Au soir des votations sur l’adhésion à l’ONU nos conseillers nationaux tentaient, avec des propos lénifiants, de nous rassurer sur le respect de la neutralité suisse. Malheureusement, les faits donnent raison à ceux qui craignaient l’alignement servile de la Suisse au nouvel ordre mondial.

Le prix d’une vie

Le 30 mars 1999, un père de famille de 40 ans installé en Suisse depuis 1982, de nationalité serbe, participe à une manifestation pour protester contre les bombardements de son pays par les forces de l’OTAN. De retour de cette manifestation un groupe d’Albanais du KOSOVO l’agresse et le tue d’un coup … de tournevis dans le cœur!!!

 

Le 17 février 2000, la Cour Correctionnelle rend son verdict à l’encontre de trois Kosovars soupçonnés de ce meurtre : un acquittement pour le plus jeune, et trois ans d’emprisonnement pour les deux autres!!! Comment ne peut-on pas être choqué par ce jugement? Soit, les preuves de leur culpabilité sont insuffisantes et ils doivent être acquittés en vertu du principe que le doute profite à l’accusé, soit, selon toute vraisemblance, leurs implications sont établies, alors la sentence est révoltante. La barbarie de cet acte et l’attitude arrogante, ricaneuse et insultante des accusés durant le procès, auraient mérité une sanction exemplaire. Mais, peut-être, la vie d’un Serbe ne vaut-elle pas plus de trois ans d’enfermement!!!

 

Notre justice et notre opinion publique sont encore aujourd’hui marquées par la diabolisation des Serbes par les médias occidentaux. Celles-ci ont, pendant tout le conflit des Balkans, manipulé l’information pour satisfaire à la pensée unique imposée par les Etats-Unis: les gentils KOSOVARS et les méchants SERBES.

 

Et pourtant, la vision désolante de l’actuel KOSOVO « libéré », après l’ingérence arrogante et dramatique de l’Occident, devrait nous guérir de ce manichéisme primaire. Nous en sommes loin !

 

Comment comprendre le quasi-silence de nos médias et notre indifférence face aux centaines voir millier d’assassinats de Serbes par les milices albanaises ?

 

Comment comprendre, après la surmédiatisation du sort des réfugiés kosovars pendant la guerre, le désintérêt de nos médias et la passivité de nos organisations humanitaires devant le sort dramatique des cinq cent mille réfugiés serbes « épuré ethniquement » de Croatie et du KOSOVO ?

 

Quant à la communauté serbe de notre pays, elle se sent une fois de plus, blessée et humiliée par le prix que notre justice accorde à la vie d’un Serbe.

 

Puisse, un jour, l’Histoire redonner l’honneur au peuple serbe !

Le meilleur des mondes

La presse a annoncé le premier clonage d’embryon humain. Cette nouvelle doit nous réjouir car de nombreuses maladies incurables seront vaincues et notre espérance de vie sera prolongée.

Qu’en pensent les Afghans pour qui l’espérance de vie ne dépasse guère plus de 40 ans? Bénéficieront-ils des progrès de la science ? et à quel prix ?. Pour l’instant, les bombes américaines écrasent les Talibans qui pour la plupart ne savaient pas ce qui c’était passé le 11 septembre. Loin de s’attaquer aux origines du terrorisme, cette guerre conforte l’hégémonie du monde occidental sur le reste du monde. La chaîne CNN, complètement inféodée à l’impérialisme américain, désinforme et manipule l’information pour imposer son idéal de société basé sur deux fondements : La glorification de la puissance militaire américaine défendant la planète des forces du MAL et la présentation en permanence des cours de la bourse garantissant aux retraités américains liftés et DHEAlisés de jouer au golf jusqu’à 100 ans sous le soleil de Floride.

Ce monde idyllique auquel aspirent tous les Américains à un coût. Mais ce coût est supporté principalement par le reste du monde. Comment, en effet, financer le bien-être à nos toujours plus nombreux retraités ? Les produits financiers, le pillage des matières premières au mépris de l’environnement et l’exploitation à bas prix de main d’œuvre corvéable apportent la solution.

Nous comprenons bien que pour accéder à ce « meilleur des mondes » il faut faire la guerre à ces barbares qui s’attaquent à notre puissance économique.

Cette croisade sous la bannière étoilée oblige, sous peine de sanctions, tous les gouvernements à faire allégeance aux Etat-Unis ( « tout pays qui n’est pas avec nous est contre nous » G. W. BUSH ).

Cependant, les peuples et leurs consciences n’accepteront pas cet impérialisme et finiront par se révolter devant cette arrogance intolérable.

La manipulation des esprits

Au lendemain de l’attentat du 11 septembre, les Etats-Unis sont entrés en guerre contre le terrorisme. Avant d’analyser les résultats de l’enquête, les autorités ont désigné des coupables facilement identifiables pour le citoyen américain. A l’aide de schémas tirés de la filmographie d’Hollywood, ils ont défini le scénario : Ben Laden dans le rôle du docteur NO, les talibans dans le rôle des abominables créatures sanguinaires mi-homme, mi-démon, Al Quaïda avec ses milliards de dollars, et le décor de l’Afghanistan avec ses bases secrètes.

Cependant, tous les faits contredisent ce scénario manipulateur et simpliste. Les autorités américaines ont été contraintes de « trouver » opportunément une cassette vidéo dans une maison en ruine pour impliquer Ben Laden. Les abominables talibans se sont avérés soit des « illuminés » soit des « paumés » de la civilisation occidentale qui, pour la plupart, ne savaient pas ce qui s’était passé le 11 septembre. Les bases secrètes truffées de technologie de pointe et abritant des armes effroyables, biologiques et nucléaires, se sont avérées des « grottes rudimentaires » et les armes, des Kalachnikov vétustes et des vieux chars russes aussi fiables qu’une Lada. Les millions de dollars nécessaires à la préparation de l’attentat se sont transformés en quelques milliers de dollars pour acheter des billets d’avion, des cutters et des programmes de simulations de vol.

Les autorités américaines continuent de mentir sur les ramifications planétaires du terrorisme dans la préparation de ces attentats et occultent la démarche individuelle qui anime les terroristes aussi bien aux Etats-Unis qu’en Israël. Mis à part quelques révélations sur les terroristes ayant séjournés en Europe, une chape de plomb pèse sur les autres terroristes. Ne serait-il pas primordial d’étudier le parcours et la personnalité de ces kamikazes pour comprendre et combattre le terrorisme? A t-on peur de dévoiler que ceux-ci ont sacrifié leur vie à travers une démarche personnelle qui repose sur la désespérance et l’humiliation. Le manichéisme et le bellicisme américain occultent cette analyse pour continuer à entretenir l’hystérie antiterroriste.

Cependant, si les Etats-Unis ne s’attaquent pas aux causes de ce terrorisme, celui-ci ne sera jamais éradiqué. Et, ce n’est pas la formidable puissance américaine qui, au mépris de toutes les règles humanitaires, y parviendra. Le résultat de cette politique ne sera pas seulement improductif mais engendrera encore plus de fanatisme et de haine.

 

 

Pour échapper à cet engrenage infernal, les Etats-Unis doivent comprendre qu’ils ne sont pas seuls sur cette planète et que leurs valeurs, la force et l’argent, ne sont pas des valeurs de paix.