La Turquie et la lutte antiterroriste

Les gouvernements occidentaux se sont réjouis du ralliement du gouvernement turc à la coalition internationale contre les terroristes de Daesh. Le premier jour, les avions turcs ont bombardé quelques positions terroristes et, insidieusement, dès le deuxième jour, ils ont visé une autre cible beaucoup plus importante pour eux : leurs ennemis séculaires, les indépendantistes kurdes qui combattent, pourtant eux aussi, Daesh. Allez comprendre la logique. Celle-ci ne peut être comprise que par l’instrumentalisation perfide de la lutte antiterroriste pour la défense d’intérêts politiques, géostratégique, expansionnistes et économiques. Au prétexte de celle-ci, les Américains ont envahis l’Afghanistan et l’Irak. Les Russes ont écrasé les indépendantistes tchétchènes. Les Chinois ont maté la rebellion tibétaine. Les Israéliens ont construit le mur de la honte pour sanctuariser leurs conquêtes territoriales et les Français font du néocolonialisme sur le continent africain. Sur le plan intérieur, la lutte antiterroriste a permis d’imposer à tout le monde le fichage et les écoutes téléphoniques ainsi que le controle de nos courriers, de nos déplacement et de nos dépenses par d’obscures services de renseignements qui exploitent la nébuleuse informatique et les réseaux « sociaux ». Tétanisé par une menace terroriste, mise en scène en permanence par nos gouvernements, les citoyens ne réagissent plus. Ils finiront par être transformés en une masse d’individus surveillés, manipulés et conditionnés pour fonctionner en consommateurs dociles et interchangeables dans une structure soumise aux seules lois économiques.

Daniel Fortis
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L’exode fiscal

De riches contribuables ont choisi de quitter Genève vers des paradis fiscaux à Monaco, à Londres, à Dubaï (TdG du 29 juin 2015). Quelle piètre attitude vis-à-vis de la ville dont le système politique, social, institutionnel et sécuritaire ainsi que le rayonnement et les infrastructures leur ont permis de développer leurs affaires et de constituer leurs fortunes. Si la volatilité de certains contribuables étrangers qui avaient choisi Genève pour son attractivité fiscale quittent aujourd’hui notre ville, cela s’inscrit dans le contexte du tourisme fiscal mondialisé malheureusement non sanctionné. Il n’en est pas de même éthiquement pour les contribuables genevois liés à l’immobilier et au notariat qui choisissent l’exode fiscal. Ils ont bénéficié pendant de nombreuses années de la flambée des prix due aux exilés fiscaux étrangers. Leur obsession d’échapper au fisc , la peur de l’échange automatique d’informations et leur cupidité leur font oublier la reconnaissance qu’ils devraient manifester à leur canton.

Mohamed Morsi et l’Occident

Dans un tribunal égyptien, des juges inféodés à la junte militaire au pouvoir ont rendu leur verdict dans un pitoyable simulacre de procès. L’accusé, Mohamed Morsi, président démocratiquement élu par les Egyptiens en 2011, est enfermé, comme une bête sauvage, dans une cage à double grillage. Il reçoit la sentence : peine de mort pour trahison, espionnage et incitation à la violence. Avec lui, trente-quatre accusés (des Frères musulmans et des instigateurs laïcs du » printemps égyptien ») sont condamnés à mort ou à perpétuité. Quel est la réaction de l’Occident, grand défenseur des principes démocratiques ? Rien ou presque rien. Mis à part les Etats- Unis qui ont critiqué les méthodes de cette junte qui a pris le pouvoir en 2013 et qui s’est auto légitimé dans une élection truquée, l’Europe est non seulement restée muette, mais elle a déroulé le « tapis rouge » à l’usurpateur en bafouant les plus élémentaires principes de justice et de démocratie. A cet égard, la France a dépassé toutes les bornes en livrant des avions Rafale au dictateur Al- Sissi. Quelle légitimité peut-on encore avoir pour intervenir aux quatre coins du monde au nom des droits de l’Homme. Comment peut-on encore s’étonner qu’une telle injustice et qu’un tel cynisme ne nourrissent-ils pas la haine et le terrorisme ?

Daniel Fortis
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Le pape François : le nouveau prophète.

Les dernières déclarations du pape François ont des intonations prophétiques pour nous éclairer dans ce monde déboussolé, aveugle , sans repère, sans solution face aux problèmes sociétaux, aux dérives idéologiques, au flux migratoire et au dérèglement climatique et environnemental. Ses propos révolutionnaires sont d’une telle justesse, d’une telle clairvoyance, d’une telle intelligence et d’un tel universalisme qu’elles apparaissent comme une lumière dans les ténèbres. Le fait de mettre la sauvegarde de notre planète au centre de nos préoccupations et de redéfinir nos priorités sont des éléments fondateurs d’une nouvelle philosophie. Il nous invite au rejet de tous les dogmes dont nous sommes abreuvés et matraqués : la croissance, le productivisme, le rendement, le consumérisme, la financiarisation et la militarisation du monde. Il nous met en garde contre l’individualisme et l’addiction au numérique, au virtuel et à l’argent. Le prophète Jésus était aussi un révolutionnaire dans son message de non-violence, de défense des Pauvres, de partage et de condamnation de la cupidité dans ses colères contre les Pharisiens. Au fil des années, l’Eglise s’est écartée de son enseignement et s’est rangée du côté des Puissants. Il était temps que le pape remette ces principes fondamentaux au cœur de l’Eglise. On peut rêver que nos églises et , pourquoi pas, nos parlements résonnent des paroles de sagesse de ce pape.

Indécence et supercherie

La société Christie’s aurait vendu en 12 minutes un tableau de Picasso à un milliardaire chinois « envouté » par son génie pour la somme indécente de 140 millions de francs . Qui peut croire à une telle fable ? Considérant le potentiel de profits qu’offre une telle opération, il est fondé de penser que c’est une mise en scène de vente fictive ou arrangée. En effet, celle-ci peut présenter de gros avantages pour les vendeurs et les acheteurs (toujours anonymes) dans leur fiscalité ou le blanchiment d’argent. Elle crée aussi artificiellement une spirale spéculative profitable aux propriétaires, aux boursicoteurs et aux marchands de tableaux ainsi qu’aux courtiers et intermédiaires. La collusion de tout ce petit monde dans ces pratiques jette le discrédit sur un marché de l’art inféodé à l’argent.

Daniel Fortis
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Attentat de Boston: une parodie de justice

Dzhokhar Tsarnaev, l’un des auteurs présumés des attentats de Boston, a été condamné à mort à l’unanimité par les douze jurés sélectionnés après l’audition de mille deux cent personnes. Selon quel critère ? Mystère. Le verdict connu d’avance, le profil du jeune accusé, étudiant bien intégré et apprécié, sans casier et sans histoire, n’a pas pesé lourd face à la version de sa radicalisation subite et inexpliquée. Ses déclarations d’innocence n’ont, à aucun moment, fait douter de la vraisemblance de la version de la police. Ses avocats, nommés d’office, ont ignoré les déclarations de leur client et n’ont plaidé que les circonstances atténuantes. Toute l’accusation ne tient qu’à une vidéo montrant une personne avec un sac à dos que la police identifie comme l’un des auteurs de l’attentat. Ceux-ci, de façon incompréhensible, restent à Boston où neuf mille policiers en renfort quadrillent la ville. La police, par une chance extraordinaire, les repèrent fort opportunément lors du braquage d’une épicerie. Le grand frère est abattu et le petit frère est entre la vie et la mort. Hôpital militaire, mise au secret, absence d’avocat , aveux extorqués dans des conditions inadmissibles, disparition ou musellement des proches et, pour finir, témoin tué par le FBI lors d’un interrogatoire. Pourtant, rien n’a fait douter les jurés. La justice américaine à Guantanamo et à Boston se ressemble. Elle n’est pas prête à retrouver son honneur.

Daniel Fortis
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Incohérence et duperie de la politique francaise

La lutte antiterroriste est devenue le fil conducteur de toute la politique française. Sur le plan international, elle justifie la vente de Rafales au régime égyptien issu d’un coup d’Etat ainsi qu’au régime quatari qui soutient sournoisement l’Etat islamique. A contrario , la diplomatie française a tenté de faire obstruction au rapprochement avec l’Iran qui, lui, combat les djihadistes de l’EI . Incompréhensible. Sur le plan intérieur, le simulacre de l’attentat « déjoué » contre une ou deux églises à Paris justifie et conforte l’adoption d’une nouvelle loi antiterroriste (qui n’a rien à envier à l’abominable Patriot Act tant décrié). Toujours au nom de la menace omniprésente, on conforte les budgets de la police et de l’armée. Quelle bonne nouvelle pour la Bourse dont les cours n’ont pas cessé d’augmenter depuis le 7 janvier (attentat contre Charlie Hebdo) !. Tout ceci avec de beaux discours sur l’interventionnisme salvateur et généreux de la France en Lybie, au Mali, en Irak et .. en Centre Afrique. Cependant, sur place, des délits ignobles et longtemps dissimulés contredisent l’autosatisfaction gouvernementale et discréditent ces ingérences dites humanitaires. Elles ressemblent plus à une nouvelle forme de colonialisme qui entretient le sentiment dévastateur de l’humiliation .

Daniel Fortis
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Opportune instrumentalisation.

En plein débat sur la nouvelle loi antiterroriste en France, l’attentat déjoué de l’étudiant algérien contre des églises est une vraie aubaine . Les trois mousquetaires « Hollande-Valls-Cazeneuve » dont la popularité surfe sur une menace terroriste omniprésente, ont déclaré leur détermination à protéger la communauté chrétienne. Votre journal a été le seul à relever l’opportune instrumentalisation des faits par le gouvernement français et d’en parler au conditionnel. En effet, comment ne pas se poser de questions sur la subite et incompréhensible radicalisation de cet étudiant sans histoire. Toute l’accusation tient aux déclarations des services secrets concernant la prétendue volonté du suspect de rejoindre la Syrie . Quant aux faits, ils relèvent d’un scénario croquignolesque : le suspect tue une jeune femme pour voler sa voiture, il se tire maladroitement une balle dans la jambe, il appelle la police pour se faire soigner , celle-ci suit les traces de sang du blessé jusqu’à une voiture pleine d’explosifs. Il est plus vraisemblable de croire que les services secrets français se soient inspirés des techniques des services antiterroristes américains à savoir : infiltrer, conditionner, soudoyer des individus fragiles et, au final, inventer un scénario pour procéder à leurs arrestations in extrémis ( voir l’émission d’ Envoyé Spécial du 12 février 2015 ). Par ces sournoises manipulations, on entretient une psychose sécuritaire dans la population pour lui faire accepter de nouvelles restrictions de ses libertés.

Daniel Fortis
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Crash A320: l’info en question

La tragédie de l’A 320 de la compagnie Germanwings a suscité la stupeur , l’effroi et l’incompréhension. Dans un climat émotionnel extrême, les médias nous ont donné en permanence des informations fluctuantes au gré des témoignages, des déclarations, des avis d’expert et des analyses. L’enquête avec ses rebondissements ressemblait à une série télévisée américaine dans laquelle chacun peut trouver sa vérité. Pendant une semaine, les divers scénarios se sont succédés : problèmes techniques, dépressurisation, faute de pilotage, terrorisme et, enfin suicide. A chaque scénario, les reporters trouvaient des témoignages ou avis d’experts pour accréditer la version du jour jusqu’au moment où la police, le ministère, le procureur ou une commissions n’infirment cette version. Alors les journalistes remisaient leur scénario et recherchaient d’autres témoignages concordants avec la nouvelle version. Ce journalisme de l’événementiel en temps réel est incapable de faire des investigations indépendantes, de vérifier ses sources et de faire une synthèse. A sa décharge, il est empêché en haut lieu de faire ce travail avec la sécurisation systématique par la police des scènes du drame et des sources d’informations. Il en est réduit à faire la caisse de résonnance des déclarations officielles du gouvernement. La version finale établie par celui-ci est soigneusement choisie pour ne pas affecter les milieux économiques ou politiques et pour ne pas nuire à la cohésion nationale. C’est ainsi que la version du suicide du copilote est apparue la moins dommageable pour les divers intérêts en jeu. Les médias deviennent alors la courroie de transmission des annonces des forces qui nous gouvernent ou, plutôt, qui nous manipulent.

Israel: la paix sacrifiée.

L’élection de M. Netanyahu sonne le glas de la reconnaissance d’un Etat Palestinien et condamne toute recherche de la Paix . Ce choix est une humiliation pour les Palestiniens et un défi à toute la communauté internationale. Celle-ci avait pourtant offert en 1948 à une communauté juive traumatisée une terre d’accueil en Palestine. La création de l’Etat juif impliquait le respect de la population locale mise devant le fait accompli et le respect des frontières et du statut de la ville de Jérusalem. Dès l’origine, les gouvernements successifs israéliens n’ont jamais respecté les résolutions de l’ONU et ont pratiqué une politique de conquêtes, d’occupations, de colonisations et d’annexions. La Cisjordanie, grignotée et cloisonnée par des murs, des enclaves ,des découpages et des embargos est devenue un pays phagocyté et fragmenté à tel point que la perspective d’un Etat indépendant est devenue pratiquement impossible. Pendant que la communauté internationale prend conscience de l’urgence de la reconnaissance d’un Etat Palestinien avant son irrémédiable disparition, les Israéliens s’arrogent tous les droits pour arriver à leurs fins, à savoir la réalisation du Grand Israël. Instrumentant une menace permanente, ils refusent aux Palestiniens le droit légitime de vivre chez eux dans un Etat reconnu. La mémoire de l’ histoire douloureuse du peuple juif spolié, humilié et persécuté devrait interpeller leurs descendants sur le destin qu’ils réservent au peuple palestinien.