Archives de catégorie : international

COP 25, un désastre collectif

Après d’interminables discussions, la conférence sur le climat a accouché d’un accord minimaliste, sans engagement et désespérant. Alors que tous les scientifiques ont révisé leurs calculs en observant l’accélération dramatique du processus de réchauffement climatique, les pays les plus pollueurs et les plus grands fournisseurs de pétrole ont fait obstruction à toute résolution commune. Obsédés par leur croissance économique , les Etats-Unis, l’Inde, la Chine, le Brésil, l’Arabie saoudite et l’Australie portent la responsabilité de ce désastre.  Ils considèrent naïvement que leur prospérité économique permettra de trouver rapidement des solutions techniques au réchauffement . Les médias, aussi, n’ont pas été  à la hauteur des enjeux dans la couverture de la conférence. Ils ont préféré  nous parler de sujets plus porteurs tels que les exo planètes, les accélérateurs de particules et les start-up pour éviter de nous parler de notre impuissance à enrayer l’emballement climatique. Sur le Titanic , on jouait aussi de la musique pendant le naufrage…. Les chefs d’Etat des pays pourtant soucieux du climat sont aussi responsables. Ils ont boudé la COP25 et ont  préféré la réunion de l’Otan et les fastes du palais de Buckingham. Derrière leurs sourires hypocrites , ils se sont ridiculisés dans des invectives au sujet d’une organisation qui est un «  gouffre à milliards » , sans objectif, incohérente, inutile et au profit des seuls marchands d’armes. Pendant la conférence sur le climat , un autre événement a révélé le cynisme du monde de la finance . Les boursicoteurs  n’ont pas hésité à investir la somme faramineuse de 1700 milliards de  francs dans la compagnie pétrolière saoudienne Aramco. Leur cupidité distillera un poison pour  la planète. Comment osent-ils s’approprier l’avenir de nos enfants ?

 

Daniel Fortis

1231  Conches                                                                                        Genève,  le 17 décembre 2019

La forteresse iranienne

Au Moyen-Age, la famine était utilisée comme arme de guerre. Les forteresses , à défaut d’être conquises par les armes, était coupées du monde et affamées. La population, en proie à une détresse extrême et aux  épidémies , finissait souvent par se révolter pour négocier une reddition.  Aujourd’hui, rien n’a changé. Les Etats-Unis avec la complicité de la finance internationale , imposent un embargo qui étrangle la population iranienne. Après deux ans de privations, de restrictions  et d’espoir déçus, une frange de celle-ci a manifesté violemment. Le gouvernement a réprimé avec la même violence et a fermé des réseaux sociaux infiltrés par  les services américains. Le scénario cynique de Trump commence à se réaliser. Cependant, il n’arrivera pas à son terme car il est le fruit d’une ignoble forfaiture. En 2013 et en 2017, le peuple iranien a élu ROHANI pour mener des réformes sociétales et négocier une ouverture sur le monde avec  l’arrêt du nucléaire. Le 14 juillet 2015, le monde entier (sauf Israël et l’Arabie Saoudite) saluait la signature d’un traité de paix avec l’Iran porteur d’un immense espoir. Trois ans après, alors que l’Iran respectait scrupuleusement ses engagements, les Etats-Unis de Trump renient unilatéralement leurs engagements , déchirent le traité de paix et font un ignoble chantage aux  entreprises européennes. Celles-ci, tétanisées par les menaces de Trump, se soumettent . Les Iraniens, quant à eux, ne céderont pas à la fourberie des Etats-Unis dont l’histoire de 300 ans n’est faite que de violences, de spoliations, d’esclavagisme, de racisme et de compulsion à l’argent . Ils résisteront avec la fierté d’appartenir à une belle et riche civilisation vieille de 7000 ans.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                        Genève, le 4 décembre 2019

La fable de Trump

La pitoyable fable de la mort d’Al-Baghdadi fait la une de tous les journaux. Inventée et mise en scène par un président aux abois, elle ressemble à une mauvaise série américaine avec un héros sauveur de l’humanité ( le président des Etats-Unis  Donald Trump) et un monstre couard ( le calife Al-Baghdadi )  qui pleurniche avant de se donner la mort. Qui peut croire à cette « énième «  version abracadabrantesque de la mort du chef de l’Etat Islamique (qui est le plagiat de la mort de Ben Laden) ? Mis à part les doutes des médias russes, toute la presse occidentale relaie sans réserve cette fable destinée à l’électorat primaire de Trump.  Cet alignement et cette crédulité sont inquiétants. Comment expliquer qu’un individu parfaitement connu des services américains (emprisonné pendant dix mois dans les geôles américaines en Irak ) puisse disparaître pendant huit ans de tous les « radars « ( géolocalisation, reconnaissance faciale, NSA, services secrets, drone, satellite )  alors que toute la planète est à ces trousses ! Incroyable. N’importe quel personne  est aujourd’hui  filmée, localisée , identifiée en quelques minutes dans les quatre coins du monde. Dans ce scénario débile , il fallait aussi trouver  le traître pour expliquer la localisation providentielle du monstre. En s’inspirant des recettes racoleuses des séries américaines,  Trump a choisi la propre femme d’Al-Baghdadi dans le rôle de la traitresse. Une histoire « à dormir debout «  qui pourtant abuse la plupart de nos médias. Quand retrouverons-nous un vrai journalisme d’investigation  pour dénoncer cette pantalonnade ?

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                 Genève,    le 28 octobre 2019

 

Impressions du Liban

De retour d’un Liban traversé par une vague contestataire, j’ai été surpris par la maturité civique des Libanais lors des manifestations. Très peu de violence, aucun propos haineux, respect de la police et solidarité interconfessionnelle autour du drapeau national .Ce pays est le berceau de la civilisation, le dépositaire de toutes les cultures ,le porteur de l’esprit d’ouverture et d’échanges et une terre de refuge. Il fait la fierté des Libanais. Cependant , il représente ,à lui tout seul , les problèmes, les tragédies et , aussi ,tous les espoirs du Moyen-Orient. Les Libanais dénoncent aujourd’hui les errements et la corruption de leurs  dirigeants. Ceux –ci ont privilégié de luxueuses  réalisations au détriment de l’éducation, la santé , les transports et les services publiques. Ils ont négligé les problèmes environnementaux liés à la  pollution de l’eau, à l’empreinte carbone et aux déchets omniprésents.  La riche diaspora a privilégié les investissements dans la spéculation et le luxe.  La vie excessivement chère de la capitale est révoltante face au dénuement des deux millions de réfugiés palestiniens et syriens. Les régions à majorité musulmane qui en portent le fardeau sont délaissées. Le Liban possède dans sa diversité géographique et climatique  les atouts  pour relever ces défis. Ce beau  pays doit assurer son avenir et sa cohésion en défendant le multi confessionnalisme et la tolérance et en résistant aux affairistes et aux extrémistes .Les attentes légitimes des Libanais doivent être entendues . Leur solidarité et leur ferveur pour leur pays est un exemple pour nos démocraties.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                               Genève,  le 25 octobre 2019

 

Israël, le temps du dégagisme

Pour tenter de se soustraire à ses inculpations judiciaires, Netanyahu s’accroche au pouvoir. Pour obtenir le soutien des nationalistes et des ultra-religieux, il a promis d’annexer la vallée du Jourdain s’il était élu. La communauté internationale , tétanisée par la crainte d’être accusée d’antisionisme ,n’a  émis que de timides réprobations à l’égard de ce projet annexionniste bafouant les droits les plus élémentaires.

Elle fait du « deux poids, deux mesures » quand elle sanctionne lourdement  la Russie pour  l’annexion de la Crimée  ( pourtant plébiscitée par ses habitants et légitimée par l’histoire) et ferme les yeux, d’autre part, sur le mitage et l’annexion par la force de territoire palestiniens. Quant à la légitimité historique évoquée par les ultra-religieux, elle ne relève que de l’instrumentalisation  de textes bibliques inventés par des scribes il y a 2500 ans.

L’arrogance de Trump qui propose d’acheter  le Groenland  est moins grande que celle  du candidat du Likoud qui prévoit simplement d’annexer la Cisjordanie. Cela coûte moins cher et surtout cela permet de maîtriser totalement l’hydrologie de la région. Les Palestiniens seraient contraints à mendier quelques mètres cube d’eau pour survivre avant d’assister à l’agonie de leur pays au profit du Grand Israël. Notre silence nous rendrait  complices de cette forfaiture. Si l’Etat d’Israël veut préserver sa respectabilité, il  doit «  dégager » Netanyahu et retrouver le chemin du dialogue et de la paix.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                        Genève, le 17 septembre 2019

Etats-Unis, danger.

Les deux fusillades de ces derniers jours au Texas et en Ohio ont fait 29 victimes. Comme il le fait avec de nombreux pays moyen-orientaux, notre département des Affaires Etrangères ne devrait-il pas mettre les Etats-Unis sur la liste des pays dangereux et déconseiller à nos concitoyens de s’y rendre ? En effet, ce pays a subi quotidiennement depuis le début de l’année attentats et fusillades relevant de la mouvance suprémaciste . Indifférente à cette terrifiante réalité, l’administration américaine laisse sans contrôle 390 millions d’armes à feu sur son territoire et autorise n’importe quel citoyen à acquérir des armes de guerre pour, parait-il , se défendre. Que faut-il de plus pour boycotter ce pays dangereux dont le président  est un homme égocentrique, instable, violent et raciste ? Notre gouvernement devrait montrer plus de détermination à nous protéger des dérives américaines et résister à l’intimidation d’un personnage primaire et extrémiste. Le souvenir  de la capitulation du monde devant un autre malade mental à Münich en 1938 doit rester présent dans nos esprits.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                          Genève, le 5 août 2019

 

La démocratie assassinée

Après six années d’emprisonnement dans des conditions inhumaines et sans aucune assistance médicale, le légitime président égyptien  , Mohamed Morsi , s’est effondré lors de son pitoyable simulacre de procès. Il a été enterré rapidement , en toute discrétion ,mais avec un impressionnant déploiement de police.  Ses assassins ont refusé à sa famille un enterrement dans son village natal. La presse égyptienne n’a relaté sa mort que dans un entrefilet en occultant son rôle de chef d’Etat élu démocratiquement en 2012. Sa présidence n’a été entachée d’aucun crime et le mécontentement populaire n’était dû que par le boycott occidental . En 2013, le coup d’Etat du maréchal Al-Sissi a instauré une impitoyable dictature et provoqué de sanglantes répressions.  Les donneurs de leçons occidentaux n’ont jamais protestés et se sont accommodés cyniquement en vendant des armes au dictateur. Quelle crédibilité reste-t-il à nos démocratie si elles ne s’indignent face à l’injustice et au crime? Notre  presse , très discrète et très factuelle, ne s’est pas encore montrée à la hauteur de l’événement. Si elle ne réagit pas à l’inacceptable, elle s’expose à être perçue  comme inféodée aux intérêts économiques et aux discours sécuritaires primaires.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                      Genève  , le 18 juin 2019

L’arrogante réunion de Bilderberg

La conférence de Bilderberg va se tenir à Montreux du 30 mai au 2 juin.  Le palace a été totalement réquisitionné et bunkerisé pour recevoir les cent-trente participants. Ceux-ci s’engagent à ne pas quitter le palace  ( mise à part le jogging et le sport ) pendant toute la durée de la conférence. A l’issue de ce huis-clos, aucun compte-rendu ne sera fait et la confidentialité régnera sur les débats. Ce grand  raout, asservi à la finance internationale, s’autorise le droit de définir les orientations économiques du monde. Cependant, les participants, qu’ils soient autoproclamés, cooptés ou invités ne représentent qu’eux- mêmes et n’ont aucune légitimité . Ils bafouent les principes élémentaires de la démocratie et de la diversité. En effet, combien y a-t-il d’écologistes et de socialistes à cette conférence ? Combien y a-il des représentants chinois, indiens, africains ( qui représentent à eux seuls plus de la moitié de la population mondiale) ? Cette gouvernance autoproclamée ne sert que les intérêts économiques occidentaux. Elle n’a pas compris qu’il fallait changer du logiciel du tout-économique et de la croissance-à-tout prix et intégrer de nouvelles valeurs. Il est regrettable que notre président , Ueli Maurer, s’associe à cette triste pantalonnade et serve de caution à cette grand-messe des Puissants.

 

Daniel Fortis                                                                                                      Genève,  le 28 mai 2019

 

IRAN Le diktat américain et l’asservissement européen

En réaction à la forfaiture américaine et en toute légitimité, l’Iran s’est retiré partiellement du traité nucléaire. Son président réformateur Rohani s’est battu contre les faucons du régime pour signer ce traité et permettre à l’Iran de s’ouvrir pacifiquement au monde. Il a scrupuleusement respecté tous ses engagements. En 2016, Donald Trump, avec un rictus haineux, a exhibé devant les médias le décret entérinant un ignominieux  reniement. L’Europe a émis une timide désapprobation et s’est « couché «  servilement devant les Etats-Unis. Pendant trois ans , Rohani a exhorté en vain les autres signataires à respecter leurs engagements. Aujourd’hui, il leur demande de se déterminer entre la lâcheté ( céder au chantage américain) et la dignité ( respecter une parole). En rejetant ce qu’elle qualifie d’ultimatum, l’Europe se déshonore  et devient spectatrice de l’hystérie belliciste de l’axe américano-israélo-saoudien.

En 2003 , Bush avait mis , La Corée du Nord , l’Irak et l’Iran dans l’Axe du Mal. Aujourd’hui ,Trump «  flirte » avec la Corée du Nord. Les Etats-Unis ont écrasé l’Irak en commettant un crime contre l’humanité. Reste l’Iran que les Etats-Unis tentent d’asphyxier. Cependant ils n’arriveront pas à leur fin. L’Iran avec ses 7000 ans d’histoire et sa population chaleureuse, instruite, cultivée et fière triomphera de la fourberie des Etats-Unis dont l’histoire de 300 ans n’est faite que d’ethnocide , de racisme, d’esclavagisme, de violence, de matérialisme et de compulsion à l’argent. L’Europe se grandirait à refuser le diktat américain et retrouverait une respectabilité en  honorant ses engagements.

 

Daniel Fortis                                                                                                             Genève, le 13 mai 2019

Les enseignements de l’incendie de Notre-Dame

La chronologie des événements de l’incendie de Notre-Dame est surprenante. A 18 h20  une alarme de détection de fumée se déclenche. Pendant 20 minutes, des investigations  sont entreprises. De façon incompréhensible, elles ne donnent aucun résultat. Les premières flammes déclenchent une deuxième alarme  à 18 h 40. A ce moment,  les pompiers sont alertés. Ils arrivent à 18 h 57 soit près de 40 minutes après la première alarme !! Leur combat contre le feu est déjà perdu. L’embrasement de la charpente est inexorable. Les moyens des pompiers sont totalement dérisoires . Ils assistent impuissants à la propagation du feu.  Avec un courage qui force notre admiration , ils sont réduits à arroser les parties en maçonnerie pour  les protéger de dégâts superficiels ( leurs destructions n’étant pas en cause ) et à maîtriser les poutres incandescentes tombées dans la nef. Sans minimiser leur action, il faut être objectif et reconnaître que le feu  ne s’est arrêté que parce que celui-ci n’avait plus de carburant. La déclaration objective et humble du capitaine des pompiers «  nous avons fait ce que nous pouvions faire » tranche avec le discours officiel . Celui-ci  cache mal le manque de réactivité et le défaut de procédure après la première alarme et, surtout, l’ impuissance absolue contre un  élément naturel comme le feu. Cela ne nous amène-t-il pas à faire une analogie avec le réchauffement climatique ? Le manque de réactivité de nos dirigeants face aux urgences environnementales est irresponsable . S’ ils ne réagissent pas aux  premiers signes d’alarme, ils deviendront totalement impuissants face à l’Inéluctable.

 

 

Daniel Fortis                                                                                                    Genève,  le 20 avril 2019