Autosatisfaction américaine

Après les élections irakiennes, l’autosatisfaction du gouvernement des Etats-Unis s’affiche dans tous nos médias. La participation à cette élection est présentée comme une victoire et tous les pro-Bush donnent dans la jubilation. Oubliés les mensonges, oubliés la manipulation, oubliés les 100.000 morts ( qui n’ont pas voté ) oubliés les répressions ( où était les bureaux de vote à Falloudja ? ), oubliés les tortures, on se congratule après cette élection. Une élection dont on connaissait d’avance le résultat. Une élection qui entérine le drame de l’Irak, la partition entre les trois communautés, chiite, sunnite et kurde et marginalise les sunnites.

Ce taux de participation présenté comme exceptionnel est tout à fait normal.

La violence et l’insécurité ne se situant que dans un triangle sunnite, il était tout à fait normal que les Kurdes, d’une part, votent pour leur permanente revendication d’indépendance et que les Chiites, assurés de leur victoire, votent massivement dans des régions qui étaient sécurisées.

Comment peut-on se réjouir de la tenue d’une telle élection ? Une centaine de listes de partis avec plusieurs milliers de candidats dont on ne connaissait ni les noms ni le programme. Une élection qui n’a suscité aucun débat sur le fond. Une élection avec comme seuls critères, la religion et le régionalisme. Quel crédit pourrions nous accorder à un scrutin en Suisse où le choix de nos élus se feraient selon notre appartenance à la religion catholique ou protestante ?

Finalement, comment peut-on légitimer une élection dans un pays occupé et quadrillé, toutes frontières bouclées, où des scrutateurs irakiens « indépendants » vont entériner les résultats. La communauté internationale, sans avoir été sollicitée pour vérifier ceux-ci, acceptera sans sourciller cette parodie de démocratie.

Succès titanesque

Tous les médias ont relaté l’exploit historique de l’atterrissage de Huygens sur Titan, le satellite de Jupiter. La jubilation des scientifiques devant leurs écrans nous a fait oublier, un moment, les malheurs de notre planète. La perspective de comprendre l’évolution de notre planète il y a trois milliards d’années a suscité des propos dithyrambiques sur l’avancée de nos connaissances. Un amalgame de spectaculaires animations virtuelles suivies de clichés ternes ( agrémentés d’une bande sonore !!! ) provoque l’extase de ces scientifiques fonctionnarisés qui pourront justifier et reconduire les énormes budgets qu’on leur octroie. Ils pourront aussi préparer de nouvelles missions dont le succès est curieusement et systématiquement assuré – s’ils ne confondent pas les mètres et les yards dans leur calcul.

Dans un monde, où les gouvernements sont incapables de mettre en place un réseau d’alerte rudimentaire pour avertir dans un délai de quelques heures la venue d’un tsunami, on fait joujou avec des engins sophistiqués afin de combler un vide quasi métaphysique. A l’heure où tous les voyants sont au rouge concernant la dégradation de notre environnement et où l’urgence d’une réaction mondialisée n’est pas de trois milliards d’années mais de quelques décennies, certains pays comme les Etats-Unis refusent de signer les accords de Kyoto. Les puissances occidentales préfèrent consacrer des milliards à la recherche spatiale pour asseoir leur suprématie et leur puissance.

Même si cette recherche peut être porteuse d’espoir, les retombées restent aléatoires et lointaines par rapport à l’urgence de la situation.

Que dirons-nous à nos enfants et petits-enfants lorsqu’ils nous demanderont « Qu’avez-vous fait au début du siècle pour sauvegarder la planète ? ».

« Nous explorions le système solaire… »

NAJAF, GUERNICA irakien

En 1937, une vague d’indignation a saisi toutes les démocraties européennes à l’annonce du bombardement par l’aviation allemande de la ville de GUERNICA. Un célèbre tableau de Picasso a stigmatisé la barbarie de cet acte.

 

En 2004, l’aviation américaine bombarde la ville sainte de NAJAF sans qu’aucune voix ne s’élève contre cette barbarie. Les médias anesthésiés égrènent le nombre de morts sans aucun état d’âme 100, 200, ……300 morts. Civils ou résistants à l’occupation, qu’importe, ce ne sont que des Irakiens traités soit de dommages collatéraux soit de terroristes ( les Allemands traitaient eux aussi les résistants français de terroristes ).Quel cynisme et quelle distorsion de la vérité !!! Avec une guerre légitimée par des mensonges, un pillage des richesses, une occupation cautionnée par un gouvernement fantoche de collabos corrompus et « parachutés » par des financiers américains, une répression sanglante accompagnée de tortures, que faut-il de plus pour que Mme Carla Del Ponte inculpe M. BUSH pour crime de guerre et crime contre l’humanité ?

Il était une fois le G8

Il y a un an, le centre de Genève se paraît de la couleur jaune.

Tous les signes extérieurs de richesse étaient occultés. Les belles voitures restaient au garage. Les vitrines des magasins de luxe se protégeaient derrière des panneaux. Les établissements bancaires donnaient congé à leurs employés. Les bourgeois désertaient la ville pour leurs résidences secondaires.

Les médias nous avaient paniqué. La police et l’armée avaient déployé un dispositif délirant. Les autoroutes, les douanes, le lac étaient interdits pour juguler la venue prévisible et inévitable de quelques 300 casseurs patentés, commandités par on ne sait qui. Des hélicoptères tournoyaient nuit et jour sur la ville pour contrôler et maîtriser la Genève d’en bas. L’état de guerre était déclaré à tous ceux qui contestaient le nouvel ordre mondial alors que les casseurs venus et repartis tout aussi mystérieusement sévissaient sans que la police ne réagisse.

A quelques dizaines de kilomètres, la ville d’Evian devenue une forteresse accueillait les « grands » de ce monde pour une garden-partie avec petits fours, poignée de main médiatique, sourires forcés, banalités, lieux communs et promesses hypocritiques. Pour cette pantalonnade des sommes vertigineuses avaient été dépensées. Le président BUSH « honorait » d’une visite-éclair cette parodie de gouvernance mondiale. Avec arrogance il savourait sa « victoire » irakienne. Il ne savait pas encore la tournure qu’allaient prendre les événements et persistait dans sa vision simpliste et débile : Les Bons et les Méchants, les Puissants et les faibles, les Riches et les pauvres, les Pollueurs et les pollués, les Manipulateurs et les manipulés.

A Genève, la population étrangement calme et résignée investissait tranquillement les places et les rues et s’exprimait sur les panneaux jaune. Les drapeaux de la Paix flottaient sur le pont du Mont-Blanc. Une atmosphère surréaliste planait sur Genève dans l’attente du cataclysme annoncé. Cette Genève fidèle à sa tradition prônait la paix, la tolérance et la vision d’un autre monde.

L’art de noyer le poisson

Le mercredi 28 janvier nous avons subi le délayage pseudo-juridique d’un lord sur les circonstances de la « mort » de M. David KELLY inspecteur en désarmement en Irak.

Ce rapport est un monument d’hypocrisie et une insulte à la justice.

Tony BLAIR n’aurait pas menti !!! Alors que tout le monde pressentait la manipulation autour du danger des ADM irakiennes, le premier ministre répétait obsessionnellement que l’Irak pouvait déployer en quarante cinq minutes les armes les plus effroyables. A-t-il cru en toute bonne foi les rapports tendancieux de ces services ? Il faudrait donc en conclure que le caniche de M. BUSH est d’une naïveté qui confine à la bêtise.

Cette parodie de recherche de la vérité déshonore la justice d’un pays dont les citoyens sont vraiment pris pour des c…

M. David KELLY réputé pour son intégrité et sa rigueur se serait donc suicidé ? Il n’aurait pas pressenti les remous suscités par ses déclarations ? Il n’aurait pas supporté le déshonneur d’avoir dit une vérité connue de tous ?

Ces questions n’ont pas effleuré Lord HUTTON qui a préféré ne pas soulever la chape de plomb que les services de police ont étendu sur les circonstances de la mort de M. KELLY.

Est-ce que l’évocation de l’assassinat de M. KELLY est plus ridicule que l’évocation des ADM de l’Irak ? Certainement pas.

Aux oubliés de Guantanamo

Vous, les rescapés du bombardement de la prison de MAZAR-EL-CHARIF.

Vous, les rescapés des camions de la mort.

Vous, les rescapés des massacres des moudjahidin.

Vous avez été mis en cage comme des animaux parce que vous avez cru trop fort aux dogmes de votre religion.

Vous portez des chaînes aux pieds mais vous ne savez pas de quoi vous êtes accusés.

Vous êtes brisés, humiliés et torturés depuis deux ans pour expier le drame du 11 septembre que la plupart de vous ignorait.

Vous êtes traités comme des sous-hommes au mépris des droits les plus élémentaires.

Vous êtes oubliés par toutes les instances internationales qui ne veulent pas froisser la susceptibilité des maîtres du monde.

Vous êtes victime de cette machination planétaire tendant à démontrer l’omniprésence du terrorisme. Le délire sécuritaire obsessionnel qui en résulte permet à des cow-boys texans, sous prétexte de la lutte contre le terrorisme, d’asservir le monde à leur nouvel ordre mondial débile : Les Bons et les Méchants, les Puissants et les Faibles, les Riches et les Pauvres, les Pollueurs et les Pollués, les Manipulateurs et les Manipulés.

Ce monde binaire ne peut que susciter la révolte et la violence. Et toutes les îles de notre planète ne suffiront pas à enfermer et à museler ceux qui s’opposeront à cette nouvelle dictature.

Un homme seul

Seul devant une procureur hystérique, seul devant des juges partiaux, seul devant mille cinq cents fonctionnaires à l’affût de n’importe quel témoignage accablant, seul devant un tribunal inféodé à l’OTAN, un homme se défend.

Seul devant l’Histoire qui a déjà condamné tous les dirigeants communistes, seul devant la responsabilité de la tragédie yougoslave, seul devant son peuple humilié qui, après l’avoir élu trois fois, l’a livré contre des dollars, un homme justifie ses actions.

Seul devant des accusations délirantes, seul devant des médias qui l’ont diabolisé, un homme se bat contre la désinformation, les mensonges et la pensée unique.

Ce procès ressemble à ceux que le régime stalinien faisait aux opposants à la pensée unique de l’époque, le communisme.

Avec son monolithisme et son entêtement M. Slobodan Milosevic se bat contre son inéluctable condamnation comme il l’avait fait contre le démantèlement irresponsable de la Yougoslavie fomenté par l’Occident. Son combat courageux et désespéré n’est pourtant pas vain. Les médias commencent à nuancer leur propos sur le bien-fondé de la « croisade » du Bien contre le Mal de la communauté internationale et ouvrent leurs yeux sur la brutalité unilatérale de l’OTAN et les résultats dérisoires pour la paix dans cette région meurtrie.

Lorsque M. Slobodan Milosevic a appris que trois procès distincts allaient être intentés contre lui, il a dit  » trois mensonges ne font pas une vérité « . Il s’est certainement trompé car une vérité inattendue surgira transformant l’accusateur en accusé et l’accusé en accusateur.

Le Monde Binaire Américain

LES BONS et LES MECHANTS

LES RICHES et LES PAUVRES

LES PUISSANTS et LES FAIBLES

LES MANIPULATEURS et LES MANIPULES

LES POLLUEURS et LES POLLUES

LES JUSTICIERS et LES JUSTICIABLES

LES OBESES et LES AFFAMES

LES LIFTES et LES RIDES

DANS QUEL CAMP ETES-VOUS ?

L’histoire est écrite par les vainqueurs

Quand l’Allemagne nazie triomphante occupait l’Europe, tous les résistants étaient qualifiés de terroristes manipulés par la propagande judéo-maçonnique ou par les bolcheviques.

A la libération, ces résistants devinrent des héros. En Irak nous sommes encore avec le raisonnement simpliste des envahisseurs. Tous les Irakiens qui s’opposent à la présence étrangère sur leur sol sont traités de terroristes manipulés et instrumentés par Alquaida. Quand le pays se sera libéré, ils deviendront aussi des héros. Cette guerre, basée que sur le mensonge et la manipulation, se révèle être aussi une guerre néocoloniale qui n’a aucune légitimité.. L’Irak, dépositaire de l’héritage de la grande civilisation mésopotamienne, a subi le malheur d’avoir dans son sous-sol du pétrole. Cette richesse maléfique a suscité la convoitise et la cupidité des pays occidentaux inféodés aux valeurs matérialistes.

 

Cette lamentable « aventure » et l’impasse dans laquelle se trouvent les Américains et leurs acolytes sont le résultat de l’arrogance, du cynisme et de la bêtise des va-en-guerre. Leur retrait précipité ressemble à une « débandade » politique et militaire qui laissera l’Irak dans le chaos et alimentera les extrémismes.

Les chiens aboient, la caravane passe

La conférence du G8 est enfin terminée. Cette parodie de gouvernance planétaire a montré toute sa vacuité. Le communiqué final est un délayage de banalités et de lieux communs affligeants. Ce show d’autosatisfaction est une insulte à la démocratie et les sommes dépensées pour cette pantalonnade sont scandaleuses. Entre les sourires figés, les poignées de mains ostensiblement médiatiques et l’hypocrisie des paroles, nous avons subi l’arrogance du maître du monde en escale à Evian savourant sa « victoire » irakienne et recueillant les marques de soumissions de ses vassaux. Ceux-ci n’ont pas ménagé leurs courbettes pour obtenir une part du gâteau. Ils ont du se renier et entériner le fait accompli de l’invasion de l’Irak et de l’appropriation de ses richesses.

 

Mais qu’importe, les marchés financiers indifférents à la contestation altermondialiste ont bien réagi à cette mascarade. Les chiens aboient, la caravane passe… Le fossé entre les riches et les pauvres s’agrandira au risque de voir s’y abîmer la caravane avec en fond sonore le hurlement moribond des chiens.