Archives de catégorie : divers

Le Valais doit faire son introspection

Après le drame de Montana-Crans, nos nuits ont été hantées par des images insoutenables. Une émotion collective nous a saisis face à ces vies fracassées. Le deuil national a donné lieu à des cérémonies empreintes d’humanité, avec des discours sincères et humbles. La solidarité nous a tous réunis.
Désormais, il faudra affronter l’incompréhension, les graves accusations et le dégât d’image du pays. L’enquête doit être implacable envers les gérants, les services techniques, le laxisme des contrôles et la complaisance des autorisations. Ces fautes manifestes ne doivent toutefois pas servir de fusibles pour protéger un système malsain.
Comment un gérant aux antécédents judiciaires aussi lourds a-t-il pu acquérir un bar uniquement avec des fonds propres, sans contrôle de leur provenance ? Cette question révèle la nature d’un système valaisan fondé sur la vénalité et le copinage.
Pour mieux comprendre le fonctionnement de l’administration valaisanne, l’émission de Temps Présent de 1977, « Cabale à Chermignon », disponible sur Play RTS, est édifiante, voire hallucinante. Il met à nu des pratiques dictées par le favoritisme, l’argent et la corruption.
Aujourd’hui, le blanchiment de fonds suspects, les investissements d’oligarques étrangers, l’évasion et l’optimisation fiscale attirent des personnes dont la seule préoccupation est l’appât du gain. Ces pratiques se font au détriment d’une gestion saine, d’une urbanisation harmonieuse et de la sécurité. Pour retrouver sa respectabilité, le Valais doit faire son introspection et engager des réformes profondes impliquant les politiques, magistrats, hauts fonctionnaires, notaires, banquiers et la bourgeoisie clanique. 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                 Genève, le 15 janvier 2026 

OCT , Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Tel est le slogan de l’office cantonal des transports (OCT) chargé des aménagements pour la circulation. Parmi les aménagements les plus alambiqués, incohérents, dangereux et onéreux ( place Cornavin, Belle Idée, etc ), celui , réalisé dernièrement aux  Grands Esserts, fait bonne figure. Le croisement de la route de Veyrier et de la route de Vessy a donné lieu à un nouveau délire de ses ingénieurs. Dans le but obsessionnel de respecter les normes dans leurs formes les plus extrêmes, ils ont accouché d’une « usine à gaz » avec d’immenses surfaces asphaltées, des circuits de rebroussements conflictuels et une pléthore de seize feux rouges qui occasionnent des attentes interminables.

Pour démontrer l’absurdité de cet aménagement, il suffit de se souvenir du simple et petit giratoire qui a géré, à la satisfaction générale, pendant trois ans, un trafic fluide sur une petite surface, sans feu et sans attente. Quel méandre réglementaire et sécuritaire a conduit à ce nouveau délire ? La binarité a phagocyté nos neurones et conduit à une société de moutons. Le numérique est géré par deux bits OUI ou NON, la politique par POUR ou CONTRE, la justice par BLANC ou NOIR et la circulation par des feux ROUGE ou VERT.  Dans le cas d’un giratoire, un seul feu ORANGE clignotant, ne peut-il pas nous rappeler que nous partageons un espace avec d’autres usagers et que le bon sens et le respect de l’Autre est la règle. Il faut responsabiliser les usagers de la route (comme tous les citoyens) pour ne pas sombrer dans une société où les citoyens, considérés comme irresponsables, ne sont gérables que par des injonctions binaires et des interdictions.

Daniel Fortis

Architecte- ingénieur EPFZ-SIA

1231 Conches                                                                                        Genève, le 15 décembre 2025

Les images de synthèse de la passerelle du Mont-Blanc

La lettre du jour (TdG du 3 octobre) qualifie d’enchantement la passerelle piétonne du Mont-Blanc soumise prochainement à la votation des habitants de la Ville. L’article est étayé par une alléchante photo de synthèse (voir annexe 1). Cependant celle-ci est totalement dissociée de la réalité. Le pont du Mont- Blanc avec son trafic polluant et assourdissant  de 55’000 passages par jour est complétement occulté. Pourtant la passerelle est pratiquement accolée au pont mis à part une légère oblicité. Son banc monolithe en béton orienté plein Nord ne sera attractif que lors des journées de canicule ( imaginez un jour battu par la bise !). Contre toute évidence, une autre photo de synthèse du panneau de la Ville (voir annexe 2) laisse croire que ce lieu puisse devenir un lieu de déambulation familiale, de prélassement et de séance de bronzage. Vision irréaliste car le soleil n’éclairera jamais le banc sous cet angle. L’ombre portée par les passants confirme l’incohérence de la photo.  Si le choix de l’emplacement de cette passerelle s’était porté  en aval du pont avec la charmante île Rousseau et un banc orienté plein sud, l’attractivité n’aurait fait aucun doute. L’utilisation fallacieuse de ces images de synthèse est une tromperie à l’égard des citoyens. L’affiche de la Ville sur le projet comporte des images d’une totale incohérence avec la réalité.  La démocratie ne fonctionne que  si les citoyens ont une information objective. La production d’éléments de synthèse produit par l’intelligence artificielle reste toujours tendancieuse et sert systématiquement son commanditaire. Ces pratiques sont dangereuses pour nos libertés et nos choix démocratiques.

Daniel Fortis

Architecte et ingénieur EPFZ-SIA                                                         Genève, le 7 octobre 2024

Soutien à la tribune de Genève

L’avenir de notre Tribune de Genève est inquiétant et la menace de sa disparition est dramatique. Ayant eu,  par votre intermédiaire, le plaisir d’avoir été publié à de très nombreuses reprises, je crains aujourd’hui que le courage et qu’une véritable  liberté d’expression ne disparaissent avec votre journal. Il est désolant que notre population soit privée de «  sa Julie » pour animer la vie genevoise, pour nourrir la vie politique, pour faire le lien entre le passé et le présent  et pour défendre l’identité et la spécificité de notre canton.

L’intelligence artificielle, les réseaux sociaux, la rentabilité, l’immédiateté, le sensationnel et  l’alignement rédactionnel sur des intérêts privés ne doivent pas l’emporter. Comment s’y opposer ? Certains  diront que c’est un combat d’arrière-garde. Je n’y crois pas. Nous pouvons agir en initiant un mouvement de résistance. Un comité de soutien et une souscription citoyenne cautionnée par nos autorités pourraient être une piste.  Si une action similaire était déjà en cours, je vous serais reconnaissant de m’en informer. Je suis prêt à m’investir dans la défense d’un monde où le mot humanité veut encore dire quelque chose. 

Daniel Fortis 1er septembre 2024