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Il était une fois le G8

Il y a un an, le centre de Genève se paraît de la couleur jaune.

Tous les signes extérieurs de richesse étaient occultés. Les belles voitures restaient au garage. Les vitrines des magasins de luxe se protégeaient derrière des panneaux. Les établissements bancaires donnaient congé à leurs employés. Les bourgeois désertaient la ville pour leurs résidences secondaires.

Les médias nous avaient paniqué. La police et l’armée avaient déployé un dispositif délirant. Les autoroutes, les douanes, le lac étaient interdits pour juguler la venue prévisible et inévitable de quelques 300 casseurs patentés, commandités par on ne sait qui. Des hélicoptères tournoyaient nuit et jour sur la ville pour contrôler et maîtriser la Genève d’en bas. L’état de guerre était déclaré à tous ceux qui contestaient le nouvel ordre mondial alors que les casseurs venus et repartis tout aussi mystérieusement sévissaient sans que la police ne réagisse.

A quelques dizaines de kilomètres, la ville d’Evian devenue une forteresse accueillait les « grands » de ce monde pour une garden-partie avec petits fours, poignée de main médiatique, sourires forcés, banalités, lieux communs et promesses hypocritiques. Pour cette pantalonnade des sommes vertigineuses avaient été dépensées. Le président BUSH « honorait » d’une visite-éclair cette parodie de gouvernance mondiale. Avec arrogance il savourait sa « victoire » irakienne. Il ne savait pas encore la tournure qu’allaient prendre les événements et persistait dans sa vision simpliste et débile : Les Bons et les Méchants, les Puissants et les faibles, les Riches et les pauvres, les Pollueurs et les pollués, les Manipulateurs et les manipulés.

A Genève, la population étrangement calme et résignée investissait tranquillement les places et les rues et s’exprimait sur les panneaux jaune. Les drapeaux de la Paix flottaient sur le pont du Mont-Blanc. Une atmosphère surréaliste planait sur Genève dans l’attente du cataclysme annoncé. Cette Genève fidèle à sa tradition prônait la paix, la tolérance et la vision d’un autre monde.

Un mauvais film

Le résistant altermondialiste, JOSE BOVE, a été arrêté le dimanche 22 juin à 6 heures du matin. Une escouade de gendarmes et un hélicoptère ont investi sa ferme à MILLAU. Sans sommation, sa porte a été défoncée. Brutalement réveillé, le « criminel » est menotté et poussé dans l’hélicoptère pour être interrogé et incarcéré dans une prison. Ce scénario ressemble à celui d’un mauvais film relatant l’arrestation d’un résistant par la milice ou la Gestapo.

Non, nous ne sommes pas en 1944 pendant l’Occupation, mais en 2003, avec des gendarmes de la cinquième République plus préoccupés à arrêter un altermondialiste accusé d’avoir arraché quelques plants de riz transgéniques, que d’arrêter l’assassin du préfet ERIGNAC. Il n’existe aucune clémence pour ceux qui s’attaquent aux sociétés agroalimentaires qui contrôlent le marché mondial des O.G.M ( qu’on devrait appeler A.D.M : Aliment de Destruction Massive faute de trouver les armes ).

Nous ne savons pas s’il faut rire ou pleurer de cette justice bananière.

Une chose est sûre, les altermondialistes font peur à la classe politique inféodée au pouvoir de l’argent. La violence disproportionnée de cette arrestation est révélatrice du désarroi et de la panique des politiques devant la vague de fond altermondialiste qui ne cessera de grandir si l’homme et son environnement ne sont pas pris en compte.

Droit d’ingérence et néocolonialisme

Lors des dernières votations, le peuple a accepté, à une courte majorité, que les soldats suisses soient armés lors de leur intervention sur sol étranger.

Cette votation « pour ou contre les soldats armés » a éludé totalement la question essentielle du droit d’ingérence.

De façon spécieuse, le conseil fédéral a présenté l’ingérence comme un droit acquis.

Mais, où trouve-t-on dans les lois ce droit d’ingérence ?

Quelle instance s’arroge le droit de décider d’intervenir ou de ne pas intervenir à l’étranger ?

Quel pays bénéficie de ce droit d’ingérence ? La Suisse pourrait-elle prendre l’initiative, conformément au droit d’ingérence, de s’interposer entre les Israéliens et les Palestiniens pour empêcher la répression d’un côté, le terrorisme de l’autre et faire respecter le gel de la colonisation des territoires palestiniens ?

Il est évident que les pays les plus puissants s’arrogent ce droit : Les Etats-Unis au Kosovo, la Russie en Tchéchénie et la Chine au Tibet. L’Europe, elle-même, ne dispose que d’un strapontin dans les instances de l’OTAN.

On peut s’attendre, dans ces conditions, à ce que nos soldats ne soient que les valets des Puissants et que notre neutralité soit bradée.

Les Etats-Unis se considèrent comme la référence suprême. Ils désignent les gentils et les méchants. Ils instituent des tribunaux à leur solde, détruisent et tuent au nom du Bien.

Le dernier scrutin a escamoté le véritable enjeu et a occulté l’allégeance faite à la grande « civilisation » occidentale qui a inventé cette nouvelle forme de colonisation.

L’alignement de la Suisse à la politique impérialiste de l’Occident nuira à son image de Terre de dialogue, de neutralité et de paix.

La Guerre des Balkans

C’est le triomphe des armes,
C’est le triomphe de l’impérialisme occidental,
C’est le triomphe du « Bien sur le Mal »,
C’est le triomphe de l’arrogance,
C’est le triomphe de la pensée unique,
C’est le triomphe du nouvel ordre mondial.

 

C’est l’asservissement des médias,
C’est l’asservissement des tribunaux.

 

C’est la manipulation de l’information,
C’est la manipulation de l’opinion publique,
C’est la manipulation des consciences.

C’est aussi l’avènement d’un monde

où les peuples sont transformés en une masse d’individus indifférenciés, sans identité, sans histoire et sans culture.

où la pensée unique est imposée par le matraquage audiovisuel et la diabolisation de la pensée « politiquement incorrecte ».

où les Hommes, otages des marchés financiers, sont transformés par abrutissement en consommateurs dociles et interchangeables dans une société soumise aux seules lois économiques.