La menace planétaire sur nos démocraties

Les cyberattaques  se multiplient . Des hackers neutralisent et rançonnent des entreprises , des industries, des administrations et des  hôpitaux. Ils exploitent les mêmes failles de logiciels  que  la NSA  a abondamment utilisées pour nous espionner.  Les  apprentis-sorciers de l’agence de sécurité américaine sont à l’origine de ces fuites. Ils devraient mettre tout en œuvre pour lutter contre cette nouvelle forme de terrorisme. Imaginez  les conséquences des piratages des systèmes de sécurité des centrales nucléaires, des administrations , des services de la santé, des systèmes de signalisation routières, des contrôles aériens ou des états-majors des armées. . Cette menace apocalyptique est infiniment plus dangereuse que la menace terroriste djihadiste. Cependant , face à cette nouvelle menace,  que font nos gouvernements ?  Ils paraissent ne pas avoir pris conscience du danger car ils  ne consacrent que peu de moyens pour nous en protéger. Ont-ils encore les moyens de s’y opposer ? La nouvelle gouvernance mondiale des  GAFA  ( Google, Apple, Facebook  et Amazon) a déja pris le contrôle de nos vies privées. Pourquoi  ces « monstres » ne s’attaqueraient-ils pas à  la sphère publique et à nos administrations ? Si rien n’est entrepris, nos démocraties  et nos civilisations se dilueront  dans l’avancée rampante de ce totalitarisme numérique.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                      Genève,  le 28 juin 2017

 

La jeunesse ne s’indigne plus

Le président américain Trump a défié le monde en refusant de signer les accords de Paris sur le climat. Son cynisme a brisé la solidarité de 195 pays engagés à protéger les générations futures. A ce « bras d’honneur» fait à la planète, quelle a été la réaction de nos jeunes et de nos étudiants ? Rien. Aucune manifestation, aucune révolte, aucune marche de protestation. Cette résignation est décevante. Au siècle précédent, les étudiants se mobilisaient et s’insurgeaient pour défendre leurs idéaux et leur avenir. Aujourd’hui, le culte de la jouissance et des divertissements, la dictature de l’apparence et le consumérisme compulsif étouffent notre jeunesse. Les GAFA ( Google, Apple, Facebook et Amazon) investissent leur cerveaux à tel point qu’ils ne perçoivent plus les enjeux et l’urgence de la situation. Pourquoi ne descendent-ils pas dans la rue pour s’indigner de la prise en otage de leur avenir? Ils sont pourtant capables d’aller à un concert à Manchester pour défendre leur mode vie ( privilégiée) d’une nébuleuse terroriste. Ils ne voient pas le danger de voir leur vie (tout court) et ,surtout, celle des laissés-pour-compte de la mondialisation, bouleversée par les changements climatiques. L’intelligence et le bon sens sont aujourd’hui marginalisés par l’hyper-information formatée et  uniforme, par le cloisonnement sociétal créé par les réseaux sociaux et par l’avènement de l’intelligence artificielle. Mais , celle-ci, sera-t-elle capable d’éviter, en 2100 , à nos petits-enfants de vivre dans des serres climatisées au milieu des océans ?

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                  Genéve, le 12 juin 2017

Le cauchemar de vivre avec l’état d’urgence

 A chaque événement terroriste, des mesures supplémentaires sont prises. Renforcement de l’état d’urgence, augmentation des effectifs de police, restriction des libertés, contrôle et fichage de la population, augmentation des budgets de l’armée , multiplication des interventions militaires et des assassinats ciblés. Ces mesures s’avèrent être complétement inefficaces et rentrent dans une spirale absurde  qui alimente l’hystérie sécuritaire et anxiogène à l’origine de la déviance psychopathe de quelques individus. De façon systématique, l’islamisme radical est pointé du doigt. Pourtant , dans la plupart des cas, les terroristes boivent du vin, consomment de la drogue et ne fréquentent pas les mosquées. Les revendications farfelues de Daesh sont diffusées par des sites suspects et manipulés. Tout est orchestré pour accuser la religion islamique. Personne ne veut voir le caractère psychopathe et suicidaire de ces individus qui basculent dans la barbarie en représailles à l’interventionnisme occidental. Il est évident que celui-ci le terreau du terrorisme. Il suffit de dresser la liste des pays attaqués pour comprendre le lien avec leurs interventions militaires irresponsables. Tout le monde ferme les yeux sur ces opérations qui tuent, humilient et nourrissent le ressentiment de ces « électrons-libres » exclus, déstructurés, désespérés qui ne perçoivent leur raison de vivre que dans la vengeance et la haine. Il est temps que les gouvernements concernés changent de logiciel pour analyser les causes de cette décomposition sociétale et identifient aussi leurs responsabilités. La perspective résignée de vivre en permanence en état d’urgence est un cauchemar.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                      Genève ,  le 7 juin 2017

 

 

 

Un G7 affligeant

Le  G7  s’est tenu le 26-27 mai à Taormina dans  un camp retranché sous haute protection. Cette gouvernance mondiale autoproclamée a accouché d’un pitoyable échec dont  l’indicible président américain Trump porte la responsabilité. Sans aucune légitimité, si ce n’est la légitimité des Riches ou de ceux qui s’octroient le droit de posséder la bombe atomique, ce sommet a été une pantalonnade et une insulte au reste du monde. En effet, ces sept pays, Etats-Unis, Canada, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France et Italie ne représentent que 760 millions d’habitants soit 10% de la population mondiale. Ils se sont arrogé cependant le droit de décider à la place des 90% du reste de la planète. La Russie n’a pas été invitée sous prétexte d’avoir annexé la Crimée après un plébiscite de sa population. La Chine (1400 millions), pourtant signataire du traité de Paris, était absente. L’Inde, 20 fois plus peuplée que la France,  est traitée de quantité négligeable alors qu’elle est exposée à un risque climatique extrême. Le communiqué final de cette conférence est affligeant. Sur le climat, l’obstruction des Etats-Unis aurait mérité une condamnation unanime pour parjure. Sur les drames migratoires ( dont ils sont directement responsables), les participants n’y ont fait aucune allusion alors qu’à quelques kilomètres des corps d’immigrés s’échouent sur les plages siciliennes. Sur le terrorisme, alors là, ces  marchands d’armes sont unanimes pour augmenter les budgets militaires .Ils savent pourtant que les armes sont inopérantes dans cette guerre. Ils ne veulent pas comprendre que leur dictature arrogante sur la planète est à l’origine des « vocations » terroristes.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                  Genève, le 29 mai 2017

  

Le cynisme américain

Le président Trump a fait l’honneur de sa première visite à l’étranger au plus abominable régime de la planète, le royaume saoudien. Dictature , corruption , répression, musellement de la presse , asservissement de la femme, exécutions capitales dans la rue, terreau salafiste du terrorisme. Rien ne rebute le clownesque président quand il signe des contrats de 380.000.000.000 dollars avec 110.000.000.000 dollars pour des armes au prétexte de la guerre contre le terrorisme ( dont le régime est sournoisement le commanditaire) .Cela démontre l’hypocrisie et le cynisme de la politique américaine. Il est évident que cet armement sera dirigé exclusivement contre les chiites et l’Iran. Longtemps  diabolisé,  le gouvernement iranien a pourtant montré sa volonté de coopérer et son peuple de s’ouvrir au monde avec l’élection de Rohani. Il mériterait d’être respecté et soutenu dans ses efforts. Cette évidence s’impose à tous sauf  aux deux richissimes comparses. Leurs bellicismes attisent le feu au risque de provoquer une guerre et un exode massif de migrants vers l’Europe. A l’abri de ces conséquences , cette perspective laisse  l’administration américaine indifférente. Pourtant, une part infime de ces faramineux contrats pourrait contribuer à soulager la désespérance et la souffrance dans cette région et contribuer à la paix. Il est fondamental que l’Europe ( peut-être sur l’impulsion de Macron)  s’affranchisse de cette politique atlantiste délétère et promeuve une politique européenne porteuse d’espoirs.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                           Genève,  le 22 mai 2017  

Une nouvelle forme de terrorisme

Ces derniers jours, des industries, des administrations, des ambassades et des hôpitaux ont été la cible d’une cyberattaque mondiale. Ces rouages essentiels de notre société ont été neutralisés , paralysés et rançonnés. Cette prise en otage odieuse n’est qu’un avertissement. Potentiellement, cette nébuleuse criminelle  est capable  d’asservir , avec un clic de souris, la planète. Imaginez une prise contrôle des systèmes de sécurité des centrales nucléaires, des administrations publiques , des services de la santé, des services de distribution électriques, des systèmes de signalisation routières, des contrôles aériens ou des état-majors des armées. Ce cataclysme ferait des  millions de morts et transformerait le monde en un capharnaüm . Cette menace terroriste tentaculaire , sans aucune commune mesure avec celle de quelques psychopathes djihadistes, est une épée de Damoclès. Le 13 septembre  2001, deux jours après les attentats, une guerre totale contre le terrorisme islamiste était déclarée sans preuve. Aujourd’hui, face à une menace identifiée et infiniment  plus dangereuse,  les gouvernements sont sans réaction. Ont-ils encore les moyens de s’y opposer ? La nouvelle gouvernance mondiale des  GAFA  ( Google, Apple, Facebook  et Amazon) a déja pris le contrôle de nos vies privées. Pourquoi  ces « monstres » ne lancerait-ils pas leur filet ( le net) pour contrôler la sphère publique et les gouvernements ? Ce totalitarisme numérique rampant est la plus grande menace pour nos démocraties et nos civilisations.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                              Genève, le 17 mai 2017

Le Hamas, une lueur d’espoir

L’article ( TdG du 28 avril ) « A Gaza, le poker menteur du Hamas » évoque avec  méfiance les nouvelles  orientations de la chartre du Hamas. Celle-ci  est pourtant porteuse d’un espoir de détente. Elle ne parle plus de la guerre contre les Juifs. Elle se distance des groupes extrémistes terroristes. Elle se rapproche de ses voisins modérés en s’affranchissant de la référence aux Frères Musulmans. Elle s’oriente vers  un rapprochement avec le Fatah pour la création d’un Etat Palestinien ( avec de facto la reconnaissance d’Israël ). Ces aspirations  à un avenir apaisé auraient mérité un autre titre que « le poker menteur du Hamas ». Il est contre-productif de traiter systématiquement de fourbes des propositions d’apaisement. La recherche de la Paix se fait à  petits pas  en acceptant de parler à son pire ennemi et en saisissant toutes les occasions les plus ténues comme les plus utopiques pour infléchir le cours de l’Histoire. Pour y contribuer , le gouvernement israélien, de son côté, va-t-il cesser la colonisation de la Palestine qui condamne irrémédiablement toutes les perspectives de paix ? Connaissant malheureusement la réponse, nos gouvernements et nos médias doivent sortir du postulat que « le Hamas est une organisation terroriste» et presser Israël à la modération et au dialogue pour apporter une lueur d’espoir de paix.

 

Daniel Fortis

1231  Conches                                                                        Genève, le 1 mai 2017

 

 

La victoire de la finance

Au lendemain du premier tour de la présidentielle française, la bourse de Paris a bondi de 4,14%  à l’annonce de la première place d’Emmanuel Macron. Les bouchons de champagne ont sauté dans les milieux de la Finance et de la Politique attachés à la préservation de leurs privilèges. Anticipant la victoire au deuxième tour, ils considèrent qu’il n’y aura aucun changement pour eux. Les affaires comme d’habitude ( Business as usual ), maintien des institutions  et redistribution politicienne des cartes aux Mêmes. Les questions essentielles telles que : rénover les institutions, repenser l’interventionnisme militaire, résister à la financiarisation du monde, produire avec discernement, combattre les clivages sociaux et culturels,  resteront sans réponse. Seul un saupoudrage de petites mesures destinées à « calmer » le peuple est proposé. L’essentiel est que le système perdure, que le « monopoly » de la finance continue pour les nantis et que les perspectives de profits fassent rêver les Autres. Ce mirage est tel qu’un accro de l’argent facile  a  organisé un attentat pseudo-islamiste contre le bus de l’équipe du Dortmund pour valoriser ses options de vente sur les actions du club ! Le monde de la Finance n’est pas mieux que le monde de la  haine et du repli sur soi du Front National. Ce choix dramatique proposé aux Français est révélateur de la déliquescence des institutions françaises.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                 Genève,  le 25 avril 2017

La diabolisation de Mélenchon

La classe politique française est en plein désarroi face à  la montée dans les sondages du candidat de la France insoumise. Elle considère que son élection serait une tempête dévastatrice. Celle-ci est cependant perçue par toujours plus de Français comme une brise vivifiante régénérant le débat et posant les vrais enjeux. Réformer la Ve République ? Modérer l’interventionnisme militaire ? Résister au capitalisme sauvage ? Produire avec discernement ? Combattre les clivages  sociaux et culturels ? Donner la parole au peuple ? Naturellement les réponses du candidat peuvent paraître pour un grand nombre comme utopiques . Ses concurrents vont tirer « à boulets rouges » sur son programme « dangereux ». Arriveront-ils à endiguer cette vague qui porte l’espoir d’un monde meilleur ? Certainement car la diabolisation sera trop forte. Son talent oratoire, sa grande culture et sa philosophie politique ne suffiront pas. Nous resterons avec des questions fondamentales non-résolues mais nous nous souviendrons du silence de la foule dans le port de Marseille quand Jean-Luc Mélenchon a récité un poème dédié à la Paix. Un rare moment dans cette campagne.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                          13 avril  2017