Archives pour la catégorie international

Une incompréhensible et suspecte passivité

La presse nous a appris que le dernier numéro du magazine Dabiq est disponible sans problème sur internet . Les thèmes de cette revue de propagande de l’Etat Islamique sont l’apologie des attentats, l’appel au meurtre des mécréants , des photos de massacres, la condamnation des homosexuels et la description idyllique de la vie sous le califat . La possibilité d’accéder aussi facilement à cet agent de radicalisation est incompréhensible. Que font les services antiterroristes du monde entier pour bloquer la propagation de ce poison ? Alors qu’un imam prononçant le dixième des monstruosités de cette revue serait immédiatement arrêté, les services de sécurité du monde entier, de façon incompréhensible, laissent se propager cette haine sur le Net. Le blocage de ces sites aurait  dû être leur priorité depuis de nombreuses années. Ils préfèrent instaurer des lois liberticides à l’encontre de tous les citoyens pour ,paraît-il, combattre le terrorisme. Qu’ils commencent par Dabiq ! Leur suspecte passivité nous  interpelle. On peut se demander si ces sites ne les arrangent pas pour entretenir la peur et  pour faire passer, en les infiltrant, des revendications farfelues d’attentats perpétrés par des psychopathes. Cela s’appelle le management de la terreur. Ne l’oubliez pas lorsque vous voterez le 25 septembre sur la loi sur le renseignement. Cette peur entretenue et instrumentalisée est mauvaise conseillère.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                        1er septembre 2016

 

Impressions persanes

VOYAGE EN IRAN – 23 Octobre – 4 Novembre.
Expérience forte, dense, déroutante et apaisante qui remet l’église ( la mosquée ) au milieu du village.

Notre voyage s’est terminé sur la somptueuse place royale à Ispahan et la magie visuelle de la mosquée de l’imam. Sur l’esplanade de celle-ci, j’ai demandé à un représentant religieux islamique de nous délivrer un message. Après nous avoir remercié d’avoir choisi de visiter l’Iran, il nous a simplement demandé de témoigner de la réalité iranienne autour de nous. Elle est d’une extrême complexité historique, géographique, sociale, religieuse et elle a été déformée par des décennies de diabolisation et par un isolement imposé par l’Occident. Une question m’obsède : Comment des cow-boys primaires et violents ont-ils pu mettre ce pays dans l’axe du Mal ? Ce pays est pourtant dépositaire d’une histoire exceptionnellement riche qui a engendré les plus grandes avancées de notre civilisation, les premières agglomérations, l’agriculture, l’irrigation, l’écriture, l’astronomie et les premières lois sociétales. Au croisement de nombreuses civilisations et confronté à de nombreuses invasions, la Perse a su intégré toutes ces valeurs et permis les échanges entre l’Extrême-Orient et la Méditerranée. Dans le 20eme siècle matérialiste et productiviste, l’avidité des compagnies pétrolières, les coups d’Etats fomentés par celles.ci, la corruption, la mégalomanie et les répressions et, enfin, l’agression de l’Irak soutenu par l’Occident ont éprouvé ce pays qui n’a pu retrouver son honneur que dans la révolution islamique. Il en a résulté un Iran complexe et contradictoire qui m’a interpellé au travers de quelques expériences.
Les fêtes.
Dès le premier jour de notre voyage, Téhéran s’est habillé de noir. L’Ashurâ (commémoration schiite du martyre de l’imam Hossein) a transformé la ville. Cortège d’hommes se flagellant symboliquement, théatre de rue avec des acteurs surjouant la douleur et le drame, martellement assourdissant des tambours. Cette cérémonie d’un autre âge contrastait avec le nœud autoroutier à plusieurs niveaux qui surplombait la scène. Dans cette atmosphère pesante, notre présence pouvait interpeller. Notre appréhension s’est dissipée lorsque des femmes nous ont proposé des galettes de pain. Quelques jours plus tard à Pasargades, lors de la fête dédiée au roi Cyrus, nous avons été absorbés par une foule impressionnante et désordonnée de jeunes Iraniens. Modernes, branchés, volubiles et rieurs, ils ont déambulés dans un brouhaha joyeux autour du mausolée. Seuls étrangers, là aussi, nous avons été acceptés avec bienveillance et sollicités à de nombreuses reprise pour prendre des photos avec eux. Ces deux fêtes traduisent le dilemme de la société iranienne. Défendre l’identité islamique ou aller vers la modernité en honorant leur histoire préislamique.
Les retraités iraniens.
Par l’intermédiaire d’une amie iranienne, nous avons été invités chez un couple de retraités dans un quartier de Shiraz. Petite maison mitoyenne simple et confortable. Ambiance très chaleureuse malgré la barrière de la langue. Très investis dans les dernières technologies de l’informatique, ils n’ont pas ménagé leurs critiques au gouvernement pour sa politique économique et l’inflation galopante. Nous avons compris que la politique intérieure les préoccupait plus que les problèmes internationaux.
La société
Ce peuple de 80 Mio d’habitants, évolués, instruits, cultivés ne montre pas de complexe à notre égard. Notre haut pouvoir d’achat ne les incite pas au harcèlement dans les bazars. Leur attitude n’est empreinte que de bienveillance, de sourire et de cordialité. Combien de fois ai-je entendu « welcome » en les croisant. Rarement, je n’ai connu un tel sentiment de sécurité. Aucune agressivité, aucun ressentiment, aucune méfiance ne les habitent. Les services de sécurité sont très peu nombreux et discrets . Par expérience, je peux dire qu’un contrôle de vitesse en Iran diffère d’un contrôle aux Etats-Unis. Où trouve-t-on un policier qui nous escorte pour trouver un restaurant et nous propose éventuellement de venir manger chez sa mère ? Entre eux, le contact est très facile ,direct et respectueux .Dans les villes, la circulation cauchemardesque à nos yeux (sans agent ,sans feux, sans règle) ne pose pas de problème pour eux. Une belle leçon de civilité.
Paysage et architecture.
Pays d’une superficie près de trois fois plus grande que la France, la diversité géographique est exceptionnelle. La seule visite du centre de l’Iran nous a valu un périple de 1600 kilomètres sur une infrastructure autoroutière excellente. Ce monde minéral désertique met en valeur les villes-oasis de Kachan, Yadz, Shiraz et Ispahan (étapes de notre voyage). Ces villes se sont développées tout en préservant de vastes parcs autour des anciens quartiers. Les quartiers modernes ont une architecture très intéressante et innovante avec une recherche structurelle et volumétrique jamais anodine.
Mon espoir.
L’avenir de l’Iran doit se garder d’ évoluer vers le modèle des monarchies du Golfe inféodées à l’argent et à l’Occident ni vers un islamisme rétrograde. Sa riche histoire, la diversité de ses origines et ses poètes doivent l’inspirer pour s’ouvrir au monde. C’est la meilleure réponse à tous ceux qui ont mis injustement ce magnifique pays au ban des nations. Ils n’ont pas eu la chance de déambuler sur l’impressionnante place royale d’Ispahan et ses parcs qui dégagent un sentiment de sérénité et de paix.

Daniel Fortis

On nous raconte n’importe quoi

Si un auteur de livre policier envoyait à un éditeur un scénario inspiré des trois derniers attentats « terroristes » survenus en France, celui-ci serait refusé au motif de son invraisemblance. Comment croire qu’un étudiant algérien sans antécédent projette de plastiquer tout seul et subitement deux églises, tue sans raison une joggeuse, se blesse accidentellement par balle et appelle le SAMU et la police qui remonte jusqu’à une voiture pleine d’explosifs ! Comment croire qu’un père de famille, habitant avec ses deux enfants et sa femme, sans antécédent, unanimement apprécié par ses voisins, ses proches et son employeur, se lève un lundi matin pour aller décapiter celui-ci ! Comment croire qu’un petit revendeur de cannabis paumé sans antécédent projette tout à coup de s’armer d’une Kalachnikov enraillée, d’une arme de poing non-armée et tente de mitrailler des voyageurs d’un TGV dans une telle exiguité qu’il est immédiatement maîtrisé par des touristes militaires américains. L’impréparation et l’atrocité de ces actes devraient mener leurs auteurs directement en hôpital psychiatrique. Cependant les services gouvernementaux préfèrent surfer sur la menace terroriste qu’ils accompagnent peut-être en amont des faits mais certainement en aval avec un matraquage médiatique de la version officielle qui ne laisse la place à aucun doute.

Daniel Fortis
1231 Conches

Mohamed Morsi et l’Occident

Dans un tribunal égyptien, des juges inféodés à la junte militaire au pouvoir ont rendu leur verdict dans un pitoyable simulacre de procès. L’accusé, Mohamed Morsi, président démocratiquement élu par les Egyptiens en 2011, est enfermé, comme une bête sauvage, dans une cage à double grillage. Il reçoit la sentence : peine de mort pour trahison, espionnage et incitation à la violence. Avec lui, trente-quatre accusés (des Frères musulmans et des instigateurs laïcs du » printemps égyptien ») sont condamnés à mort ou à perpétuité. Quel est la réaction de l’Occident, grand défenseur des principes démocratiques ? Rien ou presque rien. Mis à part les Etats- Unis qui ont critiqué les méthodes de cette junte qui a pris le pouvoir en 2013 et qui s’est auto légitimé dans une élection truquée, l’Europe est non seulement restée muette, mais elle a déroulé le « tapis rouge » à l’usurpateur en bafouant les plus élémentaires principes de justice et de démocratie. A cet égard, la France a dépassé toutes les bornes en livrant des avions Rafale au dictateur Al- Sissi. Quelle légitimité peut-on encore avoir pour intervenir aux quatre coins du monde au nom des droits de l’Homme. Comment peut-on encore s’étonner qu’une telle injustice et qu’un tel cynisme ne nourrissent-ils pas la haine et le terrorisme ?

Daniel Fortis
1231 Conches

La nouvelle croisade de l’Occident

Une coalition internationale réunissant une quinzaine de pays occidentaux et une dizaine de micro-pays arabes inféodés à notre matérialisme est partie en guerre pour sauver le monde d’une secte appelée « Etat islamique » ! La menace: quelques dizaines de milliers d’illuminés primaires habités par une haine engendrée par le sentiment d’humiliation. Ils sont rejoints par des « paumés » de chez nous qui s’inventent une cause « romanesque » pour meubler leur vide intérieur et leur désoeuvrement.
Dans les années 70, des jeunes allaient nourrir leur délire existentiel dans les volutes de la drogue à Katmandou et des groupes anarchistes défiaient avec une extrême violence notre société. Des actions ponctuelles sur le terrain ont été suffisantes pour contenir ces derniers. Nul besoin de bombardements aveugles qui ne font que disséminer le Mal et alimenter la haine.
Notre interventionnisme disproportionné n’est accepté par nos opinions publiques que par l’émotion suscitée par la diffusion des abominables vidéos de décapitation (dont l’authenticité est mise en cause par certains).
Depuis le découpage absurde des frontières imposé par les Français et les Anglais en 1916, toutes les interventions des Occidentaux se sont soldées par un échec ( Afghanistan, Irak, Libye, Mali, Syrie) . Les seules fois où les pays occidentaux auraient pu intervenir pour faire respecter un choix démocratique en Algérie et en Egypte, ils se sont tus. Dans l’ignorance totale de ce qu’ils feront de leur « victoire »,leur nouvelle croisade contre les » forces du diable »sera perçue comme une nouvelle humiliation et ne fera qu’accentuer le chaos.

le combat de la tondeuse et de l’herbe

La répétition des images de la tragédie palestinienne commence à lasser nos médias. Les habitants de Gaza errant dans les décombres de leur maison, des enfants ensanglantés et hagards après la destruction de leurs écoles, les hôpitaux submergés par l’afflux des victimes, la fuite des habitants cherchant un abri après l’annonce cynique de la destruction programmée de leurs maisons : ces images ne font plus recette. L’humiliation et la souffrance des Palestiniens sont banalisées et laissent dans l’indifférence les islamophobes. De leur côté, les Israéliens sentent que l’indignation faiblit et que nos gouvernements ne réagissent pas aux crimes de guerre de Tsahal, ils organisent des manifestations soutenant le bellicisme israélien et estiment majoritairement qu’il faut terminer le « travail » .Quel cynisme et quelle manque de clairvoyance ! Ce travail est un massacre. C’est le combat absurde de la tondeuse contre l’herbe. Périodiquement ,au prétexte d’éradiquer la mauvaise herbe, ils tondent au ras du sol en massacrant fleurs et vie animale. Avec un effet inverse , ils stimulent la croissance de l’herbe. Ils ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre que les cycles de tonte et de pousse sont sans fin et que l’herbe finira toujours par gagner.

La Palestine: l’impossible paix

Au nom des Palestiniens parqués, divisés, sanctionnés et humiliés, des extrémistes ont cédé à la tentation de lancer des roquettes sur le territoire israélien. Ces actions inopérantes désordonnées, désespérées et pathétiques ternissent l’image de la résistance palestinienne et servent abusivement et opportunément de prétexte à un déluge de feu disproportionné sur les villes de Gaza avec des centaines de victimes civiles. Le Hamas, qui dernièrement s’était rapproché des positions modérées du Fatah, n’avait aucune raison de s’exposer à de telles représailles. Ce rapprochement avec le Fatah et la crainte d’une alliance avec celui-ci ont déclenché la fureur d’ Israël . S’estimant aggressé, le gouvernement israélien s’est engagé dans l’escalade militaire pour faire échouer les timides tentatives de négociations de paix. La perspective d’accords de paix a toujours fait peur à Israël. Les accords d’Oslo de 1993 négociés par Yitzhak Rabin et Yasser Arafat suscitaient un formidable espoir. Ces deux prix Nobel de la paix ont payé de leurs vies leur courage. Le président israélien a été assassiné par un extrémiste juif (aujourd’hui encore vénéré par les ultras) et le président palestinien a été empoisonné au polonium dans des circonstances les plus obscures. Le gouvernement israélien ne recherche pas la paix qui impliqueraient de facto la reconnaissance de l’Etat Palestinien. La supériorité militaire et le soutien des Etats- Unis les protègent et leur stratégie de victimisation les mettent à l’abri de toutes sanctions internationales et de toutes condamnations. Ils peuvent continuer à humilier, à coloniser , à annexer et à bombarder la Palestine jusqu’à son anéantissement.

La réponse du berger à la bergère

La  Russie  a  annexé  sans  coup  férir  la  Crimée  avec  le  plébiscite  de  ses  habitants.  C’est  la  réponse  du  berger  russe  à  la  bergère  européenne.  Celle-ci  s’était  ingérée  illégitimement  dans  les  affaires  ukrainiennes  et  avait  encouragé  le coup  d’Etat  pendant  les  jeux  de  Sotchi. Quelle  autre  réponse  le  président  Poutine  aurait-il  pu  faire  devant  la  menace  de  l’implantation  de  base  de   l’OTAN  et  de  la  marginalisation  de  la  population  pro-russe ? L’Europe  et  ses  médias  ont  oublié  que  tous  les  Ukrainiens  n’étaient  pas  pro-européens  et  que  ceux-ci,  séduits  par  le  mirage  européen , étaient  phagocytés  par  une  extrême  droite  nationaliste.  Noyau  dur  de  l’opposition,  celle-ci  a  refusé  de  discuter  des  importantes  concessions  faites  par  le  président  élu  et  a alimenté  pendant  trois  mois  un  climat  insurrectionnel .  Pendant  ces  troubles, les  médias  occidentaux  ont  en  permanence  diffusé  le  message  des  Gentils  Ukrainiens  pro-européens  opprimés  par  les  Méchants  Ukrainiens  pro-russes.  Cette  vision  simpliste  a  été  contredite  par la  réalité.  L’ Europe , pour  camoufler  sa  déconvenue,  en  est  réduite  à  utiliser  de pitoyables  rétorsions.  Elle  ferait  mieux  de  définir une  politique  étrangère indépendante  des  Etats- Unis   en  s’affranchissant  de l’emballement  médiatique.

La Vaporette Ou La Mitraillette

Les Etats-Unis ont choisi la mitraillette. Ils viennent d’interdire la vaporette dans les lieux publics (voir TdG du 21-22 décembre ) alors que la possession d’une mitraillette reste autorisé.

Les quatre cent mille morts annuels liés à la consommation du tabac auraient pourtant pu trouver un substitut à la nocivité mortelle de la cigarette et l’interdiction de la vente de mitraillette aurait pu abaisser le nombre des quarante mille victimes annuelles d’armes à feu.

Mais les sociétés du tabac et des armes sont trop puissantes et leurs actionnaires trop avides de dividendes.

Peut- être aurait-t-il fallu proposer aux marchands d’armes de fabriquer des vaporettes? Le choix des Etats-Unis aurait été différent.

Arafat: une laborieuse quête de la Vérité

Les laboratoires mandatés pour déterminer la cause de la mort de Yasser Arafat ont livré leurs conclusions. Avec beaucoup de circonspection, ils ont qualifié de raisonnable, vraisemblable et de cohérente l’hypothèse de l’empoisonnement du prix Nobel de la paix 1994.

Il aura donc fallu neuf ans pour authentifier ce crime en se gardant bien de parler de ses auteurs. En d’autres temps, il avait fallu un seul jour pour désigner Ben Laden responsable des attentats du 11 septembre 2001 et trois jours pour livrer les dix-neuf noms et biographies des terroristes.

D’un côté, une administration américaine qui boucle une enquête en trois jours avec des coupables désignés d’avance.

D’un autre côté, neuf années de tergiversations pour éviter à la justice de se prononcer sur le principal suspect.

En effet, la provenance du polonium et les méthodes sournoises de « nettoyage » focalisent les soupçons sur les services secrets israéliens du Mossad. La justice internationale jouera sa crédibilité dans la détermination et le courage qu’elle aura de rechercher toute la Vérité.