Archives pour la catégorie geneve

L’exode fiscal

De riches contribuables ont choisi de quitter Genève vers des paradis fiscaux à Monaco, à Londres, à Dubaï (TdG du 29 juin 2015). Quelle piètre attitude vis-à-vis de la ville dont le système politique, social, institutionnel et sécuritaire ainsi que le rayonnement et les infrastructures leur ont permis de développer leurs affaires et de constituer leurs fortunes. Si la volatilité de certains contribuables étrangers qui avaient choisi Genève pour son attractivité fiscale quittent aujourd’hui notre ville, cela s’inscrit dans le contexte du tourisme fiscal mondialisé malheureusement non sanctionné. Il n’en est pas de même éthiquement pour les contribuables genevois liés à l’immobilier et au notariat qui choisissent l’exode fiscal. Ils ont bénéficié pendant de nombreuses années de la flambée des prix due aux exilés fiscaux étrangers. Leur obsession d’échapper au fisc , la peur de l’échange automatique d’informations et leur cupidité leur font oublier la reconnaissance qu’ils devraient manifester à leur canton.

FORFAITS FISCAUX : (-1) x (-1) = +1

Le produit de deux nombres négatifs est positif. Cette règle pourrait expliquer le résultat surprenant du vote sur les forfaits fiscaux qui est en contradiction avec tous les sondages. En effet, à la question « Etes-vous pour l’abolition des forfaits ? Le vote NON correspond à « OUI aux forfaits « et le vote OUI correspond à « NON aux forfaits ». Si, pour les personnes informées, alertes intellectuellement et d’un niveau de scolarité suffisant , cela ne présente pas de difficultés de compréhension. Ce n’est pas évident pour une frange moins avertie de la population. Celle-ci a tendance à interpréter la question dans un système plus simple « Pour ou contre les forfaits « . Les réponses deviennent diamétralement opposées. . La confusion des esprits devant ce questionnement ambigu est évidente à Zürich où les résultats sont totalement incohérents avec la précédente votation. Dans une autre consultation populaire « Etes-vous favorable à l’interdiction de constructions de minarets ? Même cause, même effet. Un résultat incroyable en contradiction avec tous les sondages. Il est temps que nos autorités cessent de libeller les questions des votations de telle façon qu’une fraction de la population moins favorisée soit trompée en votant à l’inverse de ses convictions.

FORFAITS FISCAUX: VOIR PLUS LOIN.

L’UBS a participé à l’élaboration d’un rapport révélant que les Ultra-riches (plus de 30 millions de francs de fortune) n’ont jamais été aussi nombreux dans le monde. En pleine campagne pour la votation sur les forfaits fiscaux, cette information devrait susciter une réflexion au- delà des intérêts purement vénaux et égoïstes de notre pays et interpeller les défenseurs de cette pratique injuste. Pourquoi les Crésus s’enrichissent-ils inexorablement d’année en année alors que tous les signaux économiques sont dans le rouge ? Les raisons sont à trouver dans les montages financiers sophistiqués , l’évasion fiscale, la corruption, les cartels et ,aussi, les petits arrangements fiscaux comme les forfaits. Que deviendrait le monde si tous les pays courtisaient les Riches avec le dumping fiscal ? Un monde exsangue d’argent public où la démocratie et la solidarité succomberaient devant la dictature de l’argent et le libéralisme sauvage. Les défenseurs de cette pratique injuste prédisent un exode massif des étrangers bénéficiaires des forfaits. Les rares forfaitaires qui partiront vers d’autres cieux moins fiscalisés sont des personnes peu intégrées, opportunistes et volatiles qui n’apportent aucune plus-value à notre économie et n’entretiennent pas de relation forte avec notre pays. La Suisse ne doit pas rater l’occasion de montrer au monde l’exemplarité de sa décision de cesser de courtiser injustement les fortunes étrangères et de sortir de cette spirale infernale des Riches toujours plus riches et les Pauvres toujours plus pauvres.

Une traversée pour les Neutrinos

Votre journal (Le Temps du 10 février) nous a révélé le nouveau projet des physiciens du CERN : un anneau en tunnel de cent kilomètres nommé FCC ( Future collisionneur circulaire) partant de Meyrin et contournant le Salève avec, au passage, ce que les Genevois réclament depuis cinquante ans: UNE TRAVERSEE DE LA RADE.

Ainsi, les neutrinos et les bosons pourraient avoir leur traversée de la rade avant les Genevois. Pourtant, nous venons de dépenser six milliards pour le LHC (Grand Collisionneur de Hadrons actuellement à l’arrêt jusqu’en 2015) pour faire une démonstration quasi- métaphysique de l’existence du boson de Higgs.

Mais ce collisionneur ne suffit pas à ces scientifiques. Ils sont prêts à inventer une nouvelle théorie des particules pour justifier les coûts pharaoniques de leur nouveau « joujou ». Sans vouloir dénigrer la recherche fondamentale, il faut établir des priorités dans la recherche.

La dégradation de notre environnement et les dérèglements climatiques de notre planète ne devraient-ils pas être les priorités de la recherche?

En effet, que dirons-nous à nos petits-enfants lorsqu’ils nous demanderont «Qu’avez-vous fait au début du siècle pour sauvegarder la planète?» «Nous construisions des supercollisionneurs pour découvrir l’Ultime Particule».

Les ayatollahs de la sécurité

Ancien étudiant du collège Calvin, j’ai lu avec effroi dans votre édition du 8 janvier que la cour de cet illustre bâtiment allait être balafrée par une semi-autoroute en béton pour l’accès des pompiers. Un tracé en diagonale aggravera l’impact et saccagera toute l’ordonnance des arbres.

Qui a pu imposer une telle horreur?

Au nom de la sécurité et avec la bonne conscience du respect des normes les plus excessives, des techniciens du service du feu en sont responsables. Imbus de leurs prérogatives, ils refusent d’interpréter raisonnablement les normes et s’enferment dans le rigorisme.

Ces roitelets sévissent, sans aucun discernement, dans tous les domaines de la construction au détriment de la qualité des projets et avec un renchérissement injustifié des coûts. Il n’est pas question de contester le respect raisonnable des nouvelles normes mais de dénoncer le jusqu’au-boutisme de ces ayatollahs de la sécurité.

Notre Salève massacré

Le 17 juillet, la commune de Veyrier était enveloppée d’un épais nuage de poussière consécutif au dynamitage des parois du Salève. Le téléphérique émergeait de ce nuage après avoir surplombé une zone cauchemardesque – la gravière du Salève.

Celle-ci représente ce que l’Homme peut produire de pire.

Une zone dévastée, un univers minéral sans arbre, sans animaux, massacrée à l’explosif avec en fond sonore le bruit sinistre des éboulements. Notre Salève, ainsi balafré, est visible depuis la côte vaudoise jusqu’au Fort l’Ecluse. Plus d’un demi-million d’habitants du bassin genevois assiste impuissant au grignotage de ce patrimoine commun. La commune et les entreprises bénéficiaires de la concession dont la collusion est évidente… se donnent bonne conscience en déversant des produits brunâtres sur les parois rocheuses mises à vif.

Comment peut-on rester silencieux face au cynisme, à la cupidité et à l’arrogance des responsables ?

Les arguments, tels que le maintien de l’activité et de l’emploi et les retombées financières, sont négligeables par rapport à l’importance de ces dégâts irréversibles et la dévastation du Salève.

Cette obstination à exploiter cette gravière est une provocation pour tous les Genevois et ne contribue pas à harmoniser nos relations transfrontalières. Nos amis savoyards devraient le comprendre !

Il y a 10 ans

Il était une fois le G8.

Il y a dix ans, Genève se barricadait. La police et l’armée déployaient un dispositif impressionant. Les autoroutes, les douanes, le lac étaient interdits au prétexte de juguler la venue de casseurs fichés et instrumentalisés par « on ne sait pas qui ».

Tous les signes extérieurs de richesse étaient occultés par des panneaux jaune. Les établissements bancaires donnaient congé à leurs employés. Les bourgeois désertaient la ville et se réfugiaient dans leurs résidences secondaires. Des hélicoptères tournoyaient nuit et jour sur la ville. L’état de guerre était déclaré à tous ceux qui contestaient le nouvel ordre mondial, sauf les casseurs qui sont venus et repartis tout aussi mystérieusement sans que la police ne réagisse.

Pendant ce temps, la ville d’Evian, transformée en forteresse, accueillait les « grands » de ce monde pour une garden-partie avec petits fours, poignées de main médiatiques, sourires forcés, banalités et promesses hypocrites. Pour cette pantalonnade, des sommes vertigineuses avaient été dépensées. Après sa « victoire » irakienne, le président BUSH « honorait » d’une visite-éclair cette parodie de gouvernance mondiale.

A Genève, le temps s’était arrêté dans l’attente du cataclysme annoncé. Les Genevois se réunissaient dans une sorte de communion grave. Une atmosphère surréaliste planait sur la ville . Les drapeaux de la Paix flottaient sur le pont du Mont-Blanc pour prôner la vision d’un autre monde et un soleil radieux réchauffait les coeurs.

 

S.O.S. Places publiques

S.O.S. Places publiques.

La presse s’est faite l’écho du sentiment de la population genevoise s’agissant de l’aménagement de nos places publiques par nos autorités, en particulier, Cornavin, Bel-Air, les Nations et la plaine de Plainpalais. Circulation chaotique, dangerosité, disfonctionnement, incohérence, défiguration, manque de visibilité et de repères sont les principaux commentaires. Comment en est-on arrivé là ? La volonté de bien faire de nos autorités n’est pas en cause. C’est plutôt celle de trop « bien faire » en déléguant leurs réalisation à une pléthore de commissions, de spécialistes, d’ingénieurs et de services imbus de leurs prérogatives. Ces lieux symboliques devraient traduire une détermination, une ambition et une vision urbanistique. A la place de ces qualités , la technicité, le respect de normes excessives, surabondantes et tatillonnes et le rigorisme des roîtelets des divers services techniques empêchent toute créativité. Ce phénomène s’amplifie par la dualité et la concurrence que se livrent les services du Canton et ceux de la Ville de Genève. Cette guéguerre ne débouche que sur une frilosité décisionnelle avec des choix bancals qui ne satisfont personne et aboutissent à de « petits » projets bâtards. Il serait profitable que nos élus ouvrent leurs yeux sur d’autres réalisations à l’étranger et prennent un peu de risques. Les projets urbanistiques doivent avoir des concepteurs visionnaires et pluridisciplinaires avec un pouvoir décisionnel accru pour maintenir une ligne directrice forte et emblématique permettant de fédérer l’ensemble de la population.

BCGE Le procès en cache un autre

BCGE : Le procès en cache un autre

 

  

Après d’innombrables péripéties, le procès de la banque cantonale a repris. La politique des anciens dirigeants, faite de dissimulations, arrangements et temporisations, avait pour but de gagner du temps pour attendre une meilleure conjoncture. Aujourd’hui, les conditions actuelles de l’immobilier leur auraient donné raison et les pertes auraient été effacées. Mais que s’est-il passé entre-temps ? L’Etat de Genève, cédant à la précipitation, a créé la Fondation de valorisation qui s’est empressée de vendre, de façon opaque, les actifs de la banque. Information déficiente, attribution sans enchère, délit d’initiés et clientélisme ont entaché ces ventes d’immeubles. Ne peut-on pas aussi intenté un procès à   cette   fondation qui a bradé, de cette façon, les immeubles de la banque dont les valeurs étaient manifestement sous-évaluée? Cet hypothétique procès amènerait un éclairage décalé et nuancé sur le procès en cours.

 

  

 

Poncet se prend pour Verges

Poncet se prend pour Vergès

  

Le point commun qui lie Me Vergès et Me Poncet est leur propension à vouloir attirer sur eux les feux des projecteurs avec des causes « indéfendables ».

La comparaison s’arrête là. La mégalomanie, l’outrance et la provocation de Me Poncet n’ont rien à voir avec l’intelligence, la sensibilité et le courage de Me Vergès. Celui-ci choisit de défendre des personnes emprisonnées dont les actes ont déjà été condamnés par l’opinion publique et l’Histoire. Me Poncet, quant à lui, préfère défendre Khadafi, un dictateur terroriste, tortionnaire et preneur d’otages, mais courtisé par Sarkozy, Berlusconi et Bush.

Le premier sert une justice universelle pour écrire l’histoire. Le deuxième se sert d’un ergotage procédurier pour attaquer les autorités suisses en évoquant le droit international alors que son client retient actuellement en otage deux ressortissants suisses. Comment un avocat peut-il plaider dans le contexte d’un chantage aussi odieux ?