Archives pour la catégorie France

Syrie, quel gâchis.

Après une  guerre civile qui a fait  trois cent mille morts , dévasté un pays magnifique et répandu la haine , nous assistons, six ans après, au  retour à la case de départ avec un régime syrien conforté. L’ingérence et l’intervention occidentale (sans légitimité) ne sont-elles pas responsable de ce gâchis ?

Pour n’avoir pas vu la complexité de ce pays, pour avoir voulu imposer dogmatiquement une Syrie sans Bachar-el-Assad, pour  avoir ignoré le soutien d’un grand nombre des Syriens au régime, pour n’avoir pas compris qu’il n’y aurait pas de printemps syrien, pour avoir fantasmé sur une opposition modérée qui n’a jamais existé (si ce n’est dans les salons parisiens), pour avoir armé des résistants dont on ne connaissait rien et qui se sont révélés des djihadistes et ,enfin, pour avoir bombardé les monstres qu’elle avait engendrés, la coalition occidentale est à l’origine du chaos dans toute la région, du drame humanitaire des émigrés et d’un terrorisme qui est une réplique à  ses frappes aériennes.

Cette situation inextricable engendrée par notre arrogance et notre inconséquence ne pouvait être résolue que par des solutions radicales. La Russie a bien compris que l’islamisme modéré n’existe pas et que le régime syrien est incontournable. Son intervention au côté de celui-ci est brutale. Mais comment peut-il en être autrement ? Le réalisme de la politique russe peut être dérangeant  mais il est préférable à  l’errance et l’incohérence politique de nos donneurs de leçons.

 

Daniel Fortis

1231  Conches                                                                                                              1er décembre 2016

Les trois petits points noirs

La télévision française a réalisé un reportage sur le porte-avions Charles de Gaulle à la gloire de l’armée française qui défend, parait-il, la France de la menace djihadiste. Elle a interviewé les « courageux » pilotes qui vont aller bombarder Mossoul et ses deux millions d’habitants. Ces fiers soldats de la République ne se préoccupent pas de la catastrophe humanitaire qu’ils vont provoquer. Persuadés que leurs bombes ne vont tuer que les Méchants, ils préfèrent fermer les yeux sur les dégâts collatéraux. Sont-ils prêts à écouter la complainte du petit Mohammed ?

«Maman et moi étions dans le jardin de notre maison à Raqqa. Tout à coup, trois petits points noirs sont apparus dans le ciel. Ils grossissaient en faisant un bruit toujours plus fort. C’étaient des avions. Sur leurs queues, il y avait trois couleurs bleu, blanc et rouge. Maman et moi avons couru vers notre maison. Il y a eu une explosion. Un nuage de poussière m’empêchait de voir. J’ai crié et appelé ma  maman. Quand le nuage de poussière est parti, j’ai vu ma maman. Elle ne bougeait plus et du sang était tout autour d’elle. J’ai crié parce que le feu avançait. Elle ne m’a pas répondu. J’ai eu tellement mal que mes yeux n’ont plus rien vu. Maintenant, je suis  dans le ciel et il n’y a plus de petits points noirs qui font beaucoup de bruit »

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                                  2 octobre 2016

 

Fabriqué, déjoué et instrumentalisé

Les trois mousquetaires de la lutte antiterroriste, le compatissant Hollande, le soldat Valls et le sentencieux Cazeneuve ont remercié leurs services d’avoir déjoué la tentative d’ « attentat » au butane de trois jeunes femmes. L’une de celles-ci âgée de 19 ans ( naturellement radicalisée et fichée S ) emprunte l’auto de son père, met cinq bonbonnes de gaz dans le coffre (sans aucun système de mise à feu) et place ostensiblement une bonbonne vide sur le siège avant, abandonne la voiture dans une ruelle  et allume les feux de détresse pour être sûr que le premier passant alerte la police. Comment peut-on faire plus pour que cette tentative digne des pieds nickelés soit déjouée ? Et pourtant, cela n’a pas interpellé la sphère médiatique qui a relayé les déclarations de la police sans le moindre filtre d’un élémentaire bon sens. Cet « attentat » que leurs « auteures » ont tout fait pour qu’il échoue est à l’évidence une manipulation des services de l’Etat. Le management de la terreur est la spécialité du gouvernent français et est le dernier joker d’un président aux abois dans les sondages. L’ultime façon de remonter dans l’opinion publique (et cela marche) est d’entretenir en permanence la menace terroriste pour précipiter la population dans la peur et l’amener à soutenir ceux qui clament leur détermination à la défense de la patrie. Comment les médias français  peuvent-ils être dupes et complices de ces fourberies?

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                           10 septembre 2016

La France à la dérive

Le drame de Nice est un traumatisme qui met en évidence l’échec de la politique sécuritaire du gouvernement. L’état d’urgence, le fichage, les renseignements et les bombardements en Syrie ne sont que  duperies et  poudre aux yeux. Totalement inefficaces, ils font pourtant l’objet de surenchères de la part des guignols de la politique française qui s’écharpent pitoyablement sur ce drame pour servir leurs ambitions. Verra-t-on un jour un président français, s’affranchir de la pression politicienne et médiatique, bousculer le conformisme arrogant de l’ »élite » et briser les clivages de la société française ?

Un homme qui ose dire la vérité. Que l’état d’urgence, dirigé exclusivement contre la population musulmane, est inefficace et délétère. Que les attentats sont perpétrés par des délinquants déstructurés, d’électrons libres de la non-intégration  et de suicidaires qui se transcendent dans le martyre et l’horreur. Que les radicalisations « express »  sont une invention et une supercherie des services  pour camoufler les causes du désastre sociétal français. Que les interventions françaises en Lybie, au Mali et en Syrie sont incohérentes et illégitimes. Qu’elles  tuent dans l’indifférence des milliers de civils et donnent le prétexte à des représailles. Que le tout-sécuritaire prôné par Israël est une voie sans issue qui n’engendre que la haine. Que nos valeurs ne sont pas universelles et qu’elles ne doivent pas être imposées par la force. Que le « Vivre ensemble » ne peut exister que dans le respect de la diversité.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                                    21 juillet 2016

Les dérives de l’état d’urgence

Le 7 janvier, Tarek Belgacem a été abattu à bout portant par deux policiers devant le commissariat de la Goutte-d’or à Paris. La police a livré sa version : un individu brandissant un couteau de boucher a agressé deux policiers en hurlant « Allah Akbar ». Cette version est cependant en complète contradiction avec trois témoignages précis de riverains qui n’ont pas vu d’armes et qui n’ont pas relevé d’agressivité ni de cris. Les médias ont rapidement marginalisé ces témoignages et ont matraqué la version de la légitime défense en diffusant la photo du corps du « terroriste » avec, en incrustation dans l’angle, l’image floutée d’un couteau. L’alignement des médias à la version de la police s’aggrave quand la plainte pour homicide déposée par le père de la victime est passée sous silence. L’évidente et dramatique perte de sang-froid des policiers est la conséquence délétère de l’état d’urgence qui vise les Musulmans et qui exonère les forces de l’ordre de proportionner leurs actions aux circonstances. La justice française aura-t-elle le courage de dénoncer ces dérives sécuritaires et de condamner la falsification des faits ?

Daniel Fortis
1231 Conches

Un suicide très discret

A son grand soulagement, la justice française n’aura pas à se prononcer sur l’ »attentat » du 26 juin en Isère. Les médias nous ont appris discrètement la veille de Noël, dans un entrefilet, que son « auteur », Yassin Sahli, s’était suicidé en prison avec ses draps ou un câble électrique ( selon les versions ! ). Rappelons les faits : Un père de famille musulman, habitant avec ses trois enfants et sa femme, sans antécédent, unanimement apprécié de ses voisins, de ses proches et de son employeur, s’est levé un matin pour aller décapiter son patron ! Naturellement, la police a trouvé, à postériori, qu’il était inscrit dans son fameux fichier S et qu’il aurait été mystérieusement radicalisé en quelques mois. Les médias, sans émettre le moindre doute, relaient la version officielle. Pourtant, l’opacité de l’enquête et le suicide opportun de l’accusé devrait susciter au minimum un questionnement. Une étrange similitude lie les procédures des enquêtes sur les attentats terroristes : Bouclage et camouflage des lieux de l’attentat, mise à l’écart des journalistes, brigades d’intervention cagoulées, vidéos floutées des témoins, sélection des témoignages et éviction des témoignages dérangeants, arrestations et perquisitions des proches très médiatisées et leurs libérations très discrètes, fabrication « orientée » des biographies des terroristes et matraquage en boucle de la version officielle par l’intermédiaire des chaînes dite d’informations. Une « vérité » complétement verrouillée est ainsi livrée à l’opinion publique en misant sur la naïveté des citoyens. Il viendra cependant le temps où ceux-ci finiront par refuser leur manipulation et leur infantilisation.

Daniel Fortis
1231 Conches

Comment en est-on arrivé là ?

Après le traumatisme des attentats, le peuple français s’est mobilisé courageusement contre la barbarie d’individus en proie à des pulsions nihilistes et mortifères. Il réclame une réplique policière, judiciaire et militaire forte. La surenchère sécuritaire des politiciens est cependant dangereuse pour l’unité nationale et la vengeance est mauvaise conseillère. La riposte militaire des Etats-Unis après le 11 septembre 2001 a été à l’origine du choc des civilisations et est responsable du chaos actuel. Le gouvernement français doit s’interroger sur les raisons de ce déferlement de haine . Quelle est sa légitimité à faire le gendarme en Syrie ? Pourquoi a-t-il soutenu aveuglément et obstinément tous les opposants à Bachar-el-Assad dans l’ignorance de leurs desseins ? Pourquoi s’est-il affranchi de ses alliés pour aller bombarder seul des cibles isolées et aléatoires provoquant des morts civils ? Pourquoi ne pas admettre le lien de ceux-ci avec les attentats ? Pourquoi avoir utilisé son interventionnisme à l’étranger pour soigner son impopularité ? Personne ne répond à ces questions. Les politiciens et les « experts du terrorisme « dissertent sur l’Islam, le Coran, les sourates, les imams et les radicalisations et accusent la soi-disante aversion des Musulmans pour notre mode de vie et nos valeurs démocratiques et culturelles. Naturellement, ils se défendent de toute stygmatisation et amalgame. Cependant, ils ne font que renforcer l’islamophobie.
Daniel Fortis
1231 Conches

On nous raconte n’importe quoi

Si un auteur de livre policier envoyait à un éditeur un scénario inspiré des trois derniers attentats « terroristes » survenus en France, celui-ci serait refusé au motif de son invraisemblance. Comment croire qu’un étudiant algérien sans antécédent projette de plastiquer tout seul et subitement deux églises, tue sans raison une joggeuse, se blesse accidentellement par balle et appelle le SAMU et la police qui remonte jusqu’à une voiture pleine d’explosifs ! Comment croire qu’un père de famille, habitant avec ses deux enfants et sa femme, sans antécédent, unanimement apprécié par ses voisins, ses proches et son employeur, se lève un lundi matin pour aller décapiter celui-ci ! Comment croire qu’un petit revendeur de cannabis paumé sans antécédent projette tout à coup de s’armer d’une Kalachnikov enraillée, d’une arme de poing non-armée et tente de mitrailler des voyageurs d’un TGV dans une telle exiguité qu’il est immédiatement maîtrisé par des touristes militaires américains. L’impréparation et l’atrocité de ces actes devraient mener leurs auteurs directement en hôpital psychiatrique. Cependant les services gouvernementaux préfèrent surfer sur la menace terroriste qu’ils accompagnent peut-être en amont des faits mais certainement en aval avec un matraquage médiatique de la version officielle qui ne laisse la place à aucun doute.

Daniel Fortis
1231 Conches

La Turquie et la lutte antiterroriste

Les gouvernements occidentaux se sont réjouis du ralliement du gouvernement turc à la coalition internationale contre les terroristes de Daesh. Le premier jour, les avions turcs ont bombardé quelques positions terroristes et, insidieusement, dès le deuxième jour, ils ont visé une autre cible beaucoup plus importante pour eux : leurs ennemis séculaires, les indépendantistes kurdes qui combattent, pourtant eux aussi, Daesh. Allez comprendre la logique. Celle-ci ne peut être comprise que par l’instrumentalisation perfide de la lutte antiterroriste pour la défense d’intérêts politiques, géostratégique, expansionnistes et économiques. Au prétexte de celle-ci, les Américains ont envahis l’Afghanistan et l’Irak. Les Russes ont écrasé les indépendantistes tchétchènes. Les Chinois ont maté la rebellion tibétaine. Les Israéliens ont construit le mur de la honte pour sanctuariser leurs conquêtes territoriales et les Français font du néocolonialisme sur le continent africain. Sur le plan intérieur, la lutte antiterroriste a permis d’imposer à tout le monde le fichage et les écoutes téléphoniques ainsi que le controle de nos courriers, de nos déplacement et de nos dépenses par d’obscures services de renseignements qui exploitent la nébuleuse informatique et les réseaux « sociaux ». Tétanisé par une menace terroriste, mise en scène en permanence par nos gouvernements, les citoyens ne réagissent plus. Ils finiront par être transformés en une masse d’individus surveillés, manipulés et conditionnés pour fonctionner en consommateurs dociles et interchangeables dans une structure soumise aux seules lois économiques.

Daniel Fortis
1231 Conches

Mohamed Morsi et l’Occident

Dans un tribunal égyptien, des juges inféodés à la junte militaire au pouvoir ont rendu leur verdict dans un pitoyable simulacre de procès. L’accusé, Mohamed Morsi, président démocratiquement élu par les Egyptiens en 2011, est enfermé, comme une bête sauvage, dans une cage à double grillage. Il reçoit la sentence : peine de mort pour trahison, espionnage et incitation à la violence. Avec lui, trente-quatre accusés (des Frères musulmans et des instigateurs laïcs du » printemps égyptien ») sont condamnés à mort ou à perpétuité. Quel est la réaction de l’Occident, grand défenseur des principes démocratiques ? Rien ou presque rien. Mis à part les Etats- Unis qui ont critiqué les méthodes de cette junte qui a pris le pouvoir en 2013 et qui s’est auto légitimé dans une élection truquée, l’Europe est non seulement restée muette, mais elle a déroulé le « tapis rouge » à l’usurpateur en bafouant les plus élémentaires principes de justice et de démocratie. A cet égard, la France a dépassé toutes les bornes en livrant des avions Rafale au dictateur Al- Sissi. Quelle légitimité peut-on encore avoir pour intervenir aux quatre coins du monde au nom des droits de l’Homme. Comment peut-on encore s’étonner qu’une telle injustice et qu’un tel cynisme ne nourrissent-ils pas la haine et le terrorisme ?

Daniel Fortis
1231 Conches