Archives pour la catégorie France

L’ingérence française au Liban

Quelle légitimité la France a-t-elle d’interférer dans les affaires libano-libanaises après l’étrange démission de Saad Harari ? Considère-t-elle qu’elle a  toujours des prérogatives  découlant du protectorat qu’elle s’est octroyé de 1920 à 1944 en Syrie  ? Sous son mandat , elle a créé artificiellement le Liban en amputant une partie du territoire syrien. Cela a engendré le communautarisme, une instabilité permanente et une guerre civile sanglante. L’influence de la Syrie et la présence du parti chiite du Hezbollah au Liban ne sont qu’un retour à une réalité historique. Refusant celle-ci,  la France a rejoint la coalition des va-t-en-guerre composée des Etats-Unis, de l’Arabie Saoudite et d’Israël. Pour assurer la vente de ses avions de guerre, elle s’associe à la politique belliqueuse contre l’Iran qui, pourtant, n’a pas cessé de donner des gages d’apaisement et d’ouverture  en respectant tous ses engagements.  Ce n’est pas le discours grandiloquent  de Macron sur le rapprochement des civilisations sous la carapace de ferraille du Louvre d’Abu Dhabi qui éludera sa lourde responsabilité d’attiser la guerre entre chiites et sunnites. Il est loin le temps où la parole de la France était indépendante  et respectée pour sa sagesse . Souvenons-nous du discours mémorable de Dominique de Villepin à la tribune de l’ONU contre la guerre en Irak.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                           Conches , le 19 novembre 2017

Macron, l’extraterrestre

Pratiquement inconnu il y a une année, la planète entière s’est entichée de cet extraterrestre  dont personne ne sait qui il est, d’où il vient et où il va . Il a pulvérisé  la sphère politique française et muselé et soumis la machine médiatique. Jeune, pragmatique, brillant orateur, polyglotte, faisant varier des déclarations théâtralement hystériques et des déclarations de sagesse doctorale, il a mis tout le monde dans sa poche. Il s’est glissé avec volupté dans les habits de monarque que lui confèrent  les institutions archaïques de la 5eme république pour asseoir un pouvoir absolu. En grand communicant, il utilise la presse people pour maîtriser le roman de sa vie privée et scénarise toute ses interventions publiques. Avec un art consommé , il jongle avec ces paramètres comme un ordinateur programmé pour réussir. Les Français sont subjugués par ce président  jupitérien que rien n’arrête pour devenir un leader de la gouvernance mondiale. Lors de la visite du président américain du 14 juillet, il n’hésite pas endosser une blouse de psychiatre   pour amadouer Trump dont la santé mentale est problématique. Il a intérêt à réussir sa thérapie, sinon ce grand raout médiatique sous haute surveillance ressemblera aux accords désastreux de Munich  en 1938 .  Le  slogan «  Amerika first »  ne ressemble-t-il pas au sinistre «  Deutschland über alles » ? 

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                           Genève,  le 18 juillet  2017

La victoire de la finance

Au lendemain du premier tour de la présidentielle française, la bourse de Paris a bondi de 4,14%  à l’annonce de la première place d’Emmanuel Macron. Les bouchons de champagne ont sauté dans les milieux de la Finance et de la Politique attachés à la préservation de leurs privilèges. Anticipant la victoire au deuxième tour, ils considèrent qu’il n’y aura aucun changement pour eux. Les affaires comme d’habitude ( Business as usual ), maintien des institutions  et redistribution politicienne des cartes aux Mêmes. Les questions essentielles telles que : rénover les institutions, repenser l’interventionnisme militaire, résister à la financiarisation du monde, produire avec discernement, combattre les clivages sociaux et culturels,  resteront sans réponse. Seul un saupoudrage de petites mesures destinées à « calmer » le peuple est proposé. L’essentiel est que le système perdure, que le « monopoly » de la finance continue pour les nantis et que les perspectives de profits fassent rêver les Autres. Ce mirage est tel qu’un accro de l’argent facile  a  organisé un attentat pseudo-islamiste contre le bus de l’équipe du Dortmund pour valoriser ses options de vente sur les actions du club ! Le monde de la Finance n’est pas mieux que le monde de la  haine et du repli sur soi du Front National. Ce choix dramatique proposé aux Français est révélateur de la déliquescence des institutions françaises.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                 Genève,  le 25 avril 2017

La diabolisation de Mélenchon

La classe politique française est en plein désarroi face à  la montée dans les sondages du candidat de la France insoumise. Elle considère que son élection serait une tempête dévastatrice. Celle-ci est cependant perçue par toujours plus de Français comme une brise vivifiante régénérant le débat et posant les vrais enjeux. Réformer la Ve République ? Modérer l’interventionnisme militaire ? Résister au capitalisme sauvage ? Produire avec discernement ? Combattre les clivages  sociaux et culturels ? Donner la parole au peuple ? Naturellement les réponses du candidat peuvent paraître pour un grand nombre comme utopiques . Ses concurrents vont tirer « à boulets rouges » sur son programme « dangereux ». Arriveront-ils à endiguer cette vague qui porte l’espoir d’un monde meilleur ? Certainement car la diabolisation sera trop forte. Son talent oratoire, sa grande culture et sa philosophie politique ne suffiront pas. Nous resterons avec des questions fondamentales non-résolues mais nous nous souviendrons du silence de la foule dans le port de Marseille quand Jean-Luc Mélenchon a récité un poème dédié à la Paix. Un rare moment dans cette campagne.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                          13 avril  2017

 

 

Les institutions de la Ve République

Au deuxième tour des élections présidentielles françaises, le 7 mai 2017 , un président (quel qu’il soit) sera élu avec les voix de ses partisans du premier tour ( environ un quart des électeurs) et avec des voix à reculons (en se bouchant le nez). La majorité des Français sera ainsi soit frustrée, soit marginalisée. A cette détestable campagne , va succéder, un mois plus tard, la campagne des élections législatives. Le scrutin majoritaire va ouvrir la boîte de Pandore des marchandages, des corruptions et des compromissions. Ceux qui n’auront pas fait les bons arrangements seront écartés et confinés dans l’ opposition. A la rentrée, le président va faire un casting gouvernemental avec ses petits copains. En 2018, il va essayer de tenir ses promesses. En 2019 , il va louvoyer entre atermoiements et reniements. En 2020,  l’opposition va commencer  à parler de la présidentielle de 2022. Les médias vont aussitôt lancer la course aux fastes de l’Elysée pour un président-monarque. Pendant les deux dernières années du quinquennat, la France, ne va plus être gouvernée. L’élection  présidentielle va polluer la vie politique avec des discours grandiloquents et déclamatoires  qui se termineront par  des « boules puantes » dans une campagne détestable. Ce cercle vicieux prévisible devrait faire réfléchir les Français sur le maintien des institutions obsolètes et antidémocratiques de la Veme République. Elles sont un poison pour la cohésion nationale, le dialogue et le progrès . Elles donnent l’image d’un pays immobile, passéiste et jacassier que les  Français ne méritent pas.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                         Genève, le 25 mars 2017     

La toxicité du Front National

Le 16 mars 2017 , dans un établissement scolaire de Grasse, un « terroriste » de 16 ans a mitraillé ses camarades avec des armes prises au domicile de son père. Un islamiste radicalisé en partance pour la Syrie ?  Pas du tout, Kylian est un « bon «  petit Français sans histoire, fils d’un élu du Front National , radicalisé par les discours identitaires de son entourage et fanatisé par les images des massacres des suprémacistes blancs dans les écoles américaine. Cet attentat est bien plus grave que certains faits divers qualifiés abusivement de terroristes : le projet d’une jeune fille musulmane de 16 ans de partir en Syrie avec son nouveau  petit ami  ou l’attaque à la  machette à l’entrée du Louvre ou, dernièrement, les « conneries » d’un délinquant multirécidiviste et alcoolique à Orly . Ces faits sont cependant instrumentalisés pour stigmatiser les Musulmans et justifier l’état d’urgence. Leurs matraquages médiatiques  permettent de faire diversion pour ne pas répondre à cette question légitime. La déviance mortifère de Kylian ne trouve-t-elle pas son origine dans les discours de radicalisation, de violence, de haine du Front National ?

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                          Genève,  le 19 mars 2017

Où est notre liberté d’opinion ?

Imaginez que le parlement français vote une loi permettant de refouler à l’aéroport les étrangers, défendeurs de la cause animale, qui appellent à boycotter chez eux le foie gras français. Inimaginable et scandaleux, direz-vous ! Vous avez raison, la France et n’importe quel pays démocratique ne pourraient jamais faire ça.  Cependant, un pays, qui se dit démocratique, a pris une telle mesure. Le gouvernement israélien a interdit l’accès de son territoire aux étrangers qui appellent à boycotter chez eux les produits provenant des territoires palestiniens collonnisés. On aurait pu penser que cela suscite une réprobation générale. Détrompez-vous ! Dans l’édition TdG du 9 mars, sous le titre diffamant « Pas de subventions aux antisémites », nous apprenons que notre parlement national  a adopté une motion UDC  de supprimer les subventions aux ONG  accusées de boycotter Israël.  A méditer sur notre liberté d’opinion.

 

Daniel Fortis                                                                                                                                                           Conches                                                                                                                  Genève, le 8 mars 2017                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              

Ingérences religieuses

Mercredi 22 février, le conseil représentatif des institutions juives de France, le CRIF, a invité à son dîner traditionnel une grande partie de la classe politique française et les candidats à la présidentielle, François Fillon, Emmanuel Macron et Benoît Hamon. Leurs bonnes notes leur ont valu d’être invités  pour recevoir leur  « certificat  casher ». Les autres candidats, avec leurs mauvaises notes, n’ont pas été invités et n’ont pas reçu la bénédiction du CRIF. Ainsi, Marine Le Pen a le tort d’être la fille de son père, Jean-Luc Mélenchon a eu tort de prendre des positions pro-palestiniennes et l’écologiste, Yannick Jadot  a eu tort d’appeler à boycotter les produits provenant des territoires occupés. Quelle étrange république qui se revendique d’être la championne de la laïcité et de la séparation de la religion et de l’Etat et  dont les serviteurs se soumettent à cet examen religieux et communautaire ! A ce titre, les candidats, ne devraient-ils pas aussi solliciter  le « certificat  halal » auprès du Conseil français du culte musulman et aller à confesse auprès du Primat des Gaules ? Cette intolérable ingérence de la religion dans les débats bafoue les principes démocratiques.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                                       26  février 2017  

Colonisation, deux poids, deux mesures

Le candidat à l’élection présidentielle française, Emmanuel Macron, a déclaré que la colonisation française en Algérie avait été un crime contre l’humanité. Il a profondément blessé les rapatriés et ravivé la douleur de leur déracinement. Ils ne méritaient pas ces propos excessifs car ils pensaient de bonne foi que cette terre était la leur et que leur colonisation, teintée de paternaliste, était la plus acceptable de toutes les colonisations dans le monde. Aujourd’hui, notre vision de la colonisation a changé. Elle est perçue , à juste titre, comme injuste et intolérable. Alors , pourquoi la colonisation de la Palestine n’est-elle pas sanctionnée ? Avec cynisme, fourberie et arrogance, le gouvernement israélien colonise tous les jours, sous nos yeux,  la Cisjordanie  avec le soutien de l’administration américaine. L’occupation, l’annexion et la répression impitoyable de toute résistance mériteraient beaucoup plus que la France une condamnation pour crime contre l’humanité. La France a accepté la création d’un Etat algérien alors qu’Israël dénie au peuple palestinien le droit d’exister dans un état . Alors, Monsieur Macron , ayez le courage de dénoncer ce crime contre l’humanité !

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                                  20 février 2017

La France mérite mieux

La campagne de l’élection présidentielle pollue depuis deux ans la vie politique française. Avec une presse qui entretient la chikaya avec des petites intrigues politiciennes, avec des commentateurs politiques sentencieux qui exacerbent les enjeux , avec une multitude de sondages qui égarent l’opinion publique , avec des candidats qui privilégient l’éloquence et la posture au détriment du fond, les citoyens, manipulés par une hystérie sécuritaire et identitaire, doivent pourtant choisir entre : une candidate qui erre dans la  Trump Tower pour quémander en vain une entrevue , un  candidat choisi pour sa droiture et son sens moral qui tente maladroitement de banaliser l’indécence de la rétribution de son épouse, un jeune et louvoyant candidat, transfuge de la gauche, qui surfe sur le libéralisme et l’ubérisation, un candidat de la vieille  gauche qui veut se réincarner et un candidat qui nous fait miroiter des utopies. Pour sortir de ce contexte malsain, il est urgent de s’affranchir de la constitution de la cinquième République. Cette monarchie républicaine avive toutes les ambitions et incite aux pratiques sectaires, corporatistes et partisanes qui divisent la société. Son système majoritaire marginalise la moitié de l’électorat et provoque des ralliements avec des  petits arrangements et le copinage. Quel président élu aura le courage et l’abnégation d’entreprendre la grande réforme de la constitution ?

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                             5 février 2017