Archives pour la catégorie Etats-Unis

HAMZA BEN LADEN: LE MANAGEMENT DE LA TERREUR

Votre journal (Le Temps du 6 janvier) nous informe que les services américains ont mis  Hamza ben Laden, le fils préféré d’Oussama sur la liste des terroristes. Agé de 25 ans, cette nouvelle icône appelle à commettre des attentats sur des sites dit-islamistes. Tel un polichinelle sortant de sa boîte, il réapparait après l’incroyable raid à Abbottabad où son père et lui ont été déclaré mort ! Sa mort ayant été démentie par la suite, qu’est-il advenu de lui ? A-t-il été arrêté, emprisonné, surveillé, fiché ou exfiltré comme sa famille, le lendemain des attentats du 11 septembre, dans les deux seuls avions autorisés à décoller du sol américain ? Mystère . Comment l’administration américaine a-t-elle laissé cet électron libre échapper à toutes les surveillances alors que quiconque exprimant le centième de ses appels au meurtre serait perquisitionné, emprisonné et fiché « S » ? Cette suspecte complaisance rentre dans le cadre du management de la terreur qui pollue et court-circuite toute réflexion. Il faut comprendre que Daesh vit ses derniers jours en Syrie et qu’il est urgent de trouver un nouvel épouvantail pour imposer aux citoyens une politique sécuritaire et de repli identitaire impliquant une inquisition de notre sphère privée, la restriction de nos libertés et l’asservissement à la pensée dominante. Les services antiterroristes pourront attribuer à leur nouvelle et maléfique créature toutes les dérives meurtrières d’une société sans repère et polluée par le virtuel, la violence et le mensonge. Indignez-vous de ces grossières manipulations pour retrouver la Raison.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                                 9  janvier 2017

 

L’obscurantisme et le créationnisme

A la stupeur et à l’effroi suscité par l’élection de Donald Trump a succédé un fatalisme et une acceptation complaisante. Le monde de la finance a réagi positivement et a disposé ses pions autour du nouveau pouvoir. Les entreprises américaines se réjouissent des nouvelles commandes liées au  protectionnisme. Les républicains se réconcilient en oubliant les outrances de la campagne. Le premier ministre israélien Netanyahu va continuer à coloniser la Palestine en toute impunité. La presse et les médias  se repositionnent en dissertant sur les raisons de ce vote, parait-il, des pauvres, des oubliés et des désespérés. Pourtant, les vrais pauvres n’ont pas voté Trump. C’est l’Amérique primaire, narcissique, inculte et vénale qui a voté Trump. Obnubilée par la réussite matérielle, les 4×4 polluantes, les armes et la bondieuserie, elle a considéré qu’elle n’a pas suffisamment profité de la mondialisation. Elle s’enferme dans un égoïsme qui prend en otage la planète  et sombre dans un obscurantisme moyenâgeux qui défie l’intelligence. Mike Pence, le future vice-président et Ben Carson, le ministre pressenti à l’Education ne sont-ils pas créationnistes ? Les écoliers américains apprendront que Dieu a créé le monde en 7 jours, il y a 6000 ans !

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                             21, novembre 2016

Un choix dramatique

Les Américains vont devoir choisir entre Donald Trump et Hillary Clinton. D’un côté un milliardaire  inculte, grossier, violent et grotesque  et de l’autre une marionnette des lobbys financiers et militaires  qui a soutenu la guerre en Irak! Comment le peuple américain en est-il réduit à devoir choisir entre deux personnes aussi  incompétentes et aussi dangereuses pour le destin du monde? L’émergence de cette situation cauchemardesque s’explique  par la prédominance de certaines valeurs et dogmes qui régissent la société américaine. L’argent-roi qui permet tout et, en particulier, l’accession à la présidence. L’autorisation de possession d’armes de guerre qui entretient un climat de violence. L’isolationnisme et le sentiment de la toute-puissance technologique et militaire. L’enseignement  qui privilégie la technique, l’efficacité, la productivité et le profit et qui néglige les valeurs humanistes et la connaissance du monde. Une religiosité primaire qui conforte les consciences que les Etats-Unis sont l’empire du Bien. Toutes ces » valeurs » phagocytent  les esprits et l’intelligence. Les Américains pacifiques, ouverts, sensibles, avide de connaissances et respectueux des autres cultures doivent souffrir de l’image de leur pays donnée au monde. Je pense à eux et à leur désarroi devant un choix aussi dramatique.

 

Daniel Fortis

1231  Conches                                                                                29  septembre 2016

 

La vérité pas à pas

Il aura fallu quinze ans pour que les familles des victimes des attentats du 11 septembre 2001  soient autorisées à poursuivre l’Arabie saoudite en justice ( TdG du 30 septembre 2016).  L’administration américaine  a toujours fait obstruction à la recherche de la vérité. Elle a fait disparaître vingt-huit pages de l’enquête officielle sur l’implication du régime saoudien. Alors que tout l’espace aérien américain était interdit, deux avions ont pu décoller pour rapatrier les familles princières saoudiennes ( dont celles de Ben Laden) vers Riyad deux jours après les attentats. Cette confiscation de la vérité s’est confirmée par le refus obstiné de l’administration Bush à ouvrir une enquête sur les attentats pendant plus d’une année. Cette enquête, essentielle pour comprendre les ratés des services secrets, l’inertie de l’armée, l’impuissance des pompiers et les disfonctionnements des services de sécurité, était primordiale pour éviter un autre drame. Il aura fallu, aussi , que les familles des victimes réclament cette enquête. Elle a été initiée à contre-cœur par l’administration et a débouché sur un document plein d’incohérences et d’inepsies scientifiques. De l’avis de leurs auteurs, ils n’ont eu ni le temps, ni l’argent, ni la coopération des services pour élaborer des conclusions crédibles. La vérité sera longue à établir mais, comme l’huile, elle finira toujours par remonter à la surface de l’eau.

 

Daniel Fortis

1231 Conches                                                                                                          2  octobre  2016

RETOUR DE LA GUERRE FROIDE

L’OTAN  a réuni les dirigeants occidentaux à Varsovie. Cette organisation inféodée aux Etats-Unis a décidé de militariser les pays limitrophes de la Russie. Le président américain et ses « caniches » européens ont initié une nouvelle guerre froide avec la Russie. Sous le fallacieux prétexte de freiner l’expansionnisme russe, ils ont ouvert un nouveau front militaire de l’Estonie à l’Ukraine. Souvenez-vous, en 1990, ce front militaire allait de l’Allemagne à la Yougoslavie. Avec la pérestroïka, l‘ Union soviétique a retiré unilatéralement et pacifiquement toutes ses troupes de l’Allemagne de l’Est, de la Pologne, de la Tchécoslovaquie, de la Hongrie et de la Bulgarie et a accordé l’indépendance à l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Biélorussie et à l’Ukraine. Ces républiques avaient cependant des liens historiques, culturels et linguistiques avec la Russie. Les puissances occidentales se sont  ingérées sournoisement pour couper ces liens en faisant miroiter la prospérité dans une société de consommation contre l’installation de batteries de missiles à quelques kilomètres de la frontière russe. Cela ne relève-t-il pas d’une politique agressive et expansionniste? Doit-t-on blâmer Poutine de se crisper devant cette arrogante provocation de l’OTAN qui n’a plus aucune légitimité si ce n’est la défense par les armes des intérêts occidentaux ? L’Occident porte la responsabilité de cette dérive militariste. Une fois encore, l’Europe n’a pas saisi l’occasion de se distancer de la politique primaire et belliqueuse de son allié américain.

 

Daniel Fortis                                                                                                      Genève , le 10 juillet 2016

Conches

Kunduz : l’impunité.

La condamnation par l’opinion publique du bombardement effroyable de l’hôpital de Médecins Sans Frontières s’est transformée au fil des jours en un blâme et, enfin, en un aléa de la guerre légitime et juste de la coalition occidentale. Considérant les victimes civiles comme des » dommages collatéraux », les médias, les instances internationales, l’ ONU et les gouvernements de cette coalition banalisent les faits sous la pression des Etats-Unis et de leurs alliés. Comment peut-on admettre cette lâcheté et ce cynisme devant ce crime délibérément perpétré ?. Ce n’est pas une bavure. Les coordonnées GPS de l’hôpital avaient été transmises aux forces d’occupation. Les bombardements ont continué pendant 30 minutes après les appels de détresse des médecins. Des explications multiples et fallacieuses suivies d’ excuses pitoyables sont avancées pour échapper à une enquête indépendante et à une condamnation. Combien de temps allons-nous accepter que cette coalition occidentale se targuant de défendre le Bien, la justice, la liberté et les droits de l’Homme transforme cette planète en une pétaudière où leurs exactions restent impunies par la justice internationale. Cette même justice, comment jugerait-elle des talibans qui attaqueraient un Hôpital de l’OTAN, tuant douze médecins américains et dix patients et blessant 37 personnes? Ils seraient considérés comme des barbares sanguinaires et accusés de crimes de guerre. Pourquoi cette justice est-elle à géométrie variable ?. Un soutien à la courageuse association Médecins Sans Frontières est la meilleure réponse à cette injustice et une lueur d’espoir vers plus d’humanité.

Daniel Fortis
1231 Conches

La Turquie et la lutte antiterroriste

Les gouvernements occidentaux se sont réjouis du ralliement du gouvernement turc à la coalition internationale contre les terroristes de Daesh. Le premier jour, les avions turcs ont bombardé quelques positions terroristes et, insidieusement, dès le deuxième jour, ils ont visé une autre cible beaucoup plus importante pour eux : leurs ennemis séculaires, les indépendantistes kurdes qui combattent, pourtant eux aussi, Daesh. Allez comprendre la logique. Celle-ci ne peut être comprise que par l’instrumentalisation perfide de la lutte antiterroriste pour la défense d’intérêts politiques, géostratégique, expansionnistes et économiques. Au prétexte de celle-ci, les Américains ont envahis l’Afghanistan et l’Irak. Les Russes ont écrasé les indépendantistes tchétchènes. Les Chinois ont maté la rebellion tibétaine. Les Israéliens ont construit le mur de la honte pour sanctuariser leurs conquêtes territoriales et les Français font du néocolonialisme sur le continent africain. Sur le plan intérieur, la lutte antiterroriste a permis d’imposer à tout le monde le fichage et les écoutes téléphoniques ainsi que le controle de nos courriers, de nos déplacement et de nos dépenses par d’obscures services de renseignements qui exploitent la nébuleuse informatique et les réseaux « sociaux ». Tétanisé par une menace terroriste, mise en scène en permanence par nos gouvernements, les citoyens ne réagissent plus. Ils finiront par être transformés en une masse d’individus surveillés, manipulés et conditionnés pour fonctionner en consommateurs dociles et interchangeables dans une structure soumise aux seules lois économiques.

Daniel Fortis
1231 Conches

Attentat de Boston: une parodie de justice

Dzhokhar Tsarnaev, l’un des auteurs présumés des attentats de Boston, a été condamné à mort à l’unanimité par les douze jurés sélectionnés après l’audition de mille deux cent personnes. Selon quel critère ? Mystère. Le verdict connu d’avance, le profil du jeune accusé, étudiant bien intégré et apprécié, sans casier et sans histoire, n’a pas pesé lourd face à la version de sa radicalisation subite et inexpliquée. Ses déclarations d’innocence n’ont, à aucun moment, fait douter de la vraisemblance de la version de la police. Ses avocats, nommés d’office, ont ignoré les déclarations de leur client et n’ont plaidé que les circonstances atténuantes. Toute l’accusation ne tient qu’à une vidéo montrant une personne avec un sac à dos que la police identifie comme l’un des auteurs de l’attentat. Ceux-ci, de façon incompréhensible, restent à Boston où neuf mille policiers en renfort quadrillent la ville. La police, par une chance extraordinaire, les repèrent fort opportunément lors du braquage d’une épicerie. Le grand frère est abattu et le petit frère est entre la vie et la mort. Hôpital militaire, mise au secret, absence d’avocat , aveux extorqués dans des conditions inadmissibles, disparition ou musellement des proches et, pour finir, témoin tué par le FBI lors d’un interrogatoire. Pourtant, rien n’a fait douter les jurés. La justice américaine à Guantanamo et à Boston se ressemble. Elle n’est pas prête à retrouver son honneur.

Daniel Fortis
1231 Conches

La Vaporette Ou La Mitraillette

Les Etats-Unis ont choisi la mitraillette. Ils viennent d’interdire la vaporette dans les lieux publics (voir TdG du 21-22 décembre ) alors que la possession d’une mitraillette reste autorisé.

Les quatre cent mille morts annuels liés à la consommation du tabac auraient pourtant pu trouver un substitut à la nocivité mortelle de la cigarette et l’interdiction de la vente de mitraillette aurait pu abaisser le nombre des quarante mille victimes annuelles d’armes à feu.

Mais les sociétés du tabac et des armes sont trop puissantes et leurs actionnaires trop avides de dividendes.

Peut- être aurait-t-il fallu proposer aux marchands d’armes de fabriquer des vaporettes? Le choix des Etats-Unis aurait été différent.

OBAMA, la déception.

Le président américain ne se rendra pas à la conférence du G20 à Moscou.

Fâché, il ne supporte pas que les Russes aient donné l’asile à SNOWDEN qui a osé révéler les pratiques de la NSA.

Attitude infantile et décevante d’un président dans lequel la communauté internationale avait mis tant d’espoirs. Que de déceptions après son élection de 2008 et ses engagements courageux. Malheureusement, l’exercice du pouvoir a érodé sa vision d’un autre monde et il a cédé aux puissants lobby qui phagocytent les Etats- Unis.

Reculade sur la fermeture de Guantanamo. Reculade sur la réglementation du secteur financier. Reculade sur ses engagements concernant l’environnement. Reculade sur le gel des colonisations israéliennes. Restriction des libertés individuelles au prétexte de la lutte antiterroriste. Errance de sa politique au Moyen-Orient et en Afrique.

A cette triste liste, il convient d’ajouter le refus arrogant et boudeur de participer à cette conférence.

L’urgence de la situation en Syrie et en Egypte ne méritait-elle pas une autre attitude du président américain ?