L’emergence suspecte de DAECH

La coalition internationale est rentrée en guerre contre quelques dizaines de milliers d’individus affiliés à DAECH. Comment cette nébuleuse est-elle parvenue à défier la planète, alors qu’elle n’existait pas en 2013 ? Incompréhensible et surtout suspect.
Il y a deux ans, des militaires baasistes irakiens investissaient des arsenaux et se servaient d’armes avec l’inconscience ou la complaisance du gouvernement irako-américain. Armés et financés par les monarchies du Golfe, alliées de l’Occident, ils remontent tranquillement l’Euphrate, soumettent les populations, conquièrent Mossoul et son pétrole et instaurent à Raqqa un califat très structuré aux ordres de l’énigmatique el-Baghdadi.
Alors que des bombardements sur les voies de communications auraient pu stopper l’avancée de cette bande armée, empêcher l’exportation du pétrole, protéger les sites historiques et asphyxier le « monstre », les Occidentaux n’ont répliqué que par des frappes sporadiques et inefficaces .Aveuglés par leur obsession d’abattre le régime syrien , les Occidentaux ont laissé émerger DAECH, sous le regard complaisant d’Israël. Ils n’ont pas compris que cette bande armée allait se légitimer dans une croisade contre les régimes, les frontières et le mode de vie imposés par l’Occident. Cet engagement « mystique » a immédiatement exercé un attrait sur des jeunes desoeuvrés, déstructurés et desociabilisés de nos sociétés. Prenant conscience du danger, des services spéciaux occidentaux lancent alors une campagne de diabolisation avec des vidéos effroyables aux origines obscures. Ils fichent et arrêtent des individus suspectés de radicalisme en éludant les causes profondes du malaise et de la dérive de ceux-ci. Ils manipulent et instrumentalisent les enquêtes sur les attentats pour désigner DAECH et justifier une guerre totale. Ne récoltent-ils pas ce qu’ils ont semé ?

Daniel Fortis
1231 Conches

L’énigme des photos floutées

En plein débat sur le renforcement de la loi sur le renseignement, les services secrets américains révèlent l’imminence d’une action terroriste à Genève. Quatre terroristes sont apparemment recherchés. Les médias diffusent la photo de leur groupe. Mais, aussi étonnant que cela puisse paraître, les photos sont FLOUTEES ! Pourquoi ? Quelles sont les obscures raisons d’empêcher le simple citoyen d’identifier une personne qui le menace et de lui retirer la possibilité de donner des renseignements essentiels pour la maîtriser ? Cet incompréhensible floutage s’apparente à une non-assistance à personne en danger.
Cette volonté de tenir à l’écart le citoyen est suspecte. Elle révèle que les services de sécurité préfèrent garder la main mise sur l’enquête quitte à se priver de renseignements propre à arrêter plus rapidement les terroristes. Où est la démocratie dans cette rétention d’informations ? Faudrait-il comprendre que leurs desseins est de contrôler la rédaction de la version officielle pour instrumentaliser leurs conclusions ? Il est inquiétant que la société soit infantilisée et manipulée par des services qui exploitent la peur.
Daniel Fortis
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La leçon du pape

Alors que Paris est en état d’urgence, que toute manifestation est interdite ou réprimée violemment, que les voitures blindées et les gardes de corps protègent les dirigeants de la planète, que les Parisiens tétanisés restreignent leurs déplacements et que les Musulmans restent chez eux pour éviter les regards accusateurs, le pape François est en Centrafrique. Il a refusé toute protection malgré les conflits interreligieux, les massacres et la violence permanente. Il se mêle à la foule, visite des bidonvilles, se rend dans un quartier ou sont réfugiés des Musulmans victimes de représailles et prie dans une mosquée en déclarant : « Chrétiens et Musulmans sont frères ». A ceux qui le pressent de se protéger, il déclare : » Ce sont les moustiques que je crains le plus ». Il nous livre un magnifique message de résistance à la peur de l’Autre et un message de paix. Il transcende la haine et la guerre et renverse les barrières et les murs. Les Centrafricains, Chrétiens comme Musulmans, l’ont compris en manifestant chaleureusement leur affection à ce pape visionnaire dont l’attitude exemplaire de simplicité et de bonté devrait tous nous inspirer. Quelle leçon !

Daniel Fortis