Opportune instrumentalisation.

En plein débat sur la nouvelle loi antiterroriste en France, l’attentat déjoué de l’étudiant algérien contre des églises est une vraie aubaine . Les trois mousquetaires « Hollande-Valls-Cazeneuve » dont la popularité surfe sur une menace terroriste omniprésente, ont déclaré leur détermination à protéger la communauté chrétienne. Votre journal a été le seul à relever l’opportune instrumentalisation des faits par le gouvernement français et d’en parler au conditionnel. En effet, comment ne pas se poser de questions sur la subite et incompréhensible radicalisation de cet étudiant sans histoire. Toute l’accusation tient aux déclarations des services secrets concernant la prétendue volonté du suspect de rejoindre la Syrie . Quant aux faits, ils relèvent d’un scénario croquignolesque : le suspect tue une jeune femme pour voler sa voiture, il se tire maladroitement une balle dans la jambe, il appelle la police pour se faire soigner , celle-ci suit les traces de sang du blessé jusqu’à une voiture pleine d’explosifs. Il est plus vraisemblable de croire que les services secrets français se soient inspirés des techniques des services antiterroristes américains à savoir : infiltrer, conditionner, soudoyer des individus fragiles et, au final, inventer un scénario pour procéder à leurs arrestations in extrémis ( voir l’émission d’ Envoyé Spécial du 12 février 2015 ). Par ces sournoises manipulations, on entretient une psychose sécuritaire dans la population pour lui faire accepter de nouvelles restrictions de ses libertés.

Daniel Fortis
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Crash A320: l’info en question

La tragédie de l’A 320 de la compagnie Germanwings a suscité la stupeur , l’effroi et l’incompréhension. Dans un climat émotionnel extrême, les médias nous ont donné en permanence des informations fluctuantes au gré des témoignages, des déclarations, des avis d’expert et des analyses. L’enquête avec ses rebondissements ressemblait à une série télévisée américaine dans laquelle chacun peut trouver sa vérité. Pendant une semaine, les divers scénarios se sont succédés : problèmes techniques, dépressurisation, faute de pilotage, terrorisme et, enfin suicide. A chaque scénario, les reporters trouvaient des témoignages ou avis d’experts pour accréditer la version du jour jusqu’au moment où la police, le ministère, le procureur ou une commissions n’infirment cette version. Alors les journalistes remisaient leur scénario et recherchaient d’autres témoignages concordants avec la nouvelle version. Ce journalisme de l’événementiel en temps réel est incapable de faire des investigations indépendantes, de vérifier ses sources et de faire une synthèse. A sa décharge, il est empêché en haut lieu de faire ce travail avec la sécurisation systématique par la police des scènes du drame et des sources d’informations. Il en est réduit à faire la caisse de résonnance des déclarations officielles du gouvernement. La version finale établie par celui-ci est soigneusement choisie pour ne pas affecter les milieux économiques ou politiques et pour ne pas nuire à la cohésion nationale. C’est ainsi que la version du suicide du copilote est apparue la moins dommageable pour les divers intérêts en jeu. Les médias deviennent alors la courroie de transmission des annonces des forces qui nous gouvernent ou, plutôt, qui nous manipulent.