Il y a 10 ans

Il était une fois le G8.

Il y a dix ans, Genève se barricadait. La police et l’armée déployaient un dispositif impressionant. Les autoroutes, les douanes, le lac étaient interdits au prétexte de juguler la venue de casseurs fichés et instrumentalisés par « on ne sait pas qui ».

Tous les signes extérieurs de richesse étaient occultés par des panneaux jaune. Les établissements bancaires donnaient congé à leurs employés. Les bourgeois désertaient la ville et se réfugiaient dans leurs résidences secondaires. Des hélicoptères tournoyaient nuit et jour sur la ville. L’état de guerre était déclaré à tous ceux qui contestaient le nouvel ordre mondial, sauf les casseurs qui sont venus et repartis tout aussi mystérieusement sans que la police ne réagisse.

Pendant ce temps, la ville d’Evian, transformée en forteresse, accueillait les « grands » de ce monde pour une garden-partie avec petits fours, poignées de main médiatiques, sourires forcés, banalités et promesses hypocrites. Pour cette pantalonnade, des sommes vertigineuses avaient été dépensées. Après sa « victoire » irakienne, le président BUSH « honorait » d’une visite-éclair cette parodie de gouvernance mondiale.

A Genève, le temps s’était arrêté dans l’attente du cataclysme annoncé. Les Genevois se réunissaient dans une sorte de communion grave. Une atmosphère surréaliste planait sur la ville . Les drapeaux de la Paix flottaient sur le pont du Mont-Blanc pour prôner la vision d’un autre monde et un soleil radieux réchauffait les coeurs.

 

Syrie : Les quasi-preuves

Deux journalistes du Monde ont déclaré avoir les quasi-preuves de l’utilisation d’arme chimique par le régime syrien.

L’histoire se répète.

Il y a dix ans, Colin Powell, le secrétaire d’Etat américain brandissait à l’ONU une fiole sensée contenir un produit chimique faisant partie de la panoplie des armes de destruction massive de Saddam Hussein.

Ce grossier mensonge a permis d’envahir l’Irak pour faire main basse sur son pétrole. Aujourd’hui, la machine à manipuler les opinions et le lavage de cerveaux fonctionnent à plein régime dans les médias occidentaux pour diaboliser le régime syrien et soutenir une opposition dont les dirigeants-fantoches sont des amateurs incapables de contenir la poussée islamiste.

Cette politique attise la guerre civile , déstabilise la région et contribue à saborder la conférence de Genève. Pour justifier leur position, les pays européens en sont réduits à bricoler des quasi-preuves qui ne sont que des quasi-mensonges.