Gaza Impasse totale

Gaza l’impasse totale

  

Le Hamas a interrompu la trêve en lançant des roquettes sur les villes israéliennes proches de la frontière. Cette reprise de la violence amène deux constatations. Premièrement, le Hamas a maîtrisé pendant six mois l’extrémisme de certains de leurs membres. Deuxièmement, cette trêve n’a permis aucune amélioration des conditions de vie des Palestiniens. Leur situation est restée dramatiquement inadmissible. Nourriture, électricité, essence, eau, médicaments distribués selon le bon-vouloir des Israéliens. Territoire sous embargo, enclavé, découpé et asphyxié qui ne survit qu’avec l’assistance internationale. Peuple humilié qui ne retrouve sa dignité qu’en élisant le Hamas. Comment peut-on imaginer et garantir que plus aucune roquette ne soit lancée contre Israël ? Ceux qui en font un préalable à toute négociation sont soit des naïfs, soit des hypocrites, soit de cyniques manipulateurs. En effet, à partir de combien de roquettes journalières le gouvernement israélien jugera-t-il que les conditions sont réunies pour arrêter leur expédition punitive ? 5, 3 ou 2 ? Très certainement, il exigera que plus aucune roquette ne frappe Israël. Exigence totalement déraisonnable en considérant les milliers de civils palestiniens qui pleurent un enfant, une femme, un père honteusement qualifiés de dommages collatéraux. Leur douleur ne pourra s’apaiser que par la vengeance. Et le cycle de la violence continuera.

L’insécurité qui en résultera cautionnera la politique israélienne d’occupation, expulsion, colonisation et d’annexion. Mis à part les Etats-Unis, celle-ci a été chaque fois   sanctionnée par l’ONU et la communauté internationale. Cela n’a pas empêché Israël de les ignorer avec indifférence.

La paix ne peut pas se faire si les deux ennemis ne se parlent pas. La mise à l’écart du Hamas, sous le prétexte qu’il ne reconnaît pas l’Etat d’Israël, est absurde. Il est évident qu’aucun Palestinien ne peut reconnaître Israël dans ses frontières actuelles. Cette reconnaissance impliquerait l’acceptation de l’occupation israélienne de territoires conquis lors de guerres dites de sécurisation. Il est certain que le retour aux frontières de 1967 garantirait la paix. Malheureusement, cette éventualité parait inimaginable pour l’Etat d’Israël.

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